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Ni Dieu ni les prières ne peuvent sauver le Cameroun

Par Leon Tuam

DĂ©jĂ  dans la religion de mes ancĂŞtres, mĂŞme un handicapĂ© ne demande pas secours Ă  Dieu Ă©tant assis. Il sait qu’il est arrivĂ© au monde avec une tĂŞte et des membres pour agir ; alors, ce n’est qu’en s’acquittant de ses tâches ou en soulevant hardiment son fardeau qu’on murmure : « Dieu, soit avec moi ; suis-moi ». On sait qu’on est le centre de sa vie et s’y place.

Ce court propos dit et dĂ©crit ce qui se passe dans certaines sociĂ©tĂ©s africaines traditionnelles normales, quasi inaltĂ©rĂ©es, et qui ont refusĂ© de se laisser dĂ©figurer et dĂ©vorer par les dĂ©lires, les somnifères et mensonges spirituels et religieux venus d’ailleurs. Ce renvoi au second plan de Dieu se passe ainsi dans des milieux ruraux africains ou ses gardiens sont debout et la vie est normale.

Prenant le Cameroun comme un tout, avec ses petites et grandes villes, ses zones rurales frelatĂ©es, ses milieux scolaires et hospitaliers, ses ministères, ses marchĂ©s et commerces, ses voies de communications et productions, ses cultures (arts, musique, littĂ©rature, cinĂ©ma, cuisine, vĂŞtements, etc.), la corruption, la trahison et l’abandon sont Ă©mĂ©tiques et font de lui un pays hautement amoral et anormal.

Sur ces entrefaites, il n’y a que la volontĂ©, la force, le courage et la rĂ©solution ferme du peuple transformĂ©s en Puissance incendiaire qui calcine toutes les crasses dĂ©cennales et gĂ©nĂ©rationnelles recouvrant le pays, pour lui restituer la moralitĂ© et la normalitĂ© qui fondent la force et le progrès des peuples.

La dĂ©mission et la trahison au Cameroun sont multidimensionnelles et partagĂ©es. Et sachons que ni Dieu ni les prières jamais n’ont fait Ă©voluer les peuples. Les dirigeants du Cameroun porteurs et semeurs du chaos l’ont laissĂ© partout dans le pays. Le pays est trop sale, et l’action et la lutte libĂ©ratrice de ses enfants doivent ĂŞtre la prioritĂ©.

Ni Dieu ni les prières ne peuvent sauver ce pays. Il faut dĂ©loger Dieu et les prières du centre de nos vies pour nous y placer. Ce Dieu n’a pas besoin de la place Ă©minente que d’aucuns lui donnent, vus les ranc urs, les misères, les vices et pratiques lucifĂ©riennes oĂą baigne le pays. Ce peuple doit ĂŞtre l’oiseau battant les ailes et Dieu un simple coup de vent accĂ©lĂ©rant son avancĂ©e.


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