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Muhammadu Buhari, nouveau chef d’Etat du Nigéria

Le général Muhammadu Buhari a remporté l’élection présidentielle mardi, au bout du décompte dans les 36 Etats du Nigéria, avec 15,4 millions de votes contre 13,3 millions pour le président sortant.

La chance n’a pas sourit à Goodluck Jonathan ce mardi, 31 mars 2015. Le président sortant du Nigéria n’a pas obtenu un renouvellement de son bail à la tête de la magistrature suprême de son pays au bout du décompte des votes de l’élection présidentielle qui vient de s’achever dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, où sévit une violente insurrection de Boko Haram dans le nord-est.

L’Inec a précisé mercredi matin que M. Buhari, 72 ans, du Congrès progressiste (APC), avait remporté l’élection avec 2,57 millions de voix d’avance sur son rival. Il a recueilli 15.424.921 voix ou 53,95% des 28.587.564 suffrages exprimés. Goodluck Jonathan, 57 ans, du Parti démocratique populaire (PDP), a obtenu 12.853.162 voix (44,96%) à l’élection qui s’est déroulée samedi et dimanche.

Le parti d’opposition du Congrès progressiste (APC) a affirmé à l’AFP que le chef de l’Etat Goodluck Jonathan avait reconnu mardi sa défaite face à son candidat, Muhammadu Buhari, à la présidentielle nigériane, la plus serrée de l’histoire du pays.

« Le président Jonathan a appelé à 17h15 (16h15 GMT) », pour reconnaître sa défaite, a déclaré à l’AFP Shehu Garba, le directeur de campagne de M. Buhari. « Le général Buhari a accepté et il l’a remercié pour cela », a-t-il ajouté.

Un résultat qui va certainement être accueilli positivement dans certains Etats voisins du Nigéria (Cameroun, Tchad, Niger, entre autres) qui subissent au quotidien les répercussions du terrorisme mené par Boko Haram; et dont on attribue volontiers le développement à la timidité avec laquelle la présidence de Goodluck Jonathan et de son prédécesseur ont géré le dossier.

« L’histoire est en marche », a déclaré à Reuters le porte-parole de l’APC, alors que les Nigérians continuaient de suivre en direct sur leurs écrans de télévision les opérations de dépouillement.

« C’est la première fois au Nigeria qu’un gouvernement sortant sera chassé du pouvoir par les urnes en recourant uniquement à des moyens démocratiques », a ajouté Lai Mohammed.

Jeudi dernier, les deux principaux candidats ont signé un « accord de paix » dans lequel ils ont réaffirmé leur promesse d’élections pacifiques et se sont engagés à éviter toute violence.

Il y a quatre ans, lors du précédent scrutin remporté par Goodluck Jonathan face à Muhammadu Buhari, des affrontements post-électoraux avaient fait quelque 800 morts dans le Nord majoritairement musulman du pays.

« Il a dit plusieurs fois qu’il céderait le pouvoir s’il était battu au terme d’une élection libre et équitable », a observé le porte-parole de l’APC.

Elections propres
Militaire âgé de 72 ans, natif du Nord, le général Buhari a dirigé la junte militaire de 1983 à 1985 avant d’être chassé du pouvoir par un autre putsch dirigé par le général Ibrahim Babangida.

Candidat malheureux à la présidentielle en 2003 et 2011, il a fait de la lutte contre Boko Haram l’un de ses grands thèmes de campagne. Sa réputation d’homme à poigne a séduit une large partie de l’électorat, qui accuse le gouvernement sortant de n’avoir pas su les protéger du groupe islamiste radical.

Buhari s’est aussi appuyé sur sa réputation d’intégrité quand les cinq années passées au pouvoir par Goodluck Jonathan – vice-président, il a accédé au pouvoir suprême en 2010 à la mort du président Umaru Yar’adua avant d’être élu pour quatre ans en 2011 – ont été marquées quant à elle par divers scandales de corruption.

Malgré quelques défaillances techniques dans des bureaux de vote et en dépit des attaques menées par Boko Haram qui ont fait une dizaine de morts dans le nord-est, ces élections s’inscrivent parmi les plus libres et les mieux organisées de l’histoire récente du Nigeria.

« Il y a sans doute de nombreuses raisons pour lesquelles le PDP peut avoir perdu mais je crois que la principale, c’est tout simplement le fait que les élections n’ont pas été truquées », a ainsi déclaré Antony Goldman, un consultant d’entreprise qui dispose de contacts haut placés au Nigeria.

Les proches du nouveau président ont conscience des responsabilités qui les attendent à la tête d’un pays de 170 millions d’habitants regroupés selon des lignes ethniques, religieuses et régionales complexes; et d’importants défis sécuritaires qui ont beaucoup terni l’image de cette puissance économique.

Le général Muhammadu Buhari est le nouveau président de la République fédérale du Nigéria
pulse.ng)/n
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