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Musique : Des artistes boudent l'aide de la Socam

Ils s’estiment humiliés et pensent que la société s’est servi de la répartition comme d’un appât

Le vin est tiré, il faut le boire. Cette phrase est prononcée par l’artiste François Misse Ngoh quelques minutes après être passé à la caisse. Il marque un temps d’arrêt, sort de sa poche la somme de 25. 000 FCfa qu’il vient de recevoir et s’interroge:  » C’est donc pour ça que j’ai quitté mon domicile ce matin? C’est donc avec cet argent que je dois préparer la rentrée scolaire de mes enfants ? De qui se moque t-on à la fin ? « . D’un pas lent, il se dirige vers la sortie de l’immeuble qui abrite les services de la Délégation provinciale de la Culture pour le Littoral et précise avant de s’en aller :  » Ce sont les artistes qui ont eux même cherché cette humiliation « .

Les avis similaires sont recensés dans la grande salle située au premier niveau du bâtiment de la Délégation provinciale de la Culture pour le littoral à Bonanjo où se déroule les opérations de répartition. Les artistes forment un long rang et passent à la caisse pour percevoir la dotation spéciale accordée à la Socam par le ministère de la Culture pour les aider « à mieux préparer la rentrée scolaire de leurs enfants ». Les dotations sont réparties en trois catégories. Les sociétaires, c’est-à-dire ceux qui ont plus de dix ans de métier reçoivent 25. 000Fcfa. Les stagiaires quant à eux perçoivent 15. 000Fcfa et les adhérents 10 000 francs Cfa.

Ferdinand Din Din, alias Papillon, visiblement abattu a du mal à garder son calme.  » Nous avons été roulés dans la farine. C’est tout simplement parce que Socam veut avoir de nouveaux adhérents. Non seulement les montants sont assez faibles, mais en plus il faut retirer dans cet argent les frais d’adhésion qui s’élève à 15 000 francs cfa. C’est tout simplement une insulte « , lance-t-il. Narcisse Prize arrivé quelques minutes avant et informé des modalités de payement tarde à retirer la fiche à remplir avant de passer à la caisse  » Si je savais que c’était un don, je serai resté chez moi. Je ne veux juger personne mais là ils ont quand même fait fort. Je dois recevoir 15. 000Fcfa. C’est pour préparer la rentrée scolaire comme ils le disent ? « , s’interroge-t-il.

Ekambi Brillant qui a presque perdu l’usage de la parole se promène, les mains dans la poche.  » Le ministère perçoit près d’un milliard de franc Cfa par an. Pourquoi ne pas débloquer 200 millions pour donner aux artistes. Moi je ne prends pas cet argent. Je suis là pour accompagner la maman de Sam Mbatcho « , indique t-il d’un ton ferme. Djene Djento le regard caché derrière ses lunettes de soleil qu’il quitte difficilement reste planté dans un coin de la salle.  » Je ne parle pas à la presse. Si je parle on va encore dire que c’est l’équipe de Sam Mbende. Ceci n’est que le début de la misère. Je suis d’ailleurs content « , affirme t-il. Parmi la centaine d’artistes qui arrivent à la délégation, uniquement Tiger Moto et Devis Mambo se montrent optimistes. Ils saluent l’initiative du ministère en reconnaissant que c’est la première fois que cela arrive.  » C’est pour aider la Socam à décoller  » concluent t-ils.

Ekambi Brillant

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