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NĂ©gociations climat: Washington, acteur incontournable et inconstant

Deux pas en avant, un pas en arrière, ainsi va la relation des présidents américains au combat climatique, au gré des changements de majorités politiques, relèvent les experts.

Bien avant Donald Trump, d’autres prĂ©sidents auront freinĂ©, au cours des vingt dernières annĂ©es, les nĂ©gociations internationales contre le rĂ©chauffement. D’autres, en particulier Barack Obama en 2015, ont permis des avancĂ©es spectaculaires.

Tout commence en 1992 au Sommet de la Terre de Rio. Le rendez-vous installe la Convention de l’ONU sur les changements climatiques et lance les nĂ©gociations en vue d’un accord mondial, qui passe par la rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre issues notamment des Ă©nergies fossiles (pĂ©trole, gaz, charbon).

Déjà, les Etats-Unis, premier pollueur mondial, résistent à toute idée de restrictions imposées d' »en-haut » pour leurs émissions.

« Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final », déclare le président George H. W. Bush à Rio.

« A cette Ă©poque dĂ©jĂ , les intĂ©rĂŞts du pĂ©trole se font sentir dans le processus », note Mohamed Adow, responsable climat de l’ONG Christian Aid.

– Kyoto –

Pour le protocole de Kyoto, lĂ  encore Washington refuse de se voir imposer des obligations, et estime que les pays en dĂ©veloppement doivent assumer une part du fardeau. Les tractations durent jusqu’Ă  ce qu’un accord soit finalement scellĂ© en 1997, satisfaisant les demandes amĂ©ricaines.

Le traitĂ© est signĂ© par le vice-prĂ©sident dĂ©mocrate Al Gore, mais n’a pas le soutien du SĂ©nat.

Le rĂ©publicain George W. Bush qualifie le texte d' »injuste et inefficace », et en 2001, annonce qu’il ne sera pas ratifiĂ©.

Pourquoi? De peur que la Chine et d’autres pays Ă©mergents trouvent lĂ  un avantage pour exploiter les Ă©nergies fossiles, estiment les experts.

Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005, engageant 37 pays développés à réduire leurs émissions, mais pas les Etats-Unis. Le retrait américain facilitera plus tard celui du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Russie.


– Le plan de Bali –

En 2007, les négociateurs climat se retrouvent à Bali pour leurs négociations annuelles et tenter de remplacer Kyoto.

L’administration Bush de nouveau s’oppose Ă  tout traitement diffĂ©rent entre les pays dĂ©veloppĂ©s, pollueurs historiques, et les pays en dĂ©veloppement. Mais cette fois la dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine est huĂ©e.

Finalement, un « plan d’action de Bali » est entĂ©rinĂ©, visant Ă  l’adoption d’un nouveau traitĂ© climat en 2009.

Pourtant la COP Copenhague cette annĂ©e-lĂ  s’achève sur un âpre conflit entre pays du nord et du sud. Les Etats-Unis, soutenus par d’autres Etats, refusent que l’accord soit contraignant. La confĂ©rence se termine sans le pacte mondial espĂ©rĂ©.

– Paris –

L’accord de Paris, signĂ© en 2015, est finalement un compromis, avec des principes contraignants accompagnĂ©s d’engagements nationaux fixĂ©s par chaque pays sur la base du volontariat.

La forme très souple du texte et des obligations permet aussi Ă  l’administration Obama de se passer de la ratification d’un SĂ©nat hostile.

Mais c’est justement cette souplesse, et l’absence de sanctions, qui permettraient aujourd’hui Ă  Donald Trump de renoncer aux engagements amĂ©ricains sans rĂ©percussions immĂ©diates.

Pour Chai Qimin, du Centre national pour la stratégie climatique, un think tank chinois, le rôle des Etats-Unis fonctionne par cycles, en fonction des résultats électoraux.

Après l’Ă©chec de Kyoto, « il a fallu attendre près de 10 ans » avant Paris, relève-t-il. « Allons-nous devoir attendre de nouveau? Peut-ĂŞtre. Et après (Trump), un prĂ©sident pro-climat sera-t-il Ă©lu? Peut-ĂŞtre pas ».

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