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Mort de 25 détenus: des informations sur les lieux d’incinération toujours attendues

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Les concernés faisaient partie des plus de 200 personnes arrêtées au cours d’une opération de ratissage menée en 2014 à Magdémé et Doublé, deux villages de l’Extrême-Nord du Cameroun

Amnesty international n’en a pas fini avec le gouvernement camerounais. Après un rapport dénonçant les violations des droits de l’homme dans le pays, l’ONG s’attaque à nouveau aux  autorités pour demander «l’identité et le lieu d’inhumation des 25 personnes dont le gouvernement avait reconnu, il y a deux ans jour pour jour, la mort en détention».

Selon Amnesty international, ces derniers et quelques 195 autres personnes avaient été arrêtées «arbitrairement» au cours d’une opération de ratissage le 27 décembre 2014 à Magdémé et Doublé, deux villages de l’Extrême-Nord du Cameroun, à la suite d’une attaque de Boko Haram.

En dĂ©cembre, le groupe terroriste Boko Haram avait menĂ© une attaque dans ces deux localitĂ©s et fait près de 400 morts, En rĂ©action, les forces de dĂ©fense avaient  incendiĂ© des maisons et interpellĂ© 200 personnes dont 25 sont mortes par asphyxie dans les cellules de la lĂ©gion de gendarmerie de la rĂ©gion de l’ExtrĂŞme-Nord

«Les autorités se sont à ce jour contentées de la confirmation de la mort en détention des 25 personnes. Aucune information ni sur leur identité ni sur leur lieu d’inhumation n’a été communiquée aux familles. Cette interminable attente des familles qui ont perdu des êtres chers ne fait qu’accroitre encore davantage leur souffrance», déplore Amnesty International.

Le ministre  de la Communication, Issa Tchiroma avait pourtant reconnu ces faits. Dans une communication en mars 2015, il avait indiqué que «la justice militaire s’est saisie de l’affaire. Elle continue ses investigations et se prononcera sur les responsabilités».

Le gouvernement camerounais a informé Amnesty International, en février 2016, qu’une enquête administrative interne avait été ouverte sur ce cas, indique l’ONG.


Bien que les résultats de cette enquête n’aient pas été rendus publics, le procès contre l’unique prévenu, le colonel Charles Zé Onguéné qui était à la tête de ladite légion au moment des faits, a eu lieu le 21 juillet 2016 devant le tribunal militaire de Yaoundé.  Il y est poursuivi pour «négligence» et «non-respect des règles de garde à vue».

Le colonel Charles Ze Onguené a été limogé en mars 2015 suite à un décret du président Paul Biya qui nommait, en ses lieux et places, le colonel Elissa Dambouka.

« Amnesty International a documenté de nombreuses violations des droits humains commises lors de l’opération de ratissage conduite à Magdéme et Doublé. Au moins huit personnes, dont un enfant, ont été tuées illégalement et 130 ont été victimes de disparition forcée. Aucune enquête n’a été ouverte sur ces cas. Une quarantaine de personnes sont quant à elles toujours détenues dans de très mauvaises conditions, dans l’attente d’un procès dont la date n’a pas encore été fixée« , continue de dénoncer Amnesty international.

 

 

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