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Mtn Elite One: Ce que coûte la longue trêve aux clubs

En attendant le début de la saison, les clubs se préparent de leur mieux avec une trésorerie très tendue qui n’est pas loin de s’assécher au vu des charges

Au Cameroun, c’est la finale de la Coupe de football qui marque la fin de la saison sportive. Mais au pays de Paul Biya, le jour de la finale n’est jamais fixé à l’avance. Du coup, dans les différents états-majors des clubs, l’on ne sait pas comment s’y prendre pour préparer la prochaine saison. Or l’exercice 2011/2012 de la Mtn Elite one, l’élite du football camerounais, s’est achevé depuis le 24 juillet 2011. Plus de trois mois après, l’on ne connait toujours pas la date du début de la prochaine saison. Cette situation de trêve interminable est très embarrassante pour Coton sport de Garoua et Unisport du Haut Nkam qui s’affronteront en finale de la 52ème édition de la Coupe du Cameroun. Emmanuel Lebou, le président de l’Unisport du Haut Nkam, joint au téléphone, indique avoir donné «des consignes pour que les joueurs continuent à s’entraîner, comme si la finale aura lieu le lendemain. Pour le début de la saison 2011/2012, même si nous ne savons pas quand est-ce que l’on commence, les joueurs doivent toujours être mis sous pression. Nous allons d’ailleurs participer à un tournoi amical à Dschang. Si on leur donne un temps de répit, ils peuvent sombrer dans la boisson. Nous profitons de la préparation de la Coupe pour être prêts en championnat. Sauf que les joueurs recrutés pendant l’intersaison ne sont pas qualifiés pour disputer la finale, alors qu’ils entraînent d’arrache-pied comme les autres. Autre chose, je n’ai pas consulté le trésorier du club, mais la longue trêve nous coûte cher pour l’entretien des joueurs». Thomas Libih, l’entraîneur adjoint de Renaissance de Ngoumou, trouve l’interminable trêve assez embarrassante : «C’est très embêtant de s’entraîner sans savoir quand est-ce que le championnat va débuter. Quand nous avons été informés que la saison débuterait le 13 novembre, nous avons, très tôt, bouclé notre recrutement de joueurs, pour toutes les catégories, de l’équipe fanion aux cadets, en passant par l’effectif de formation réserve et des juniors. Puis, nous avons établi un programme de travail de pré-saison en six semaines. Maintenant que le lancement de la saison est reporté, nous sommes contraints de réajuster notre préparation. Les joueurs vont aller en repos pour trois jours. Quand ils reviendront, nous allons continuer la phase de travail tactique».

«Seules les primes de matchs ne sont pas incluses dans les dépenses», depuis le début de la préparation de la prochaine Mtn Elite One, dans les clubs. C’est la réponse donnée dans la majorité des clubs de la capitale économique et de la région du Sud-ouest. Puisque les primes d’entraînement et de signature, les frais de déménagement et d’installation ainsi que les salaires sont au menu des dépenses des clubs pendant cette intersaison. «Nous déboursons 1000 Fcfa par joueur et par entraînement. Et comme nous avons 37 joueurs, je vous laisse le soin de calculer ce que nous dépensons par mois», dévoile le président de New stars de Douala, ex Chantier naval Fc, Célestin Nkayim. Le dirigeant du nouveau promu en Mtn Elite One indique cependant que c’est pendant l’assemblée générale de New stars qu’il saura à peu près les dépenses consenties pendant cette période l’intersaison. Cependant, ce club dit débourser 444.000 Fcfa par semaine, pour les cinq séances d’entraînement au programme. Chez Les Astres de Douala, l’intersaison coûte encore plus chère. Même si les dirigeants ici déboursent sensiblement la même somme que New stars pour le même poste de dépense, ils paient en plus les salaires des joueurs, sans oublier les frais de déménagement et d’installation. «Je viens d’arriver à Douala et je n’ai pas encore intégré ma maison, parce que les travaux qui y sont effectués doivent d’abord s’achever», indique le nouveau milieu de terrain des «Brésiliens» de Bépanda, qui arrive de Ngaoundéré University. Avant même le début de la saison, il n’y a que la prime de match qu’Alain Assana ne perçoit pas encore au sein des Astres de Douala puisqu’il touche la prime de signature de son contrat, la prime d’entraînement et le salaire. «Nous avons mis de l’argent pour recruter les joueurs, mais ce n’est qu’après le rapport de la commission chargée du recrutement que nous pourrons dire ce que nous avons dépensé», explique le président général des Astres, Joseph Nguékam.

S’ils restent muets sur l’évaluation des dépenses consenties pendant l’intersaison et attendent l’assemblée générale, les responsables de Sable Fc de Batié, Tiko United, Njalla Quan Sports academy et de l’Union sportive de Douala admettent cependant qu’ils paient les primes d’entraînement, les primes de signature de contrat pour les nouveaux joueurs. Sans oublier les salaires pour les joueurs. Des dépenses jugées importantes, bien que la saison n’ait pas encore débuté. «La préparation d’avant saison est très importante. Car elle permet à l’entraîneur de voir sur quels joueurs il pourra baser sa tactique pendant la saison, à travers les matchs amicaux. C’est lors du match amical contre Sable de Batié que je me suis fait une première idée précise de mon équipe», explique l’entraîneur de Tiko United, John Mayebi. Chez les San-san boys, c’est pareil. «Notre effectif n’est pas encore bouclé. C’est pendant les entraînements et les matchs amicaux que nous allons progressivement constituer notre équipe», explique le président Roger Kamdem de Sable de Batié.

La longue trêve coûte cher aux clubs
Journalducameroun.com)/n


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