Culture › Musique

«Ndinga Man», une grande gueule qui s’en va

Le musicien populaire camerounais Lapiro de Mbanga est décédé hier à Buffalo, dans l’Ouest des Etats-Unis, des suites de maladie.

Il est né Lambo Sandjo Pierre Roger mais préférera prendre le nom de Lapiro de Mbanga, nom d’artiste mais également un hommage à la localité qui l’a vu naître. Mbanga est en effet une commune située dans le département du Moungo, région du Littoral. Les mélomanes camerounais des années 80 et 90 auront connu la belle époque de Lapiro au sommet de son art avec des titres comme « Kop Niè », « No make erreur » ainsi que d’autres comme « Pas argent no love », « Mimba We », « Na you ». Chantant à ses début la misère des petites gens, Lapiro de Mbanga passera à des titres plus provocateurs contre les politiques, en particulier le régime au pouvoir au Cameroun. Le titre le plus mémorable dans cette veine reste « constitution constipée » de 2008 qui sera très vite censuré. Le musicien dénonce la modification annoncée de la constitution pour la suppression de la durée du mandat présidentiel, en prenant le chef de l’Etat camerounais pour cible.

Lambo Sandjo Pierre Roger alias Lapiro de Mbanga, alias Ndinga Man
facebook.com/lapiro.Ngataman)/n

Lapiro de Mbanga encore appelé « Ndinga man », paiera son engagement politique. A la suite des émeutes de février 2008 au Cameroun, l’artiste sera condamné, le 24 septembre 2008, à trois ans de prison ferme par le tribunal de grande instance du Moungo à Nkogsamba dans une affaire qui l’opposait à la Société des plantations de Mbanga et le Centre divisionnaire des impôts de la même localité. Les chefs d’inculpation retenus contre lui, qu’il a toujours niés, étaient : « complicité de pillage en bande, attroupement et obstacles sur la voie publique ». Il purgera entièrement sa peine avant de recouvrer sa liberté le 08 avril 2011. Les recours introduits par ses avocats à la cour Suprême lui auront donné finalement raison, sur le tard, le 20 juin 2014, en reconnaissant des problèmes de procédures dans sa condamnation par le Tgi du Moungo.

C’est aux Etats-Unis que l’artiste avait décidé de continuer son existence après sa condamnation. A Buffalo, dans l’ouest américain, où il est décédé ce 16 mars 2014 à l’âge de 57 ans, Lapiro de Mbanga y vivait, d’après la BBC, avec sa femme et cinq de ses enfants.


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