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Nigéria : Inquiétudes sur la santé du président

Au c ur de la polémique, la bataille entre le nord et le sud, pour une éventuelle succession

Le président toujours à l’hôpital
L’état de santé du président nigérian Umaru Yar’Adua, hospitalisé depuis deux semaines en Arabie Saoudite pour raison de santé fait l’objet d’une vive polémique au Nigeria. Umaru Yar’Adua, 58 ans, avec une santé fragile et reconnue depuis plusieurs années, s’est rendu en Arabie saoudite le 23 novembre pour raisons médicales. Son médecin personnel, le docteur Salisu Banye a annoncé le 26 novembre dernier qu’il était soigné à l’hôpital Roi Fayçal de Djeddah dans le royaume d’Arabie Saoudite pour une péricardite aiguë, une inflammation de la membrane entourant le c ur. Depuis cette annonce, Abuja la capitale vit la polémique et les déclarations répétées du gouvernement affirmant que le président répond positivement au traitement ne suffisent pas rassurer, surtout que le numéro un nigérian n’a ni été entendu, ni vu depuis plus de deux semaines.

La famille envisage de porter plainte contre certains journaux
Les commentaires ont dérivé de la simple sphère juridico-politique pour arriver à l’entourage poche du président. Lundi dernier un journal local, « This Day », rapporte que la famille du chef de l’Etat nigérian, Umaru Musa Yar’Adua, déclarait, qu’elle n’hésitera pas à intenter une action en justice contre tout media qui continuerait à parler de façon malveillante de la santé du président. Selon le journal, la s ur du président, Hajia Mairo Musa Yar’Adua, a signé la déclaration de la famille dans laquelle elle indique que son attention avait été attirée par « des déclarations médiatiques fausses, malveillantes et manifestement parrainées, faisant croire que la mère du président, Hajia Dada Habib Yar’Adua, avait demandé à son fils de démissionner pour raison de santé. « Pour clarifier les choses, la mère du président n’a jamais parlé aux médias. La mère du président, contrairement à ce que rapportent les médias, soutient le combat politique du président et l’a toujours encouragé à rendre des services désintéressés au bon peuple nigérian, a fait savoir la famille.

Le sénat défavorable pour le constat de la vacance pour raison de santé
Pour les analystes politiques locaux, au-delà de l’état de santé du président, c’est le délicat équilibre entre le nord musulman et le sud chrétien qui risque d’être en jeu dans les mois à venir. Une situation que voulait probablement éviter le conseil de cabinet. Réuni mercredi dernier, il exclu tout départ de la présidence d’Umaru Yar’Adua. « Le Conseil, qui a passé en revue tous les éléments, a estimé à l’unanimité qu’il n’y avait pas de base pour invoquer l’article 144 de la Constitution, le président n’ayant pas été jugé inapte à assurer ses fonctions », indiquait alors le gouvernement. L’article 144 de la constitution nigériane traite de la vacance du pouvoir et des mesures à prendre au cas où. Selon ses dispositions la vacance pour maladie ne peut être constatée que par les affirmations confirmées du médecin du président et d’un médecin neutre qui en l’occurrence est le médecin traitant. Dans le cas où l’incapacité est avérée, le Sénat est saisi et c’est lui qui constatera officiellement la vacance Troisième personnage de l’Etat, le président du Sénat, le général en retraite David Mark, a justement de son côté exclu de mettre sur pied une commission pour juger de la capacité du président à assumer ses fonctions. Officiellement, le président « répond favorablement » aux traitements qui lui sont administrés.

Umaru Yar’Adua, président du Nigéria
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Les observateurs craignent une rupture de l’équilibre
Les observateurs craignent en cas de vacance, que ne resurgissent les démons du conflit Nord -Sud. Musulman du Nord et alors gouverneur de l’Etat de Katsina, Umaru Yar’Adua, a succédé au chrétien Olusegun Obasanjo qui était resté au pouvoir huit ans. Au terme de son mandat, il souhaitait, au prix d’une révision de la Constitution qui limite la présidence à deux quinquennats successifs, obtenir un troisième mandat, mais il en a été empêché par le Parlement et des pressions internationales. Il a donc rendu le pouvoir au Nord musulman, mais en imposant le gouverneur Yar’Adua, alors peu connu et à la mauvaise santé reconnue. Or, en cas de vacance, c’est l’actuel vice-président Goodluck Jonathan, un chrétien du Sud, qui assurerait la fin du mandat présidentiel jusqu’en avril 2011, aux termes de la Constitution qui est d’inspiration américaine. Une situation qu’au Nord on accepterait difficilement, le Sud ayant à leurs yeux dirigé trop longtemps. L’enjeu pourrait être énorme dans une fédération encore peu solide de 150 millions d’habitants riche en pétrole, et qui en un demi-siècle d’indépendance, a connu 8 coups d’Etats militaires, près de 30 ans de régimes militaires, et une brutale guerre civile de 3 ans, le tout sur fond de récurrentes rivalités ethniques et religieuses.

Nigéria
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