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« Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut »: Monsieur le président Biya, un conseil: soyez modeste!

Par Jean Paul Samba Epape

« Oui monsieur le président Paul Biya, «ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut». Mais sachez que votre réponse ne nargue pas le journaliste Français, elle nargue plutôt des millions de Camerounais qui n’ont connu que le cauchemar durant votre règne. »

Quand je pense à Flore, Flore est une cousine d’environ 27 ans qui vit à Akonolinga, elle a deux enfants et elle sèche au soleil tous les jours faisant le «Call Box» pour nourrir ses enfants et les envoyer à l’école primaire. Elle vit avec ses enfants dans une chambre d’une vielle maison en terre battue et crépie dont on bouche parfois les troues avec les vieux tissus d’habit. Sa vie au quotidien est pénible vu les maigres recettes que génère cette activité. Elle nourrit sa famille à peine et elle prie le «Seigneur» tous les jours que personne ne contracte une infection grave qui nécessiterait une intervention médicale, car elle sait que cela se traduira presqu’à une peine de mort. Ceci parce qu’elle n’a ni moyens financiers ni couverture médicale.

La chose particulière chez Flore, c’est qu’elle ne demande l’aumône à personne, ce dont elle a besoin, c’est d’avoir accès à des moyens pour faire grandir et diversifier son activité économique. Elle croit au travail, elle sait que c’est grâce au travail qu’elle peut se libérer. Elle est vraiment performante parce qu’elle a tourné cette activité pendant plus de quatre ans.

Flore est le cas typique de millions de jeunes Camerounais qui luttent tous les jours juste pour subsister; bien qu’ayant des potentiels énormes, ces jeunes sont abandonnés à eux-mêmes sans que le pays ne mettent des outils nécessaire utiles pour leur accomplissement. Bien sûr, ces jeunes se distinguent des jeunes issus de la haute classe sociale Camerounaise qui se recrute essentiellement parmi les élites de l’administration corrompue et quelques travailleurs du secteur privé à dominance étrangère.
La malchance des millions de jeunes comme Flore est qu’ils sont nés à un moment de l’histoire du Cameroun où la conscience commune s’est sclérosée par le spectre d’un seul homme: le président Paul Biya. Ces jeunes sont à l’oubli. Regardez par exemple: est-ce que la situation qui sévit à l’Extrême Nord devrait nous surprendre? D’après les statistiques démographiques officielles du Cameroun, l’Extrême-Nord du pays est la région du Cameroun la plus peuplée et la plus pauvre.

Aller donc chercher à savoir ce qu’a été la part de l’investissement publique dans cette région pendant plus de 32 ans relativement aux autres régions moins peuplées du Cameroun, et aussi ce qu’a été la part de fonds siphonné par l’élite administrative corrompu sur les fonds alloués à l’Extrême-Nord pendant tout ce temps. Mais le constat semble être que c’est une zone qui a été abandonné au profit du groupe terroriste Boko Haram qui semble avoir converti bien des jeunes dés uvrés dans cette zone. Je ne peux imaginer la peine des uns et autres qui perdent leurs siens dans cette crise.

Le comble de l’histoire est que les montants d’argent mis à contribution aujourd’hui pour combattre cette terreur dans cette région pouvaient avoir été mis à disposition pour cette région des années bien avant pour construire des infrastructures et investir dans le capital humain de cette région. Pendant plus de 32 ans, vous auriez dû lancer une politique de formation de ces jeunes Camerounais dans les meilleures universités au monde et dans les domaines professionnel d’envergure. Et ces jeunes, au lieu de combattre aux rangs des terroristes pour mettre le Cameroun à terre, seront plutôt en train de combattre pour bâtir un Cameroun rayonnant. Mais hélas, la priorité au Cameroun semble avoir toujours été celle de votre avenir: Monsieur Paul Biya.

Oui monsieur le président Paul Biya, «Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut». Mais sachez que votre réponse ne nargue pas le journaliste Français. Ce journaliste et son président François Hollande peuvent se faire soigner dans le même hôpital, et par le même médecin en France. Mais votre réponse nargue plutôt les jeunes comme Flore qui, durant toute leur vie, ne rêvent même pas voir le genre d’hôpitaux où vous vous soignez.

Oui monsieur le président Paul Biya, « ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut ». Mais sachez que votre réponse ne nargue pas le journaliste Français, elle nargue plutôt des millions de Camerounais qui n’ont connu que le cauchemar durant votre règne. La force de la croissance que vous aviez héritée du feu président Ahidjo n’a duré qu’a peine 5 ans dans vos mains et le chaos total s’est établi après. A l’instar de la courbe ci-dessous, le pays a considérablement régressé durant votre règne, et c’est vers 2008 que le Cameroun a pu rattraper le niveau de revenu par habitant qu’on avait durant les années 1987; Monsieur le président, le Cameroun est plongé dans l’abysse à partir de 1987 et a pris 21 ans pour revenir en 2008 au niveau de revenu par habitant qu’on avait en 1987: 21 ans de perdu durant ton règne.

Source: Construit à partir de Google (Données Banque Mondiale)

Oui monsieur le président Paul Biya, «ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut». Mais sachez que votre réponse ne nargue pas le journaliste Français. Elle nargue les entrepreneurs locaux Camerounais. Durant le long de votre règne, ce sont les entreprises Françaises qui ont toujours fait la part belle au Cameroun. Les entreprises Françaises sont les mieux structurées, elles sont parmi les plus importantes en taille, les mieux financées et ces entreprises contrôlent les secteurs stratégiques de notre économie comme la finance. Ce sont ces entreprises étrangères avec leur niveau de technologie avancée, qui sont bien compétitives face aux entreprises locales; ce secteur privé local moderne que votre politique de la nation n’a accordé aucune attention particulière pour le faire croitre en importance.

Évidement je comprends très bien que notre pays a un passé colonial et postcolonial de la France-Afrique et que la composante sociale et culturelle Camerounaise soient complexes vu sa diversité, je comprends aussi très bien que le gouvernement du Cameroun a toujours eu une marge de man uvre étroite principalement due aux contraintes budgétaires, un budget toujours inférieur face aux besoins qui sont restés de plus en plus croissants. Mais il faut avouer que même sur le peu que votre régime a eu à récolter durant le long de votre règne, cela a été très mal utilisé pour cause des politiques plus souvent non adaptées. L’une des priorités majeures devait être de s’investir pour former un capital humain de qualité et en quantité (masse critique) qui devrait déjà faire rayonner le Cameroun aujourd’hui. Dans ce Cameroun rayonnant que vous auriez favorisé, Flore ne sècherait pas surement au soleil pour faire le «Call Box».
Vu son potentiel et son esprit combatif, elle serait peut-être courtière en valeurs mobilières opérant à la bourse des valeurs de Douala; une bourse qui serait elle aussi en pleine expansion et qui aurait déjà surement une centaine d’entreprise cotées.

Soyez modeste monsieur le président pour ces milliers de jeunes qui sont nés sous votre régime et qui n’ont aucune perspective d’avenir.
Monsieur le président, la vrai nargue des Français serait d’investir concrètement sur la jeunesse Camerounaise; adoptez les politiques qui facilitent l’envoi des dizaines de milliers des jeunes Camerounais, qui veulent travailler dure, faire des formations de pointe dans les meilleurs universités du monde et découvrir les corps de métiers professionnelles qu’ils n’ont jamais entendu parler. C’est la stratégie que la Chine, qui finance et construit la plus part de nos infrastructures aujourd’hui, a fait et continu de faire depuis le début des réformes introduites par l’arrivé aux affaires de Deng Xiaoping dans la fin des années 70s. Les jeunes Camerounais ont besoin de venir s’abreuver à la vraie source du savoir-faire pour se préparer à bâtir leur pays par leurs propres mains.

Paul Biya et François Hollande
Droits réservés)/n



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