Message à l’occasion de la fête de la jeunesse par Henri G. Minyem

Henri Georges MINYEM, président Le Cameroun Nouveau (LCN)

Mes cher(e)s jeunes compatriotes,
Aujourd’hui, 11/02/2011, cela fait exactement 45 ans que le Cameroun célèbre la fête de la jeunesse comme de coutume et au nom du parti LCN (LE CAMEROUN NOUVEAU), je tiens à vous formuler mes v ux les meilleurs pour cette fête qui déjà se déroule. Je suis né en cette même année 1966, et cette célébration relève d’une symbolique particulière pour moi.
Il est bien loin mais omniprésent le temps où jeune lycéen, je défilais le long des chaussées du Cameroun, au milieu de mes camarades, scandant l’hymne national et cadençant de concert au rythme de la frénétique fanfare dont le vacarme propitiatoire seyait tant à l’euphorie ambiante.
Nous étions alors convaincus de disposer de l’avenir pour nous et d’incarner le « fer de lance de la nation », comme se complaisaient à nous le marteler nos responsables politiques d’alors.
De fers de lance, certains en furent, certainement.sûrement même. Mais ils ne manifestèrent aucunement une libéralité intergénérationnelle dans leur appétit féroce à s’approprier des deniers qu’ils avaient mis tant de temps à conquérir. Ces aînés qui nous servaient des discours d’espérance se laissèrent tant aller aux facilités offertes par les largesses de régimes de plus en plus délétères qu’ils en oublièrent le sens de l’action publique.
De fait, beaucoup d’entre vous se mirent à manifester leur aversion pour une logique égoïste qui se complaisait à les maintenir dans un une situation chronique de paupérisme rampant et criminogène au point qu’ils hurlèrent bruyamment leur détresse en février 2008 au cours d’émeutes que les chroniqueurs de l’époque baptisèrent « émeutes de la faim ». De faim, il était question, mais le malaise ne se résumait pas à si banale excroissance physiologique.
Les jeunes Camerounais manifestaient contre la révision de la constitution par le premier Camerounais, l’homme par qui la probité érigée en modèle devait servir de référence à tout un peuple : leur président dictateur à vie devant Dieu et les hommes : Son excellence Paul Biya ! D’entre tous, beaucoup périrent sous les coups d’agents de l’ordre, sous les balles de criminels en tenue, dans des geôles putrides où des cerbères aux ordres leur administrèrent des sévices mortels pour beaucoup. Leur sacrifice ne restera ni vain, ni indéfiniment impuni !
Plusieurs générations de Camerounais ont connu cette fête de la jeunesse.
. La génération précédant la mienne est celle de personnes qui ont aujourd’hui entre cinquante (50) et soixante (60) ans. Certains ont connu cette fête et l’ont célébrée en profitant des leviers mis à leur disposition par les autorités d’alors : Ascenseur social, scolarité gratuite, bourses d’études et même expatriations vers des nations développées afin de développer des pôles d’expertise à une époque où l’économie internationale était florissante et la croissance économique qualifiée de « trente glorieuses ».
. La génération d’après est celle des trentenaires (moitié supérieure -35-40) et des quadras (40-50) dont je fais partie et qui pour certains, notamment les plus âgés d’entre nous, ont tout autant connu certaines facilités offertes par le pays dans lequel notre socialisation s’est effectuée : Bourses d’études, y compris pour l’étranger, scolarité gratuite, prise en charge des dépenses de santé et des frais médicaux, cadeaux de fin d’année offerts par les entreprises d’ État. Bien que cette génération (pour les tranches supérieures) ait connu certaines facilités, elle reste paradoxalement la génération qui a connu la transition douloureuse vers une brutale austérité à la faveur d’un retournement de conjoncture et d’une alternance politique qui en a entravé l’évolution sociale. Cette génération est celle qui la première, a connu en masse le Sahara, le Maghreb, les aventures en « pateras » des Canaries, et les transferts de fonds grâce à la floraison entreprises d’un genre nouveau qui y ont vu une formidable opportunité d’expansion économique : Western Union, Money Gram, etc. après les mandats télégraphiques : Elle est la première génération de l’exil en masse.
. Ensuite vient votre génération (20-30 ans) et après vous, celle de vos enfants (car certains d’entre vous sont déjà parents). Votre génération est celle qui a subi de plein fouet les mutations sociétales, socio-économiques et les incuries politiciennes d’envergure et qui s’est évertuée dès lors à quitter leur pays par tous les moyens y compris les plus pervers, mais ne dit-on pas que « ventre affamé n’a point d’oreilles » ? Votre génération est celle dont nous nous occupons tant bien que mal, mais qui a connu la désaffection de l’idéal républicain et subi de plein fouet les approximations de politiques erratiques. Elle est celle de nos enfants, elle est celle à qui s’adresse en priorité ce message.
Et parce que désemparée et volontaire, exigeante et suppliante, interrogative et critique, votre génération NOUS OBLIGE A PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS, DUSSIONS-NOUS NOUS SACRIFIER POUR CELA !
Et pour cause !
J’ai connu un autre Cameroun ! Oui, j’ai connu un Pays dans lequel j’ai grandi où je me suis entendu répéter que la seule voie de réussite était l’école. Pas uniquement l’activité instrumentale guidée en exclusive par la réussite financière, mais bel et bien une plénitude morale qui conduit à l’éveil et à la conscience.
Aujourd’hui, il faut gagner sa vie en rackettant les autres : En les assassinant ! En les dépouillant si possible des biens qu’on imagine qu’ils ont ! Dans ce Cameroun-ci, l’insécurité et les abus de pouvoir sont devenus la norme, l’exception, la règle.
Voici une lettre d’un jeune camerounais, que j’ai reçue il y a quelques temps et qui me suggère fortement de m’adresser à vous en termes solennels :
« Dans quelques jours s’ouvrira au Cameroun la campagne d’inscription sur les listes électorales. Un évènement qui par le passé nous laissait indifférent, nous les jeunes. Cette fois elle nous passionne, et nous intéresse au plus haut point. Pourquoi ? Né en 1978, un jeune de 32 ans ne comprend pas pourquoi malgré un cursus scolaire honorable, il ne peut pas se payer un loyer, nourrir décemment une famille, payer l’eau, la lumière.Il essaye de comprendre pourquoi l’état qui ne peut lui donner un emploi le harcèle pour les impôts dès qu’il porte une initiative personnelle, asphyxiée par les taxes. Ils nous empêchent de vivre. Les impôts que nous payons servent à régler les factures de climatisation, de ceux qui ont le pouvoir, de leur offrir des médicaments, l’électricité, l’eau et la nourriture gratuitement. Nous sommes lasses. Cette injustice permanente érigée en règle doit s’arrêter, et tout dépend de nous. Les révolutions naissent des frustrations des gens qu’on n’écoute pas, parce qu’ils ne représentent en général aucun danger à première vue. Les gestionnaires du pouvoir nous méprisent. De quoi est capable un jeune dans cet état d’âme ? Du pire certainement. Jusqu’où peut-il aller ? La mort peut-elle l’inquiété ? Sa motivation est grande et redoutable car elle n’est pas corrompue, guidée par l’instinct de survie. Nous aimons notre pays, nous respectons la république, c’est pourquoi nous irons tous voter. Nous nous inscrirons sur listes et nous voterons. Nous passerons la journée devant les urnes, nous écouterons les résultats dans chaque bureau de vote, et nous veillerons à ce que se soit ces résultats qui soient lus à la télévision au soir d’octobre 2011.Nous l’avons répété à suffisance, c’est vrai, mais certainement pas assez. Nous voulons l’illusion, seulement d’un espoir pour notre avenir ; parce qu’un avenir acceptable, nous en rêvons tous. Alors, il y en aura pour tout le monde ou pour personne. Une autorité m’a dit encore ce matin « Si jamais vous descendez dans la rue après le scrutin, nous en tuerons quelques dizaines et le reste se calmera. » Je veux bien voir ça. Je me suis engagé il y a deux ans auprès des jeunes pour y parvenir. Je ne peux plus reculer, ne serait-ce par orgueil. Nous sommes plus de 4.000 au sein de ce rassemblement, mais à la vérité seul à peine 700 porte cette détermination, mais nous croyons en notre motivation, parce qu’elle est saine et exaltante. Si les choses se passent mal, si nous échouons, nous espérons que ceux qui viendront aurons plus de chance. »
SISMONDI B.BIDJOCKA »
Il m’apparaît inutile, je crois, de vous révéler à quel point cette correspondance m’a ému et contribué à renforcer ma détermination pour une lutte politique dont l’issue serait de braver la pauvreté dans ma recherche de sens pour les générations d’après, pour plusieurs raisons :
. Une telle désespérance en si peu de mots est le reflet d’un déficit d’intelligibilité des pénibles réalités sociales et de l’irresponsabilité notoire qui transparaît du comportement des acteurs sociaux en charge de la gestion de la cité moderne. Cette lumière ténébreuse est l’illustration d’une approximative analyse sociologique :
o La population camerounaise est jeune (42% de la population a moins de 14 ans et 72% a moins de 30 ans) et fortement concentrée en milieu urbain. C’est à la fois un atout et une faiblesse. En effet, cette concentration en milieu urbain en fait des récepteurs potentiels pour des formations aux nouvelles technologies et une intégration plus rapide dans des industries de service par exemple. Pour autant, cette population représente encore fortement un risque de basculement dans l’insécurité en cas de sous-emploi ou de chômage caractérisé comme c’est le cas depuis près de 15 ans, face à l’absence de leviers de relance économique
o 70% environ de la population camerounaise a moins de 40 ans, ce qui l’expose tout autant aux problèmes sanitaires tels que la propagation du VIH SIDA, les risques sanitaires et épidémiologiques majeurs
o La jeunesse de la population camerounaise oblige les hommes politiques à donner du sens sur le devenir de leurs politiques socio éducatives et de les corréler avec les problématiques d’emploi et d’insertion professionnelle
o La jeunesse est un atout car c’est aussi le gage d’une rapide prise en mains des outils modernes de développement, des techniques alternatives et des moyens de production efficaces pour impulser une véritable dynamique du changement au Cameroun.
. De tout temps, les dictatures ont instrumentalisé leur jeunesse afin de pouvoir mieux la contrôler et se perpétuer, FAUTE DE POUVOIR LUI INVENTER UN AVENIR ! Bien souvent, elles ont suscité la fibre nationaliste afin de véhiculer des symboles permettant l’adhésion des masses à des fins de contrôle mental sur des esprits concupiscibles. En témoignent les jeunesses hitlériennes et autres jeunesses patriotiques perpétuant une idéologie dominomorphique sur la rationalité dialectique.
L’avenir d’un peuple n’est pas un jeu à somme nulle au sein duquel la réussite des uns est systématiquement l’échec des autres. Cette logique n’est pas une fatalité. Il s’agit du destin d’hommes et de femmes qui attendent beaucoup de leurs hommes politiques.
Par conséquent, CONSTRUISONS LE FUTUR DE NOTRE PAYS, A TRAVERS L’AVENIR DE NOTRE JEUNESSE ! NOTRE GÉNÉRATION EST UNE GÉNÉRATION SACRIFIÉE PUISQUE SA DIASPORA REPRÉSENTE ¼ DE LA POPULATION CAMEROUNAISE. NE SACRIFIONS PAS LA PROCHAINE !
Cependant, ces facteurs précités engendrent aussi des impératifs pour l’homme politique moderne, à savoir : SUSCITER L’ESPOIR ET INCARNER LE CHANGEMENT, LA TRANSITION D’UN ÉTAT A UN AUTRE !
Je parle ici de l’état d’esprit, de la nouvelle mentalité, du nouveau rapport aux autres d’une nouvelle intégration citoyenne !
J’entends par là le civisme, le sens de l’honneur, l’amour de la patrie autrement qu’à travers le football qui est un symbole fédérateur non négligeable mais qui n’est pas le socle d’édification d’un esprit citoyen. Ce socle doit être : L’IDÉAL PROGRESSISTE DU PEUPLE !!!
C’est pourquoi mon message est aussi une injonction à l’adresse de notre jeunesse ! Il est temps de restaurer une VÉRITABLE ÉTHIQUE DE LA RESPONSABILITÉ !
. JE DIS QUE NOS AINES NE NOUS ONT PAS SERVI DE MODÈLES ! NOUS, NOUS ASPIRONS AU CONTRAIRE !
. NOUS VOULONS DEVENIR DES MODÈLES D’INTÉGRITÉ, DE PROBITÉ, D’INTELLIGENCE ET DE RESPONSABILITÉ POUR CEUX D’APRÈS, AFIN QUE LA PROSPÉRITÉ NE SOIT PAS QU’ÉCONOMIQUE, MAIS AUSSI MORALE !
. NOUS VOULONS QUE LES MOT « ABNÉGATION » ET « EFFORT » AIENT DE NOUVEAU UN SENS POUR NOTRE JEUNESSE DÉSORIENTÉE QUI NE RÊVE PLUS QUE D’EXPATRIATION QUEL QU’EN FÛT LE PRIX !
. NOUS VOULONS QUE LES MAITRES ET LES PROFESSEURS SOIENT A L’IMAGE DES HOMMES NOUVEAUX QUI VONT LES DIRIGER !
. QUE L’ARMÉE COMPRENNE QU’ELLE A POUR MISSION ESSENTIELLE DE DÉFENDRE L’ÉTAT CONTRE SES ENNEMIS ET SURTOUT QU’UN PEUPLE NE PEUT ÊTRE ENNEMI DE SON ÉTAT, PUISQUE DANS UNE RÉPUBLIQUE, DANS UNE DÉMOCRATIE, L’ÉTAT C’EST LE PEUPLE !
. MAIS AVANT TOUTE CHOSE, L’ETAT DOIT ÊTRE LA MESURE DE TOUT ACTE CITOYEN, C’EST-A-DIRE IRRÉPROCHABLE ! D’OU LA NÉCESSITÉ D’INSTAURER UNE ÉTHIQUE DE LA RESPONSABILITÉ, C’EST-A-DIRE UN CONTRAT MORAL, UN « NEW DEAL » TACITE ENTRE LES DIRIGEANTS ET CHAQUE CITOYEN EN ÂGE DE COMPRENDRE.
Si nous militons pour une nouvelle génération de leaders politiques, c’est que les générations précédentes ont échoué à transmettre les relais de management.
Les septuagénaires et les octogénaires qui, 50 ans après les indépendances sont encore au pouvoir aujourd’hui sont des personnes nées pour la plupart dans les années 30 et qui se sont reproduites plus vite que de raison. Ils se sont agrippés au pouvoir et se transmettent les leviers de l’affairisme de pères en fils : nous assistons à de nouvelles formes de régimes politiques inventés en Afrique : les « Républiques monarchiques » !!! Non ! Le Cameroun n’est pas une monarchie ! Le Cameroun est une République et une république, c’est le gouvernement du peuple par le peuple ! Nous devons restaurer les fondamentaux de philosophie politique, de sociologie politique, d’économie politique ! Nous devons repenser notre mode de développement et notre rapport aux autres dans ces ensembles géopolitiques que nous représentons depuis un demi-siècle.
Je suis porteur d’un message d’espoir pour notre jeunesse : UNE ÈRE NOUVELLE COMMENCE, C’EST A NOUS TOUS, ENSEMBLE DE L’ÉCRIRE, DE L’INVENTER ! IL Y VA DE VOTRE AVENIR, IL EST QUESTION DE LIBERTÉ ET D’ÉMANCIPATION !
PARTOUT AILLEURS DANS LE MONDE DES HOMMES, L’HISTOIRE EST EN MARCHE : ÉCRIVEZ LA VÔTRE !

WE CAN DO IT! WE HAVE TO DO IT!
Vive LCN ! Vive le Cameroun !

Henri Georges MINYEM, président Le Cameroun Nouveau
Journalducameroun.com)/n


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