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Mi-figue mi-raisin… de la diaspora: échos de Besançon et environs

Par François Zoomevele Effa

Bonne et heureuse année à vous tous chers lecteurs. J’ai décidé démocratiquement tout seul, à l’instar de nos dictateurs- auxquels je ne fais aucun v u de bonheur-, oui j’ai décidé de vous entretenir de certaines réalités du quotidien dont on ne vous parle pas toujours à haute voix.

L’année a commencé avec ses manifestations festives culturelles, celles de nos associations. C’est « Bébélé », une association de nos frères ultra marins qui a fait son réveillon du nouvel an. Pas vraiment extraordinaire, à peine une centaine de personnes, et une ambiance musicale presque nulle. On aurait voulu crier D.J. Remboursez!!!.

Même les play back de l’artiste invité étaient truffés de larsens, sans oublier que le choix musical était zouk, zouk et toujours zouk. Ceci explique que le public soit dans ces soirées locales antillaises, à 90% antillais.

C’est aussi le cas des soirées sénégalaises où la musique est exclusivement sénégalaise. Je ne sais pas comment ça se passe dans les autres villes en France, mais à Besançon, les sénégalais ne vont jamais dans les fêtes des autres pays africains. Le président Bouba est l’exception, chapeau, et bonne année à «Casamance Avenir».

Les Associations locales gauloises ouvertement « France- Afrique » dans l’insolence et le mépris des Africains comme les Ténèbres d’Afrique et Solenca ont organisé leur nouvel an africain de l’apartheid à Pirey,

Notre ami Gérard et les siens, qu’on ne voit jamais dans les fêtes organisées par les Africains, mais qui font de l’Afrique et de sa culture leur fond de commerce, vont sans doute bientôt se voir déchoir du label Afrique qui va lui aussi être une marque déposée. Mais, comme dirait le Président du conseil des Africains, l’Apaca l’assoc de notre ami perfide Gégé, a quand même fait venir la talentueuse Hemley Boum pour son dernier roman «Les maquisards », et Emil Abossolo Mbo pour son one man show, « Champs du son ». Et moi je lui rétorquerais que c’est à lui et aux associations culturelles africaines de le faire.

Un peu comme la Licra qui s’est emparée du 10 mai pour la commémoration des abolitions de l’esclavage. La Case des Cultures Africaines qui est censée être partenaire et co organisatrice, n’est que faire valoir, avec son Président de griot utilisé depuis des années pour ce folklore. En fait beaucoup d’associations africaines sont à l’instar de leur continent, de leur pays d’origine. La Case ., Les Camerounais de Franche Comté, Centrafrique sans frontière, Halte discrimination, et bien d’autres ont les mêmes présidents à vie. Il paraît qu’il n’y aurait, comme en Afrique, aucun successeur valable!

La vie culturelle des associations de la diaspora n’est plus au top. C’est peut-être parce qu’il y a de moins en moins d’étudiants et stagiaires africains ici, on donne les visas au compte-goutte. Les aventuriers et les wolowos qui viennent se chercher sont devenus majoritaires et leurs conceptions de la vie associative est assimilée aux tontines du pays. Pire, c’est la multiplication des associations à tendances tribales, et là-dedans, la démocratie qui régit les associations loi 1901,on ne veut pas savoir!

Nous irons le mois prochain à Mulhouse, cette ville alsacienne pas très loin de la Suisse et de l’Allemagne, avec une immense communauté de la diaspora africaine. Il y a là-bas beaucoup d’églises appelées abusivement églises africaines. La majorité est d’obédience évangélique, église réveillée comme on dit. Mais il y a aussi une Communauté Presbytérienne Camerounaise qui évolue dans les murs d’une paroisse de l’église réformée locale, avec un Pasteur reformé qui se veut gaulois et qui a des méthodes douteuses d’assimilation, des méthodes missionnaires du Grand Blanc de Lambaréné et du pauvre Christ de Bomba, j’allais dire coloniales.

Ce fameux Alain de pasteur aux pratiques spéciales, va jusqu’à faire porter plaintes contre des chrétiennes africaines de sa paroisse au tribunal, témoignant contre elles, convoquant les enfants de cette chrétienne africaine pour leur expliquer la soi-disant criminalité de leur maman. En général un Pasteur ça défend conseille et réconcilie ses ouailles. Celui-ci, qui serait en ce moment en poste à Strasbourg, s’était entouré d’autres Africains dans la paroisse pour cultiver ce qu’il appelle une tradition presbytérienne camerounaise.

Un au revoir aussi à deux anciens strasbourgeois qui viennent de nous quitter: Isidore Onambele et Samuel Oyono Enguele.

Encore bonne année.


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