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Michel Tchuenche, mathématicien camerounais installé à Dar es Salaam

Après ses études au Cameroun et au Nigéria, c’est en Tanzanie qu’il a décidé de travailler.

Michel Tchuenche, vous êtes aujourd’hui enseignant à l’université de Dar es Salaam en Tanzanie. Racontez nous votre parcours
Je suis né a Nkongsamba et j’ai fait mes études primaire et secondaire à l’école Saint Victor de Bonandjo, au Lycée du Manengouba (6eme-Seconde) et au College Sainte Jeanne D’Arc. Après un bref passage a l’université de Yaoundé, je suis parti pour le Nigeria en 1992. J’y ai obtenu ma licence en Mathématiques en 1996 a l’université de Maiduguri et reçu le prix Vice-Chancellor Prize qui prime le meilleur étudiant de toute l’université. J’ai obtenu mon Master en 1998 et mon doctorat en 2002 à l’université d’Ibadan. J’ai enseigné à l’université d’agriculture d’Abeokuta toujours au Nigeria de 2003-2005. Ensuite j’ai accepté un poste d’enseignant à l’université de Dar es Salaam (Tanzanie) où je suis passé Associate Professor en 2008.

Comment fait-on pour se retrouver enseignant dans un pays comme la Tanzanie ?
J’ai rencontré le Chef du département de mathématiques à une conférence en décembre 2003 a Kampala (Ouganda) et il m’a fait savoir qu’il y avait ouverture de postes dans son département.

Quelles sont vos difficultés quotidiennes?
Mon leitmotiv est de donner le meilleur de moi afin que mes étudiants ne subissent pas les mêmes obstacles que j’ai eu à surmonter dans mon parcours.

Vous enseignez et vous écrivez aussi?
Le devoir d’un enseignant à l’université est de dispenser les cours et de faire la recherche, car cela permet d’être au parfum de ce qui se passe dans son domaine. Ecrire est pour moi une autre façon de transmettre mes connaissances. Dans ce sens, j’ai édité deux collections.

Michel Tchuenche

Journalducameroun.com)/n

Votre dernier livre « Advances in Disease Epidemiology » parle de quoi?
Je suis l’éditeur principal de ce livre qui parle des progrès menés jusqu’alors dans le domaine de modélisation des maladies infectieuses tels la grippe aviaire, le VIH/SIDA, le paludisme (étude basée sur le Cameroun), et la tuberculose pour n’en citer que quelques unes. Le deuxième livre s’intitule « Infectious Diseases Modelling Research Progress » et il comporte de chapitres tels : l’épidémie de Zombie, la corruption comme maladie infectieuse.

Comment ça se passe au quotidien avec vos étudiants?
J’encadre une dizaine d’étudiants en Master et un doctorant. Le train-train quotidien est de les remettre sur le droit chemin a chaque fois qu’ils éprouvent des difficultés. Je donne le meilleur de moi-même aux étudiants que j’enseigne. Ainsi, j’ai été primé meilleur travailleur de la Faculté de Sciences en 2007 (premier enseignant de mathématiques à recevoir cet honneur à Dar es Salaam).

Au vu de votre parcours, vous n’avez jamais travaillé au Cameroun. Cela ne vous manque t-il pas?
Je n’ai jamais travaillé au Cameroun c’est vrai, mais mon souhait est de laisser une empreinte indélébile dans le domaine de la recherche dans mon pays.

ça fait combien de temps que vous n’êtes pas retourné au Cameroun?
J’étais brièvement au pays en Avril.

Et le Cameroun ne vous manque pas?
Si, parfois car c’est le lieu de mon enfance.

Racontez-nous les souvenirs que vous avez du Cameroun?
La joie de vivre et être en famille. Cependant nous sommes appelés à travailler dur pour pouvoir être plus compétitifs à tous les niveaux dans ce village mondial qu’est la globalisation, l’éducation étant la base.

Et la communauté camerounaise en Tanzanie, elle est grande?
A Dar, je ne connais que quatre autres con-citoyens. La communauté dans la ville d’Arusha, qui est plus au Nord semble plus grande, mais je n’y suis jamais allé.

Il parait que les camerounais n’ont pas une belle réputation en Afrique de l’est; votre commentaire
En Tanzanie, je n’ai pas ce sentiment.

Un souhait pour terminer
Encadrer des étudiants au Cameroun dans le domaine de la biomathématiques (plus précisément la dynamique des maladies infectieuses). Avec les progrès des communications (Internet), ceci peut se faire même à distance.

Michel Tchuenche

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