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Nécrologie: L’Afrique pleure deux de ces légendes

En l’espace de trois jours, le continent a perdu le nigérian Rashidi Yekeni et le sénégalais Jules François Bocandé, deux icônes du football africain des années 80 et 90

L’Afrique vie une malheureuse loi des séries. Vendredi 4 mai, c’était le Nigérian Rashidi Yekini qui nous quittait de manière inattendue, mardi 8 mai c’est le Sénégalais Jules-François Bocandé qui disparait brutalement. «Le Taureau de Kaduna» s’en est donc allé subitement à Iraa, au centre-nord du pays. Il n’avait que 48 ans. Il fut incontestablement un des grands joueurs continentaux des décennies 80 et 90 et aussi un des plus populaires dans toute l’Afrique. Meilleur buteur de la Can «Sénégal 92» puis de la Can «Tunisie 94» avec, respectivement quatre et cinq buts après avoir terminé deuxième en Algérie en 1990 avec trois buts, il aura inscrit un total de treize buts en phase finale en y ajoutant celui marqué en 1988 au Maroc. Il fut naturellement de l’équipe victorieuse de la Can 94, la seconde et dernière victoire à ce jour de ceux qui à l’époque étaient encore surnommés les «Green Eagles». Mais ce qui aura incontestablement frappé les esprits c’est la photo prise lors de la Coupe du monde 1994 aux Etats-Unis d’Amérique, bras écartés agrippant les filets à pleines dents après avoir ouvert le score contre la Bulgarie, le premier but de son pays en phase finale de Coupe du monde. Natif de Kaduna, Yekini avait évolué aux Shooting Stars puis aux Abiola Babes avant de signer un contrat avec l’Africa Sports d’Abidjan, tremplin vers l’Europe. Il se distinguera surtout au Vitoria Setubal lors de ses quatre premières saisons européennes (90 buts en 108 rencontres) avant de tenter des aventures souvent de courte durée en Grèce, à Gijon, à Zurich, en Tunisie, en Arabe Saoudite. Rentré dans son pays en 2002, il se retrouvera d’abord à Enugu avant de raccrocher les crampons en 2005 à Gateway FC, club de la ville d’Abeokuta. Rashidi Yekini qui a porté le maillot de son équipe nationale à 76 reprises de 1986 à 1999 reste à ce jour le meilleur buteur de la sélection nigériane avec ses 43 buts. Selon sa famille, souffrait d’une maladie neurologique rare. Il a été mis sous terre lundi, dans la pure tradition musulmane.

Le nigérian Rachidi Yekini

Quant à Jules François Bocandé, qui est décédé à Metz lors d’une opération chirurgicale, suite à un AVC (accident vasculaire cérébrale), le programme de ses obsèques n’a pas encore annoncé. Qui pouvait donc croire que l’Afrique allait perdre, en l’espace de trois jours seulement, deux légendes du football continental. Après Rashidi Yekini, Jules François Bocandé s’en allé. A t-on apprit de plusieurs sources sénégalaises. Destins croisés de ces deux stars qui ont marqué d’une empreinte indélébile le football continental. Jules François Bocandé, meilleur buteur du championnat de France 1986, avec 25 buts) est parti sur la pointe des pieds, sans crier gare. Le légendaire attaquant du Sénégal dans les années 80, qui entraînant les Lions de la Teranga, à la fin de sa carrière, s’en est allé pour toujours, rejoignant ainsi un autre buteur de légende, Rashidi Yekini. Les deux hommes vont se retrouver dans l’au-delà. Là bas, les deux hommes vont certainement se remémorer de cet après midi d’un mois de février en 1992 où ils se sont rencontrés au stade Léopold Sedar Senghor lors d’un prestigieux Sénégal-Nigéria (1-2), comptant pour les phases de poule de la Can.

Le Président de la Caf, Issa Hayatou, apprenant la nouvelle a envoyé un message au Président de la fédération sénégalaise, comme il l’avait fait deux jours auparavant au Président de la Fédération nigériane. Je me souviens parfaitement de ce joueur qui était un attaquant plein de fougue, toujours capable de perforer les défenses les plus hermétiques. Je me souviens encore du duel qui avait opposé les deux hommes, Yekini et Bocandé lors du match d’ouverture de la Can 1992 à Dakar. Les Nigérians avaient marqué les premiers mais Bocandé avait offert l’égalisation aux siens avant que le Sénégal n’encaisse le but de la défaite en fin de match. En ces moments de profonde tristesse je tiens en mon nom propre, en celui du Comité exécutif de la Caf et de tous les amoureux du football en Afrique à adresser à la Fédération sénégalaise et à tous les Lions et leurs supporteurs nos condoléances les plus attristées. Adieu les artistes!

Jules Bocandé, le sénégalais



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