â€ș SantĂ©

Ne pas confondre ivresse et alcoolisme

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MĂȘme si elle boit peu, une personne qui ne peut rĂ©sister Ă  consommer un verre est alcoolique.

Les boissons alcoolisĂ©es sont ancrĂ©es dans les habitudes des camerounais. Plus qu’un breuvage, elles crĂ©ent et renforcent des amitiĂ©s, des relations familiales et parvient mĂȘme Ă  briser des barriĂšres sociales. Autour d’une biĂšre, des Camerounais dĂ©stressent aprĂšs une semaine de travail intense ou d’activitĂ©s acadĂ©miques.

Le dimanche, les rĂ©unions de famille se soldent par une « sĂ©parante », tournĂ©e de biĂšre dans des bars. En somme, boire une biĂšre est une attitude largement partagĂ©e quel que soit l’endroit du pays oĂč l’on se trouve.

C’est dire la place des boissons alcoolisĂ©es dans la vie des camerounais. Certains en sont mĂȘme dĂ©pendants. Ce sont des alcooliques.

«Un alcoolique a des problĂšmes Ă  maĂźtriser sa consommation d’alcool. Il peut arriver que ces personnes ressentent, dĂšs les premiĂšres heures de la journĂ©e, une envie de prendre quelques verres. MĂȘme s’ils savent souvent que ce n’est pas bien pour leur santĂ©, ils ne peuvent pas s’empĂȘcher d’assouvir ce besoin. Il ne faut pas regarder l’alcoolisme uniquement sous le prisme de la quantitĂ© mais il faut aussi considĂ©rer la frĂ©quence de consommation. Parce que l’organisme n’élimine pas rapidement l’alcool», indique le Dr Jean Biyop, biologiste chercheur en nutrition.

Quantités raisonnables


Il ne faut donc pas confondre l’ivresse Ă  l’alcoolisme. Le premier dĂ©signe un ensemble de troubles de l’esprit dus Ă  la prise d’alcool, tandis que l’autre fait rĂ©fĂ©rence à  un besoin frĂ©quent et incontrĂŽlable de boire, Ă  petite ou grande dose.

«Lorsqu’une personne devient alcoolique, sa santĂ© est menacĂ©e parce qu’elle augmente chaque jour les quantitĂ©s d’alcool dans son organisme, et c’est un aliment particulier parce que contrairement aux autres que nous consommons, l’alcool n’est pas vite et totalement Ă©liminĂ© du corps. MĂȘme s’il est recommandĂ© une quantitĂ© maximale de trois verres par jour pour un homme adulte et deux verres pour une femme, il faut savoir que l’intervalle de temps entre deux prises compte», poursuit Jean Biyop.

L’alcool que nous consommons passe dans le sang avant d’ĂȘtre transformĂ© en gaz carbonique. Ce processus suit trois Ă©tapes avant d’aboutir Ă  ce rĂ©sultat. Sa durĂ©e dĂ©pend de la quantitĂ© et du type d’alcool consommĂ©, du poids de l’individu, de la proportion d’eau prĂ©sente dans son organisme, de son sexe (les femmes assimilent moins rapidement que les hommes). «GĂ©nĂ©ralement, on estime Ă  environ 0,15 ou 0, 10 grammes par litre de sang la quantitĂ© d’alcool Ă©liminĂ©e par l’organisme en une heure. Il faudra multiplier cela par le nombre de verres consommĂ©s».

D’aprĂšs le Dr Jean Biyop, «il est possible donc qu’un individu soit dĂ©jĂ  dans l’excĂšs en prenant un verre au courant de la journĂ©e. Ce, parce qu’il n’aura pas encore fini d’éliminer les quantitĂ©s prises la veille. Ce qui vient s’ajouter au stock d’alcool que le foie conserve chaque fois que nous buvons et aussi Ă  la proportion que le corps produit naturellement, laquelle est estimĂ©e Ă  0,1g».

 

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