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Mozambique: une dizaine de personnes tuées par les islamistes sur les routes

Une dizaine de civils ont été tués en une semaine sur les routes de l’extrême nord du Mozambique lors d’attaques attribuées aux islamistes qui y sèment la terreur depuis un an, un changement dans leur stratégie qui ne visait jusque-là que les villages.

Samedi à l’aube, quatre passagers d’un véhicule ont été tués et quatre autres blessés alors qu’ils circulaient près de la bourgade de Manilha, non loin de la ville de Mocimboa da Praia, a déclaré à l’AFP un policier ayant requis l’anonymat.

Le 6 janvier, sept personnes avaient été assassinées dans des circonstances similaires à Ulumbi, non loin de là, a-t-on appris de sources locales. Leur bus a été intercepté par un groupe d’hommes armés qui les a assassinés avant d’incendier le véhicule et de prendre la fuite, selon les mêmes sources.

Une autre personne a été assassinée et découpée en morceaux près de Nailwa, à 5 km de Palma.

« Les véhicules de transport public circulent avec un militaire à bord pour les protéger mais ça ne les empêche pas d’être attaqués », a expliqué ce policier.

« Les chauffeurs et les passagers préfèrent ne pas embarquer de soldats, ils disent qu’ils sont des cibles lorsqu’ils en ont un à bord », a-t-il poursuivi.

Depuis plus d’un an, un groupe jihadiste sème la terreur dans la province du Cabo Delgado, en multipliant les attaques meurtrières contre les villages.

Les musulmans représentent 17% de la population du Mozambique, mais ils sont majoritaires dans cette région.

Plus d’une centaine de civils ont été tués lors de ces raids et des milliers d’autres contraints de quitter leurs maisons, systématiquement incendiées.

« Les assaillants nous ordonnent de quitter les villages. Ils considèrent que ce sont des zones libérées (du gouvernement) et ils ne veulent voir personne y vivre », a indiqué à l’AFP un chef local qui a préféré taire son nom.

Le président mozambicain Filipe Nyusi a répété à de nombreuses reprises sa détermination à « neutraliser » les islamistes, connus sous le nom de « shabab » (jeunes, en arabe).

Human Rights Watch (HRW) a accusé le mois dernier les forces de sécurité de « graves violations » des droits de l’Homme. Plusieurs journalistes ont également été arrêtés dans cette zone. L’un d’entre eux y est détenu depuis une semaine.

Près de 200 personnes soupçonnées d’appartenir au groupe sont actuellement jugées à Pemba, chef-lieu du Cabo Delgado. Parmi elles, figurent des Tanzaniens, des Somaliens, des Burundais et des ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC).

Tous les suspects, à l’exception du Sud-Africain, « ont avoué que le groupe cherchait à créer de l’instabilité pour empêcher l’exploitation gazière, et à terme créer un Etat indépendant, constitué par des districts de la région de Cabo Delgado et des régions du sud de la Tanzanie », selon un document de l’accusation.

Cette rébellion inquiète les autorités de Maputo et de grands groupes pétroliers tels que Exxon, Anadarko et ENI, qui ont commencé à s’installer dans le Cabo Delgado pour y exploiter des gisements de gaz off-shore très prometteurs.

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