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Mortalité infantile: Les suppléments alimentaires au renfort des moustiquaires imprégnées

nombre de pays africains optent pour un cadre de prévention intégré

Le paludisme et la malnutrition sont la cause de plus de 60% de cas de mortalité infantile. L’OMS estime qu’environ deux milliards de personnes souffrent des carences en nutriments à travers le monde, à cause de l’insuffisance des apports alimentaires en vitamines et minéraux. En Afrique, on estime que 46% de la population est anémiée. Et au Cameroun, une enquête nationale sur la carence en vitamine A et l’anémie, conduite en l’an 2000 a démontré que dans toutes les régions et zones écologiques du pays, la carence en vitamine A affecte presque un million d’enfants de moins de cinq ans. Les femmes enceintes font également partie des premières victimes de la malnutrition.
Quant au paludisme, il continue d’être un danger pour de nombreuses personnes et surtout il demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes ; cette pathologie est responsable de 35 à 40 % du total des décès dans les formations sanitaires, 40 à 45 % des consultations médicales et 30 % des hospitalisations. Le paludisme est aussi la cause de 40 % des dépenses de santé dans les ménages. Mais certaines études ont aussi démontré que c’est parmi les populations frappées de malnutrition que se trouvaient la plus grande vulnérabilité face au paludisme.

C’est donc face à tous ces constats que le gouvernement a récemment pris un ensemble de mesures dans le domaine de l’alimentation et de la nutrition. Il s’agit, entre autres, de l’inclusion d’un sous-programme « Alimentation et nutrition » dans la stratégie sectorielle de santé en cours de révision et de la mise sur pied d’un programme de fortification alimentaire au Cameroun. La méthode se rapproche ainsi bien que sous une autre forme de celle utilisée dans certains autre pays comme le Sénégal. Dans ce dernier pays, l’initiative de coupler les moustiquaires imprégnées à la vitamine A destinée aux enfants de moins de cinq ans a été présentée comme une option pouvant permettre de mieux contenir et prévenir la mortalité infantile. En effet des études ont démontré que si une bonne campagne de prévention est assurée, la mortalité néonatale et infantile devrait considérablement baisser.

Même si aujourd’hui au Cameroun, la prise en compte de la malnutrition comme une question de santé publique est aujourd’hui plus présente, les deux problèmes continuent d’être gérés dans le cadre de programmes différents. Un Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) a été mis en place au Cameroun depuis 1996 ; ce programme a pour but de réduire la mortalité et la morbidité imputables au paludisme au plus bas niveau possible dans le cadre des soins de santé primaires, en particulier chez les groupes les plus vulnérables (jeunes enfants et femmes enceintes) ; son élaboration a été suivie par une déclaration de la politique nationale de lutte contre le paludisme approuvée par le gouvernement en 1997. Les objectifs fixés par le PNLP reposent sur une amélioration de la prise en charge des cas cliniques dans les formations sanitaires et dans la communauté, un renforcement de la chimio prophylaxie chez les femmes enceintes, une formation du personnel soignant à la prise en charge des cas cliniques et à la sensibilisation des populations sur le paludisme et sur la promotion des mesures de protection individuelle et communautaire de lutte anti-vectorielle. Dans le cadre de la lutte anti vectorielle, le PNLP a retenu comme stratégie une lutte intégrée avec un accent particulier sur l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticides ; cette activité a bénéficié depuis l’an 2000, et grâce à l’initiative « Roll Back Malaria » (RBM), du soutien de nombreux partenaires dont les pouvoirs publics, les gouvernements donateurs, les organisations internationales, le secteur privé et les organismes de la société civile.

Nul doute que dans un cadre futur l’option d’action concertée de prévention du paludisme et de malnutrition dans l’optique d’une même action globale pourra gagner du terrain parce qu’il permet une meilleure maitrise du processus de lutte contre la mortalité infantile, et surtout il permettra de gagner un réel temps sur l’atteinte des objectifs de réduction de mortalité infantile pour les OMD d’ici à 2015.


Journal du Cameroun)/n
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