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Nord: Des producteurs de coton à l’école

537 cotonculteurs suivent depuis six semaines des cours d’alphabétisation dispensés par l’Alliance française de Garoua.

Selon une étude de la Banque mondiale, un agriculteur alphabétisé augmente de 15% sa productivité. Fort de cette réalité, la Société de développement du coton (Sodecoton) a entrepris avec l’Alliance Française de Garoua, d’alphabétiser 537 cotonculteurs, dans le cadre d’un projet pilote d’alphabétisation en direction des producteurs de coton de 21 villages de la région du Nord.

Programme initié depuis le 1er février 2014, les apprenants, issus de 179 groupements d’initiatives communes (GIC), sont suivis par 63 formateurs recrutés en lien avec la délégation régionale de l’Education de base du Nord.

L’objectif général de cette formation, qui se fait par une approche participative et interactive, est d’apprendre aux cotonculteurs à lire, écouter, écrire et communiquer en français courant en lien avec les besoins identifiés par la Sodecoton. Selon Ozias Mbida, coordonnateur du projet, « cette formation permettra aux apprenants d’augmenter leur capacité de prise de décision et les rendra plus aptes à recevoir directement les formations et les informations qui leur sont destinées ». Et pour les dirigeants des GIC, ce sera l’occasion de s’approprier la notion de bonne gouvernance dans le contexte de gestion des intérêts communautaires et de « développer des compétences de leadership par la sensibilisation des autres contonculteurs sur les questions liées à l’environnement », confie Viviane Tamibé, apprenante de niveau 3 au centre de Mbardaké.

Pour la Sodecoton, ce projet permettra non seulement d’accroitre la compétence des producteurs, mais améliorer également la productivité. Afin de rendre opérationnel ce projet pilote, les organisateurs ont fait appel à trois personnes ressources par GIC, notamment le délégué, le secrétaire et le trésorier. Les apprenants sont répartis en trois niveaux et doivent suivre 120h de cours au rythme de deux heures par jour du lundi au vendredi pendant trois mois.

Le premier niveau de la formation, réservé aux personnes analphabètes ou illettrées, est consacré à l’identification des lettres alphabétiques, des sons et des chiffres, à la lecture des mots et des phrases simples. Le niveau II est réservé aux apprenants sachant déchiffrer les écrits et vise la consolidation des acquis du niveau I par le développement des capacités de reconnaissance des sons et des mots usuels. Quant au niveau III, c’est le niveau opérationnel où les besoins spécifiques des apprenants devront être comblés. Les apprenants du niveau I seront dans une perspective de formation sur trois années, ceux du niveau II sur une formation sur deux années, et le niveau III sur une année. Par ailleurs, une attestation de formation sera remise aux apprenants formés au terme du niveau III.

Dans les villages de Mbardaké, de Gashiga, ou de Pitoa, l’engouement des producteurs de coton pour la formation est perceptible. Toutefois, l’Alliance française envisage un pourcentage d’abandon de l’ordre de 20% pour des raisons personnelles diverses. A l’issue de cette phase pilote, « le projet sera évalué par les différents acteurs intervenant, à savoir: la SODECOTON, la Confédération nationale des producteurs de coton (Cnpc, ndlr), l’Alliance Française de Garoua, la Délégation Régionale de l’Education de Base du Nord et ses enseignants ainsi que les producteurs de coton qui ont bénéficié de cette formation. Si le résultat est probant pour toutes les parties, nous souhaiterions signer une convention pluriannuelle avec la Sodecoton et la Cnpc pour inscrire cette action dans le temps et à long terme étant donné le nombre de producteurs de coton présents dans le Septentrion », confie Pierre Barbier, directeur de l’Alliance Française de Garoua.

Du côté des enseignants, c’est également sous une note positive qu’est perçue la formation. « Le projet est victime de son propre succès. En effet, nombreux sont les autres producteurs de coton qui veulent eux aussi bénéficier de la formation mais malheureusement nous ne pouvons pas excéder le quota d’apprenants prévus par l’Alliance française », témoigne Adamou Kada, enseignant de Niveau 3 au centre de Tcharache.

Des apprenants en salle
Journalducameroun.com)/n



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