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Népotisme à la Beac : le PCA commande un audit

Hervé Ndoba, le président du conseil d’administration (PCA) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a saisi, le 17 août, le président du Comité d’audit de la Banque pour demander l’ouverture d’une enquête sur les agissements du gouverneur.

« Vous émettrez un avis motivé des actions, actes, écrits et paroles du gouverneur à travers l’analyse des textes identifiés ci-dessus (Convention de l’Union monétaire de l’Afrique centrale, statuts de la BEAC, Code de déontologie de la BEAC) et d’autres textes pertinents que vous devrez identifier, en déterminant s’ils sont conformes ou en contradiction de ces textes ».

« Ces travaux, que vous pourrez effectuer vous-même ou, en partie par le biais de la direction générale du contrôle général sur laquelle vous exercez une autorité hiérarchique fonctionnelle au nom du conseil d’administration seront sanctionnés par un rapport assorti des recommandations pertinentes à faire au conseil d’administration », écrit le Centrafricain Hervé Ndoba.

Ce dernier demande une enquête sur le gouverneur de la Banque centrale, le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, parce que ce dernier est interpellé sur les irrégularités d’un recrutement de cadres supérieurs au sein de la zone Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad, RCA, Guinée équatoriale).

Rappel

Le recrutement de 45 cadres supérieurs divise la BEAC.  En effet, le président de l’UMAC, Hervé Ndoba cite les incidents significatifs qui sont de nature à altérer la crédibilité du concours de recrutement des agents de la BEAC.

Selon la présidence de l’UMAC, la publication des premiers résultats de ce concours fait apparaître des situations et exemples dont il est certain, du moins, qu’ils portent indubitablement et gravement préjudice à l’image de la BEAC.

Au vu de ces éléments, « je vous instruis de surseoir, de manière immédiate, à ce processus de recrutement », a écrit Hervé Ndoba dans sa correspondance.

Il va plus loin. « De même, je vous rappelle que l’intégration des ressources humaines les plus qualifiées, aux fins d’assumer les tâches dévolues à la Banque Centrale par les Chefs d’États de la CEMAC, doit obéir à des impératifs alliant nécessairement mérite, égalité des chances, transparence et exigence permanente de compétence », écrit le PCA au gouverneur de la BEAC.

Abbas Tolli avait réagi suite à cette sortie du PCA. « Je voudrais regretter que vous n’ayez fourni aucune illustration des situations et exemples censés porter préjudice à l’image de la Banque, situation qui m’aurait permis de vous donner de plus amples explications sur de prétendus incidents qui auraient émaillé le déroulement de ce concours, qui au demeurant n’est pas encore arrivé à son terme », poursuit-il.

Abbas Mahamat Tolli évoque, les principes de subsidiarité et de bonne gouvernance qui régissent les interrelations entre le Gouvernement de la Banque et ses organes décisionnels. L’article 1.4 du Statut régissant les Agents d’Encadrement Supérieur donne compétence au Gouverneur pour recruter, nommer et révoquer le personnel dont la nomination ne relève pas du Conseil d’Administration. Le gouverneur cite aussi, les articles 32, 33 et 34 des Statuts de la BEAC définissent les missions et les prérogatives du Conseil d’Administration.

Cabinet de recrutement

Le Cabinet de recrutement AfricSearch s’est dédouané. Il a indiqué que, selon l’appel d’offres qui lui a permis d’être le recruteur, il avait pour missions durant cette première phase, conformément au cahier de charges, « d’accomplir les tâches suivantes : concevoir les épreuves d’évaluation écrites pour les 4146 candidats présélectionnés par la BEAC ».

Aussi, « organiser et assurer le déroulement des épreuves écrites au siège et dans les six représentations de la BEAC ; procéder au dépouillement et à la correction des épreuves ; transmettre les résultats dans leur intégralité, des épreuves écrites au Gouvernement de la banque ».

« Nous tenons à porter à votre connaissance que tous les résultats ont été transmis par AfricSearch à la BEAC dans leur intégralité. La liste et le choix des candidats retenus pour la seconde phase de la mission ne figuraient pas dans notre mandat et ne sont pas du ressort du cabinet ».


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