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Ne volons pas les victoires!

Par Abdelaziz Mounde

Sans primes, sans championnat, sans terrains, elles gagnent. Le paradoxe camerounais… Respectons leur foi.

Il n’y a aucun président de la République, ni ministre, encore moins président de Comité de normalisation dans la victoire des Lionnes. Le temps de la récupération est révolu ! Jetez-le aux orties de l’histoire de la propagande !

Les camerounais ne sont plus dupes des prouesses de génies, des miracles bibliques, des performances dantesques des Lions qui ont tout gagné et perdu leurs crinières en chemin. Un fardeau permanent : conflits éternels de primes, préparation bâclée, délégations pléthoriques de proches, maitresses, officiels aux compétitions, détournement du Coup de c ur des camerounais; un geste de solidarité de tout un peuple y compris des nécessiteux…

Les Lions en conquérant l’Afrique, en séduisant le monde, en investissant la planète foot n’ont pu, malgré l’immense symbole que représente le football et notamment l’équipe nationale dans notre identité collective, transformer les mentalités et changer le regard de nos dirigeants. Résultat : aucun stade international, aucune infrastructure d’envergure, aucune compétition majeure depuis 1972. Rien ! Des paroles. De la politique politicienne. Des anciennes gloires dans la misère. Une fédération aux mains de prédateurs…

Ce soir, les Lionnes sortent de la tanière et des fantassins du griotisme, sans tirer des leçons et se couvrir de pudeur, envisagent déjà l’usage de la victoire pour 2018. Apprenons à avoir honte ! C’est leur victoire, rien qu’à elles.

Comment pouvez-vous, sans vergogne, entacher des soirs de communion par des insanités de récupérateurs ? Avez-vous payé les primes de ces amazones ? Non ! Le ministre des Sports, en leur remettant 500.000 FCFA sur 18 millions, à pris prétexte d’une supposée  » restriction de la circulation internationale des fonds « , leur promettant la totalité à leur retour…

Sur quels terrains évoluent-elles localement ? Des champs de tubercules ! Qu’avons-nous fait après le travail pionnier de Atangana Louis de Gonzagues et autres passionnés pour favoriser un championnat moderne de football féminin ? De l’indifférence !

Fair-play, les filles ont pris leur calme et chaussé les godasses du patriotisme. Elles font à présent des merveilles. Comme mille sportifs de chez nous. Comme dans tous les secteurs de la vie nationales où seuls comptent l’intelligence, le sens de la débrouille, l’espièglerie, la ruse et le génie créatif des camerounais, pour s’en sortir, réaliser des miracles avec peu sinon rien.

Dans le monde entier, il n’y a qu’au Cameroun où la réponse à un problème, c’est  » On Va Faire Comment « .

Et c’est ainsi. À force de dire Bia bo ya alors, on entend Biya. Une éternité !


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