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Mobilité urbaine :«Yaoundé sera congestionnée dans 2 ans» (Pr Yimgaing)

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Le professeur architecte appelle les décideurs à impliquer les professionnels de ce secteur d’activités dans l’élaboration des projets d’urbanisme.

La question de la mobilité urbaine est au centre de la Conférence « MobilizeYourCity » qui réunit depuis le 17 septembre des acteurs de l’urbanisme du Cameroun, du Ghana, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Maroc, du Burkina Faso. Les réflexions menées entre intellectuels, responsables des  ministères, société civile, portent sur la planification des villes.

Le Pr Théophile Yimgaing Moya présente sa vision des mesures à prendre pour rendre plus efficient des  plans de mobilité urbaine au Cameroun. Dans un entretien accordé à Journalducameroun.com mardi, en marge la Conférence international, l’architecte-urbaniste appelle à une meilleure conception des projets urbains et à une plus forte implication des professionnels de ce secteur. Entretien.

Journalducameroun.com : La question de la mobilité urbaine est au cœur des débats aujourd’hui. Est-il possible d’entrevoir des avancées dans ce domaine au Cameroun ?

Pr Théophile Yimgaing Moyo : Les villes camerounaises et africaines sont en construction. Il suffit de confier cette tâche à des personnes, surtout des urbanistes, qui peuvent mettre en pratique ce qu’elles ont appris dans des écoles européennes et africaines. La ville c’est une communauté de personnes qui vivent dans un milieu qu’il faut organiser, tant sur le plan économique que sur le plan politique. Il faut donc pouvoir gérer les villes, pour cela, il nous faut des gestionnaires urbains qui soient à la hauteur et il faut du personnel pour les accompagner. C’est pas plus difficile que  ça, nous ne sommes pas moins intelligents que les autres gestionnaires, les autres urbanistes dans le monde. Il faut qu’on puisse investir à bon escient. Vous voyez dans une ville comme Yaoundé, on construit comme on veut, on construit quand on veut, on n’arrive pas à comprendre la logique d’une telle urbanisation.

Il y a quelques années lorsqu’on faisait le tunnel à Nlongkak, j’avais dit que c’était une bêtise ce projet. Même quelqu’un qui n’a jamais fait de l’urbanisme peut comprendre. Lorsque vous partez du Minrex (ministère des Relations extérieures) pour carrefour Nlongkak, vous êtes sur le même plan. Ce qui veut dire que vous n’avez pas besoin de descendre pour remonter. Lorsque vous partez de la Briqueterie pour la Rue Ceper vous montez et vous redescendez, donc c’est là qu’il fallait faire le tunnel, ce n’est pas là où c’est plat. Aujourd’hui où est-ce qu’on en est ? Lorsque vous entrez dans le tunnel vous ressortez et vous trouver des embouteillages des deux côtés.

L’urbanisme c’est aussi un problème de logique. Vous voyez, dans une ville comme Yaoundé, les mototaxis circulent n’importe où. Le désordre est total. Va-t-on empêcher aux deux roues de circuler dans les villes ? L’on ne le peut pas même dans les villes européennes il y’en a mais ils circulent dans des sites appropriés. Il y a des voies pour les vélos, il y a des voies piétonnes. Il faut que les habitants puissent être conséquents, que les gestionnaires urbains puissent être efficaces et qu’ils aient les moyens de leurs politiques et surtout que l’on puisse consulter les urbanistes

Est-il possible de résoudre l’équation de la mobilité dans un contexte où la ville est déjà conçue dans une totale anarchie ?

Tout est possible et tout problème peut trouver une solution. Je vous dis, il faut que le problème soit posé de façon efficace. Quand vous avez par exemple une zone de conflit de circulation à un endroit donné, je vous prends un exemple : entre Nlonkak et Olembe il y a des heures où on ne peut pas circuler or vous avez de grandes voies de circulation, vous avez pratiquement une autoroute à cet endroit, il suffit de mettre des techniciens qui observent, qualifient le problème, l’étudient et cherchent des solutions. Je me suis aperçu en rentrant d’Obala qu’à certaines heures, on ne peut circuler que sur une seule voie en entrant et une voie en sortant. Ça veut dire qu’il y a des véhicules qui sont stationnés là où ils ne devraient pas être et ce sont souvent des camions, ensuite il y a des taxis  qui occupent au moins deux voies et circulant n’importe comment. Si l’on ne met pas l’ordre, Yaoundé va être congestionnée dans deux ans.

Nous allons voir ce qui a se passer avant la Coupe des nations. Si on ne prend pas des précautions, ce sera un capharnaüm inimaginable. Je propose toujours à la Communauté urbaine et à l’Etat de réhabiliter la voie ferrée entre Obala et Nsam et encore plus loin. Vous voyez à Paris le nombre de personnes qui rentrent dans le métro? A Yaoundé on a déjà la voie ferrée. Il nous suffit de mettre des locomotives qui partent d’un bout à l’autre de la ville, du Nord au Sud toute la journée. La circulation de la ville va réduire de près de moitié. Il suffit d’avoir des prix appropriés, sur un tronçon de près de mille ou deux milles mètres, on met un tarif unique. Vous savez, le chemin de fer passe à côté de Soa. ça veut dire que vous pouvez habiter Soa et fréquenter à Ngoa-Ekelle. Les étudiants représentent une grande masse de voyageurs dans la ville. Donc je vous dis, il suffit de poser les bonnes questions aux bonnes personnes et la solution est là.

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