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Ngaoundéré, la gare terminus connait une affluence toute entière en cette période de vacances

Engorgement, bousculades, prises de becs et échauffourées, l’accès est un parcours de combattant

Difficile accès au billet d’embarquement, longue file d’attente, mine grise des voyageurs, c’est ce cliché peu reluisant qui est présenté depuis quelques jours à la gare voyageurs de Ngaoundéré malgré la volonté des responsables de Camrail d’améliorer la qualité du service. A la gare terminus de Ngaoundéré ce samedi matin du 7 août 2010, il est à peine 7 heures et l’ambiance des lieux en cette période des vacances est bien différente de celle des autres jours. La gare est noire de monde. Hommes, femmes, jeunes et moins jeunes se bousculent. Après avoir attendu pendant plusieurs jours sans être servis pour certains, des signes de lassitude peuvent se lire sur leurs visages. Il y en a même qui ont fait fi des risques d’agression et qui affirment avoir passé la nuit blanche à la gare dans l’espoir d’être servis les premiers le lendemain. En témoigne la présence d’une jeune fille venue très tôt le matin donner quelques beignets et de la bouillie à son géniteur qui a veillé dans l’espoir d’avoir des tickets de voyage pour les membres de sa famille. Sur les raisons de sa motivation, il affirme que cela fait bientôt une semaine que je cherche à faire voyager ma famille pour le sud sans succès. Et plus j’attends, plus la période des vacances tire à sa fin.

Derrière lui, un jeune homme qui affirme que malgré tout ce sacrifice, il y en a qui faufilent dans les coulisses pour rencontrer leurs connaissances qui leur donnent des tickets même s’ils ne sont pas les premiers. Il ya d’autres qui passent par derrière pour traiter avec des personnes qui travaillent là-bas et ils obtiennent facilement leurs billets. Derrière eux, se dresse un interminable rang de personnes qui cherchent à acquérir le précieux sésame ou tout au moins à faire une réservation. Le problème majeur c’est l’organisation. Ils ne savent pas comment organiser la vente des tickets lance un autre. De l’avis de certains voyageurs, il faudrait débourser quelques billets de banque supplémentaires pour pouvoir se procurer un ticket d’accès dans les wagons. Une situation qui selon eux est à l’origine de l’engorgement constaté. Ce sont les démarcheurs qu’il faut rencontrer pour essayer de négocier avec eux. Sinon tu ne voyages pas et tu peux rester là jusqu’à trois voire quatre jours.

Cependant, du côté de la CAMRAIL, la version est toute autre. Selon des informations recueillies auprès de Jean Joseph Aouda, Coordinateur d’exploitation (CORDEX) Nord, des dispositions particulières visant la fluidité dans les services ont été prises pour cette période des vacances. Des mécanismes ont été mis en branle pour que les voyageurs se sentent à l’aise. Il s’agit en réalité d’un mécanisme de réservation qui voudrait que les voyageurs réservent les tickets au moins 24 heures pour ceux de la 2e classe et 48 heures au moins pour ceux de la 1ère classe et des wagons-lits. Impossible donc de se présenter à la gare terminus de Ngaoundéré et prétendre voyager le même jour. Et pourtant, ces instructions sont encore loin de trouver un terrain fertile d’application et les voyageurs attendent toujours qu’elles soient traduites en actes. En attendant, ces passagers en direction du grand sud du pays peuvent poursuivre péniblement leur chemin de croix.

Gare ferroviaire de Ngaoundéré

Journalducameroun.com)/n

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