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Message de clôture de la semaine des martyrs Ekite, 17 septembre 2016

Par Basile Louka, Secrétaire Général de l’Union des populations du Cameroun (UPC)

Hommage aux martyrs tombés ici et ailleurs pour l’indépendance et la réunification du Cameroun. Ils sont pour notre nation, la graine d’où fleurissent la dignité retrouvée, la fierté reconquise et le chemin ouvert à l’espérance.

Pendant trois décennies, trois longues décennies, trois trop longues décennies, les compagnons de lutte et les familles orphelines de ces martyrs ont dû porter un deuil silencieux, comme si le Cameroun avait honte de ceux qui se sont battus pour lui.

Aujourd’hui où la parole s’est libérée, la même question se pose, hélas, encore: si le Cameroun n’a pas usurpé sa place dans le concert des nations libres, de qui sont ces martyrs qui dorment dans la broussaille, dans l’indifférence de la république et dans l’oubli total de l’Etat ?

Un Etat du Cameroun, réunifié et souverain, c’était justement la revendication proclamée de ces milliers d’hommes et de femmes, l’objet de leur lutte acharnée, même sans arme. Pourquoi le fruit de l’indépendance se sent-il si peu héritier des luttes pour l’indépendance ?

La lutte pour l’indépendance et la réunification constitue, avec la résistance à la colonisation, les briques de base de notre nation. Le Cameroun a besoin d’un Etat réconcilié avec l’histoire de la nation, un Etat qui sache exprimer la reconnaissance de notre peuple envers les artisans de l’indépendance et de la réunification.

Ceux qui sont morts ici le 31 décembre 1956 sont tombés sous les balles de l’armée coloniale française. L’Etat du Cameroun doit demander à la France de reconnaître ses crimes coloniaux et de reconnaître la guerre qu’elle a menée contre l’indépendance de notre pays. La vérité permet la réconciliation, et donne des fondements solides à l’amitié. La France et l’Allemagne, qui se sont fait tant de fois la guerre, ont su le montrer avec éclat aux yeux du monde.

Ceux qui sont morts ici le 31 décembre 1956 étaient alors des militants et sympathisants de l’UPC. Leur sacrifice les élève à une autre dimension, ils sont aujourd’hui des martyrs de la nation, de toute la nation. C’est avec une profonde satisfaction que nous accueillons parmi nous les militants des autres formations politiques qui ont bien voulu répondre à notre sollicitation fraternelle.

Le sang versé par les patriotes est une semence de patriotisme disait Ernest Ouandié. Le sang des patriotes ne demande pas de vengeance, l’UPC n’est pas un parti de vengeance, L’UPC n’a de revanche à prendre contre personne.

Quelques individus ont pu, ici ou là, se couvrir du manteau de la lutte pour l’indépendance pour assouvir des haines personnelles ou nourrir des jalousies. De ce lieu de mémoire, symbole s’il en est des nobles idéaux poursuivis par les nationalistes camerounais, nous exprimons tous nos regrets à tous ceux qui ont pu un jour, subir une injustice au nom de l’UPC.

La réconciliation nationale a besoin d’une volonté politique partagée et d’un sentiment renforcé d’appartenir à la même communauté nationale. Voilà pourquoi l’UPC appelle le président de la République à organiser un dialogue national. Le dialogue raffermit la fraternité, ce n’est ni une compétition électorale, ni un coup d’Etat. Les objectifs d’un tel dialogue sont à nos yeux doubles :

* Un Cameroun réconcilié, capable de promouvoir son identité par la restauration et la valorisation de son histoire

* Un Cameroun plus fort, en mesure d’affronter les défis auxquels il fait face : le défi de sa sécurité, le défi de son développement économique et social, le défi de la démocratie et de la stabilité.

Oui au dialogue pour un Cameroun réconcilié, oui au dialogue pour un Cameroun plus fort, oui au dialogue pour une démocratie réelle et durable !

Et que vivent à jamais dans la mémoire de la nation les martyrs de l’indépendance et de la réunification !

Lire aussi : Semaine des martyrs, message du 13 septembre 2016 à Mom-Dibang


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