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Message de fin d’année du Dr. Corantin Talla aux Camerounais

Par Corantin Talla

Camerounais, Camerounaises, en cette fin d’année 2015, et à l’aube de l’an 2016, je vous adresse au nom de Conscience du Cameroun (CDC) et du Front Uni de la Diaspora pour l’Alternance (FUDA), nos salutations et meilleurs v ux pour la nouvelle année qui s’annonce.

Chers Compatriotes,
Permettez-moi de vous faire le bilan de nos activités pour l’année qui s’achève et de vous annoncer nos perspectives pour l’année 2016.
Comme à l’accoutumée, en 2015 le peuple Camerounais a souffert de la mauvaise gouvernance du régime trentenaire au pouvoir. Cette mauvaise gouvernance s’est traduite par des indicateurs socio-économiques et politiques peu reluisantes pour notre pays.

Sur le plan économique par exemple:
1. Le Cameroun est classe 172e sur 189 selon le rapport ‘Doing Business’ de la Banque Mondiale qui classe les pays par rapport à leur facilite d’attirer les investisseurs. D’après ce classement, il n’ya que 17 pays au Monde qui sont moins attractifs pour faire le business que le Cameroun.

2. Selon Transparency International Cameroon, le Cameroun est le 2e pays le plus corrompu d’Afrique au Sud du Sahara en 2015. IL n’ya que le Liberia qui est plus corrompu que le Cameroun dans cette région.

3. L’estimation du taux de croissance économique en 2015 est de 5.4% mais elle demeure inférieure à l’objectif de 6 % en moyenne fixé dans le Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE 2010-20) dont l’objectif est d’inscrire le Cameroun dans le groupe des pays émergents à l’horizon 2035.

4. Plusieurs autres indicateurs montrent qu’au-delà de la baisse des cours du pétrole et des dépenses sécuritaires, la corruption endémique a plus d’impact négatif sur notre économie.

Sur le plan social par exemple:
1. Les terroristes de Boko Haram et les bandes armées venant de la République Centrafricaine ont semé la mort et la désolation au sein de nos populations, spécialement celles de l’extrême-nord du Cameroun. Plusieurs ne nos vaillants soldats ont fait le sacrifice ultime pour sauver la nation en péril. Curieusement le chef de la nation et commandant en chef des forces armées n’a daigne en aucune occasion rendre une visite de réconfort aux soldats blesses ou aller motiver les troupes au front.

2. 48 % de Camerounais continuent de vivre en dessous du seuil de pauvreté. Les hôpitaux et les routes sont de véritables mouroirs ou les maladies facilement guérissables et les accidents déciment la population. Les plus nantis, spécialement les élites économiques, politiques, administratives et militaires vont se faire soigner à l’étranger.

3. Les crimes rituels ciblant les jeunes filles et enfants ont connu une croissance exponentielle dans notre pays. Les vrais commanditaires de ces crimes qui sont probablement des hautes personnalités de la république sont restés impunis.

4. Des Camerounais en dehors des sportifs jouant dans les équipes nationales du Cameroun éprouvent les difficultés d’aller librement et d’investir dans leur pays sous prétexte qu’ils ont acquis une autre nationalité alors que certaines autorités accordent des nationalités de manière frauduleuse aux étrangers qui ne peuvent même pas pointer du doigt un village ou ils seraient originaires au Cameroun.

Sur le plan politique par exemple:
1. Le gouvernement Camerounais continue d’interdire les manifestations légitimes des partis politiques et associations de la société civile proches de l’opposition. Les leaders et sympathisants de ces entités politiques et associatives sont régulièrement arrêtés, emprisonnés et torturés par les forces de sécurité. Par contre, les manifestations des partis et associations proches du parti au pouvoir ont libre cours.

2. Le gouvernent rejette catégoriquement un dialogue national au sujet des reformes électorales et institutionnelles qui pourront conduire aux élections libres et transparentes à l’ avenir, et éviter les risques de violences post-électorales.

Chers compatriotes,
C’est à cause de ces maux sus-évoqués qui gangrènent notre pays, les conditions de vies déplorables de nos populations de l’intérieur ainsi que la marginalisation tous azimuts des Camerounais de la diaspora, que votre serviteur que je suis, et qui se bat depuis près d’un quart de siècle pour l’instauration d’une démocratie véritable au Cameroun, a affecté une tournée de sensibilisation dans 6 pays Européens en 2015.

Au cours de cette tournée, j’ai au nom de CDC et du FUDA réitéré la nécessité pour la Diaspora Patriotique Camerounaise de participer activement à la transformation socio-économique et politique de la mère patrie dans un élan de solidarité agissante. Par ailleurs, j’ai insisté sur le fait que la Diaspora combattante puisse travailler main dans la main avec toutes les forces progressistes de l’intérieur pour exiger des reformes électorales avant toute future élection au Cameroun.

Aujourd’hui, c’est l’occasion de féliciter les partis politiques et associations de la société civile qui ont mené des actions concrètes sur le terrain pour exiger ces reformes garantes de paix et de stabilité dans notre pays. Toutefois, il est nécessaire dans le contexte politique Camerounais, d’éviter de croire qu’un seul homme ou parti politique évoluant en solo peut venir à bout de ce régime trentenaire dont le parti politique continue d’utiliser les moyens de l’état pour s’implanter davantage et bâillonner les forces d’opposition.

C’est dans cette optique que je propose comme par le passe:
1. Une unité de réflexion et d’actions de toutes les forces politiques de l’intérieur et de la Diaspora afin de mettre la pression sur le régime pour qu’il accède a la création d’un cadre consensuel de mise en place des reformes électorales.

2. La mise sur pied d’une plateforme commune de gouvernance.

3. La mise sur pied des modalités et un calendrier d’organisation des élections primaires au sein de la coalition des forces progressistes pour désigner un candidat unique pour la future élection présidentielle, à défaut d’obtenir la tenue des élections présidentielles à 2 tours.

Au stade actuel, aucun individu ou entité politique ne doit se prévaloir du titre du messie qui viendra seul libérer le Cameroun des griffes du régime RDPC. C’est presqu’une mission impossible avec le code électoral actuel qui consacre:
1. Les élections présidentielles à 1 seul tour.

2. Une absence de bulletin unique qui facilite l’achat de conscience le jour des élections.

3. Une structure d’organisation des élections coiffée par des cadres ou ex-cadres du parti au pouvoir.

4. La distribution discriminatoire des cartes électorales.

5. L’exclusion du vote des jeunes de 18 ans qui constituent la majorité de la population Camerounaise dont ma moyenne d’âge est 18.5 ans.

6. Etc.

Chers compatriotes,
Je ne saurai terminer ce message à la nation sans remercier:
1. Nos vaillants soldats qui se battent quotidiennement pour protéger nos populations et l’intégrité de notre pays; même comme il ya des brebis galeuses qui pillent et tuent les citoyens.

2. Les Comités de vigilance qui aident nos soldats à combattre les terroristes de Boko Haram.

3. Les ex-étudiants parlementaires de l’intérieur et de la diaspora qui ont su se battre en leurs temps et avec conviction pour qu’advienne une démocratie véritable au Cameroun. Beaucoup d’entre eux ont préféré souffrir le martyr d’un exil politique prolonge loin de toute compromission ou opportunisme politique qui a consacré l’entrée a la mangeoire de certains opposants d’hier. Ces ‘ex- parlementaires’ des années de braise continuent à se battre comme par le passe et à semer la panique au sein de l’élite gouvernante du Cameroun.

4. Tous les jeunes Camerounais de l’intérieur qui ont emboite le pas aux ‘étudiants parlementaires’ en se battant au quotidien pour le respect des droits de l’homme et la mise sur pied des règles démocratiques justes au Cameroun.

Pour finir, je puis vous assurer que je mettrai bientôt fin à mes 23 ans d’exil aux USA afin de retourner au pays contribuer à l’émergence des nouvelles forces politiques intègres et patriotiques au service du peuple Camerounais.
Vive le Cameroun


Droits réservés)/n


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