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Mme Catherine Hamon Sharpe sur les traces des réfugiés au Cameroun

La Représentante Adjoint reprécise les attributions du Bureau du Haut Commissariat pour les Réfugiés à Yaoundé

Combien de pays couvre le Bureau du Haut Commissariat pour les Refugiés de Yaoundé?
Le Bureau du HCR au Cameroun est un bureau national. Il ne couvre donc que le Cameroun.

Tout récemment, vous avez reçu la visite du Haut Commissaire, António Guterres. Quelle est votre appréciation de cette démarche?
Nous l’avons grandement appréciée car cette visite a permis de donner davantage de visibilité à nos programmes et à mieux faire connaître, au plan national mais aussi international, la situation des réfugiés centrafricains qui sont les plus nombreux au Cameroun: plus de 80 000 installés dans l’Est et dans l’Adamaoua. Cette visite a été également l’occasion pour le Haut Commissaire de rencontrer les plus hautes autorités camerounaises pour les remercier de leur généreuse politique d’asile et les encourager à s’engager davantage sur certaines questions, notamment la détermination du statut de réfugié et la recherche de solutions à leur situation.

Nous savons qu’il s’est rendu dans des camps de réfugiés centrafricains.
Le Haut Commissaire a en effet visité deux villages où sont installés des réfugiés centrafricains. Ces derniers ne vivent pas dans des camps. Les réfugiés partagent donc les maigres ressources des populations locales et utilisent les infrastructures existantes qu’il est nécessaire d’améliorer, en particulier l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire tout comme les établissements scolaires. Par ailleurs, les réfugiés sont encore très dépendants de l’assistance alimentaire et il faut développer leur capacité à se prendre en charge et à devenir auto-suffisants par le biais de projets de développement bénéficiant également à la population locale camerounaise.

Le Bureau de Yaoundé s’occupe-t-il uniquement des réfugiés?
En effet, le Bureau de Yaoundé s’occupe exclusivement des réfugiés et des demandeurs d’asile – ceux dont la demande d’asile est en cours d’étude.

Quelle est la nature de vos relations avec la Croix Rouge?
La Croix Rouge Camerounaise (CRC) est notre partenaire d’exécution d’un programme d’assistance aux réfugiés urbains à Yaoundé et à Douala. Le HCR a aussi un accord de partenariat avec la CRC pour la gestion du camp de réfugiés tchadiens à Langui, dans la région de Nord.

Quelles sont les conditions d’accueil des réfugiés au Cameroun?
Elles sont en général très bonnes, comme en témoigne l’installation au sein de la population locale des 80 000 réfugiés centrafricains dans l’Est et dans l’Adamaoua. En milieu urbain, les réfugiés vivent également en parfaite harmonie avec la population locale.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face?
Dans l’Est et dans l’Adamaoua, nous avons à faire à une population éparse et qui, de plus, est nomade, ce qui rend nos interventions et celles de nos partenaires complexes. Cette population est vulnérable en ce qu’elle dépend de l’assistance humanitaire, en particulier la distribution de vivres par le Programme Alimentaire Mondial. Sa sécurité alimentaire n’est pas encore assurée. Sur le plan des infrastructures, nous faisons face: à un déficit de points d’eau – ce qui entraîne des pathologies ; à l’insuffisance du nombre de centres de santé ; ce qui poussent les populations à parcourir de grandes distances pour se faire soigner et à un niveau général de sous-équipement ; à une saturation de la capacité d’accueil des salles de classe dans des localités à forte concentration de réfugiés. En milieu urbain, les conditions de vie des réfugiés sont préoccupantes (qualité de l’habitat, accès à l’emploi, niveau de vie.) et les perspectives de solutions durables sont limitées. L’assistance accordée par le HCR aux plus démunis est très insuffisante faute de moyens financiers.

Le Bureau de Yaoundé a été accusé de trafic de nationalité il y a quelques temps. Qu’en est-il exactement?
Nous ne savons pas sur quoi reposent ces accusations car jusqu’à présente personne n’a pu nous donner le moindre début de preuve pour creuser cette question.

Mme Catherine Hamon Sharpe, Représentante Adjoint du HCR à Yaoundé
Journalducameroun.com)/n

De quel poids pèse votre Bureau dans l’attribution de la nationalité camerounaise?
Aucun. Le HCR se contente de plaidoyer en faveur de l’octroi de la nationalité camerounaise à certains réfugiés ou groupes de réfugiés qui sont au Cameroun depuis longtemps mais n’intervient nullement dans le dépôt de la demande de naturalisation, le suivi ou le traitement du dossier qui relève des autorités camerounaises compétentes.

Quelles sont les différentes nationalités qui ont recourt à vos services dans le processus d’attribution de la nationalité camerounaise?
Comme expliqué ci-dessus, nous ne sommes pas compétents en la matière. Tout ce qui a trait à la nationalité est du ressort des autorités camerounaises.

Quelles sont les différentes nationalités d’étrangers qui s’adressent à vous au bureau de Yaoundé?
Actuellement, les demandeurs d’asile au Cameroun sont principalement originaires de la Centrafrique, du Tchad, de la RDC, de la Guinée (Conakry). Les autres demandeurs Rwandais, Congolais (Brazzaville),
Ivoiriens, Bissau-Guinéens… sont très peu nombreux.

Qu’en est-il des étrangers refoulés de Guinée équatoriale ou du Gabon,
Qui se tournent vers vous? En quoi consiste leur prise en charge?

Aucun de ces individus, à notre connaissance, n’a approché le HCR pour formuler une demande d’asile. Selon nos informations, ces personnes n’étaient pas réfugiés ni demandeurs d’asile en Guinée équatoriale ni au Gabon mais des migrants économiques. Si l’un d’eux avait contacté le HCR, il y aurait été enregistré et sa demande d’asile traitée. En cas de nécessité, cette personne aurait pu bénéficier des soins médicaux primaires.


Journalducameroun.com)/n


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