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Note de lecture: « Tombée au feu d’armes » d’André Ekama

Loin de faire l’apologie de la guerre, cet ouvrage est une incursion au sein de la grande muette pour montrer le vécu quotidien des militaires

Le livre intitulé « Tombée au feu d’armes » qu’André Ekama vient de commette n’est rien d’autre que la représentation humoristique de la rude formation, de la pratique et de la condition militaire. Une véritable incrustation dans l’univers des défenseurs des idéaux de la Nation en parlant comme s’il était l’un d’eux. Pour ce qui est des préceptes militaires qui restent de nos jours inconnus du grand public, l’auteur a su grâce certainement à une expertise auprès d’eux, accéder à la première place et la conserver. Car comme aimait si bien le dire Père Meinrad Hebga « on ne parle d’une chose qu’on ne pratique pas qu’en profane et le profane ne relate que ce que celui qui la pratique ose lui dire ». Les précisions qu’utilise l’auteur dans ce manuel ne peuvent être connues que par un militaire. Il convient donc de saluer la sagesse d’André Ekama qui a fait son livre autour d’une réalité relatée qu’il transformera en fiction grâce à son savoir faire d’écrivain chevronné, qui cependant s’accorde à la nécessité de faire de la fiction autour d’un récit vrai de la condition, de la pratique et de la vie des hommes en camouflés. Pour rester dans le monde de la fiction, l’auteur emprunte des noms qui sont apparemment anonymes, mais pour le militaire, Alpha, le personnage central de ce livre représente tous ceux qui sont passés par un Centre d’Instruction militaire. Ce livre pourra servir de guide au soldat et aux aspirants au corps.

Pour le lecteur militaire, ce manuel est un vécu, sans doute parce qu’il se reconnait dans les différentes scènes et même que de temps en temps, il sera frappé par la nostalgie du champ de tir et autres lieux que l’auteur cite tout au long de son récit. La caractéristique la plus frappante dans l’armée est sa composition, notamment sa structure pyramidale ou le respect de la hiérarchie qui est un principe sacré que nul ne peut violer. Ainsi donc les citoyens qui se sont engagés dans ce service quittent totalement le monde de l’indiscipline contrairement à ce que les non militaires ont souvent pensé. C’est l’un des corps professionnels ou les sévices corporels sont utilisés pour maintenir la discipline et le respect des normes établies. Et le principe du recrutement des citoyens ne se fait pas seulement sur la base du cursus intellectuel, mais la capacité de survie de ces derniers. L’auteur lève sa plume pour montrer que les militaires ne sont pas totalement désocialisés, mais qu’ils vivent eux aussi des expériences rudes depuis leur formation et pendant leur service. Alpha, le personnage au centre de cette uvre, est un jeune ambitieux qui décide d’intégrer l’armée. Très conscient de la lourde mission qui est la sienne, il se fait remarquer lors des séances d’entraînement et les instructeurs du centre l’apprécient. A la sortie de sa formation, il va évoluer en grade, mais ce parcours ne sera pas toujours facile car les épreuves demandées peuvent aussi engendrer la mort. Saura-t-il se surpasser ? Le lecteur trouvera la réponse dans cet opuscule.

Pour le simple citoyen, profane de la chose militaire, c’est le moyen de s’imprégner du métier de soldat, ce qui le caractérise et pourquoi il mérite le respect. L’ouvrage lui donne également la satisfaction d’entrer dans cet univers pourtant proche de nous mais qui nous est totalement inconnu. Tous ceux qui se pencheront sur ce manuel feront des allers-retours dans les champs de tir et les centres d’instruction et s’imprègneront de la culture des hommes en tenue qui va du langage au respect de l’autre, civil ou militaire, en passant par l’obéissance de la hiérarchie et bien d’autres aspects que l’auteur abordera tout au long de ce manuel qui ne fait pas l’apologie de la guerre, mais se limite juste à nous donner le vécu des militaires. André Ekama n’a pas manqué d’embellir son livre avec des chants de ralliements militaire et aussi de la poésie comme pour montrer que les hommes en tenue ont une vie ordinaire comme tous les autres.

« Tombée au feu d’armes » d’André Ekama
Journalducameroun.com)/n


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