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Le “niveau de pauvreté élevé” du Cameroun inquiète la BAD pour l’après Covid-19

Pour la Banque africaine de développement, la baisse de l’activité économique due à la pandémie du Covid-19 pourrait aggraver la situation, augmentant le taux de chômage de 73% et accentuant la dépendance des ménages pauvres à l’égard de ceux mieux nantis

 

La Banque africaine de développement s’inquiète des effets de la pandémie du Covid-19 sur les travailleurs et les ménages camerounais.

Dans son évaluation du Programme d’appui budgétaire en réponse à la crise du Covid-19 au Cameroun (PABRC) – soumis par le gouvernement à la BAD pour financement -, l’institution financière multilatérale souligne que “le Cameroun fait face à un niveau de pauvreté élevé et des indicateurs sociaux parmi les plus bas au monde”.

La Banque note une “lente réduction de la prévalence de la pauvreté par rapport à la croissance démographique” ayant occasionné l’augmentation du “nombre total de pauvres”, passant de “12% entre 2007 et 2014, pour atteindre 8,1 millions, soit une incidence de pauvreté générale de 31%”.

Les régions du Cameroun n’ont pas toutefois la même situation, les plus marquées étant les trois régions septentrionales (Extrême-Nord, Nord, Adamaoua) qui comptent à elles seules “56 % de la population pauvre”.

Avec la baisse de l’activité économique due à la pandémie du Covid-19, la situation pourrait s’aggraver avec une augmentation du taux de chômage que la Banque projette à 73% dans le scénario optimiste et près de 163% dans le scénario pessimiste.

Les secteurs pouvant être potentiellement plus touchés que d’autres étant ceux dont l’activité est tournée vers l’exportation (bois, banane, aluminium, entre autres) ou à l’accueil des touristes (hôtels, agences de tourisme, etc.).

Pour les ménages, les conséquences pourraient se ressentir même après la crise. “Certains ménages peuvent même recourir à des stratégies négatives, notamment la décapitalisation, l’endettement et la dépendance à l’égard des ménages mieux nantis. Ces pratiques augmentent leur vulnérabilité et rendent difficile l’après crise vu que la plupart de la population n’ont pas accès à un système de protection sociale. La déscolarisation pourrait s’amplifier durant et après la crise. Par ailleurs les enfants issus des ménages les plus vulnérables subiront plus les contre coups de cette crise”, estime l’institution.


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