› Eco et Business

Nouvelle stratégie de développement: Le Cameroun mieux outillé ?

Le document de stratégie pour la croissance et l’emploi récemment rendu public laisse certains observateurs sceptiques

Une initiative porteuse d’espoir
Dès janvier 2010, le Document de Stratégie pour la croissance et l’Emploi (DSCE) sera opérationnel. Le gouvernement cette fois ci encore, est convaincu de la solidité de ce programme. Pour de nombreux experts, la prise de conscience du gouvernement camerounais est appréciable. Il y’a bien longtemps que nombre d’entre eux mettaient en garde contre un taux de croissance illusoire, entretenu principalement par les industries extractives (Pétrole, minerais), les NTIC (Téléphone, internet), ceux-ci étant soutenu eux-mêmes par un flux massif de capitaux étrangers. Tout le monde, sauf le gouvernement camerounais l’avait vu. Pourtant le président Biya y croyait. Il n’avait cesse de dire que le bout du tunnel était proche. Les observateurs regrettent qu’au bout, les camerounais aient eu droit à un échec, qui pourtant aurait pu être évité.

Les experts redoutent une nouvelle instrumentalisation au profit de l’endettement
Certains experts doutent encore de la capacité des nouvelles orientations (DSCE) à sortir le Cameroun du sous développement. La lutte contre la pauvreté a toujours été considérée comme un faux objectif par de nombreux experts. Dans tous les discours officiels les autorités aiment à admettre que la Cameroun est un pays au sous-sol et au sol riche. Le véritable problème a toujours été celui de la répartition des richesses. Ces richesse ont pendant longtemps servi à financer le service d’une dette qui court jusqu’aujourd’hui, et dont les camerounais ont du mal à voir en quoi elle a servi. La toute première limite du DSCE est qu’elle ne vise pas directement une amélioration sur la base d’efforts auto- concentrés du quotidien des camerounais, mais plutôt, il vise à renforcer un nouveau marché de l’endettement, encore plus insidieux que les formes anciennes.
un document fondé sur des bases exogènes et par conséquent soumises à celles-ci.

La déclaration de Paris dont le gouvernement a prétendu avoir respecté les canaux a été fortement critiquée par de nombreuses organisations de la société civile à travers le monde. Face aux exigences de plus en plus croissantes des ONG qui revendiquaient plus de clarté et de justice sur les programmes d’aide, les acteurs de la dette internationale ont consenti à permettre que les stratégies économiques des pays bénéficiaires soient élaborées par ces derniers. Mais le principe reste le même. Si le programme pays ne satisfait pas les donateurs, l’aide tant sollicité ne suivra pas. Or la DSCE de part sa forme fait l’objet d’un reproche grave, le même que celui dont souffrait déjà le DSRP. Son adoption n’a pas fait l’objet d’un débat parlementaire. Les membres de la société civile appelés à réfléchir sur le document ont été triés sur le volet, et parfois sans réelle préoccupation d’avoir un travail de concertation. Il eut été préférable selon les experts, que le document fasse l’objet d’une discussion finale dans le cadre d’une session parlementaire, et de même que son exécution soit soumis au contrôle direct d’une commission parlementaire.

Un nouvel échec envisagé
La conséquence en est que de nombreux choix développés dans le document ne pourront parvenir à des résultats concrets. Au premier rang des objectifs du DSCE, il sera question de s’investir dans les grands travaux infrastructurels (routes, chemins de fer, télécommunications et surtout énergie). Ce choix reste fort discutable. Les observateurs pensent que ce type d’investissements lourds n’aurait été profitable pour la croissance, que s’il était supporté et pris en charge par des societé purement camerounaises. Soutenu comme c’est le cas aujourd’hui par le financement extérieur, ils ne seront d’aucun impact réel sur la croissance. Pour ce qui est de la modernisation de l’appareil de production, second pilier de la stratégie, il sera question d’ uvrer au désenclavement des zones de production, au développement de vaste extensions agricoles, de rendre accessibles et disponibles les facteurs de production tels que la terre l’eau et les intrants, de promouvoir l’accès aux innovations technologiques à travers le renforcement de la liaison recherche/vulgarisation, développer la compétitivité des filières de production. Cette même logique va être appliquée dans le secteur minier pour valoriser le potentiel existant, et dans le domaine de l’artisanat pour améliorer la rentabilité de l’économie sociale, à travers des renforts structurels et des instruments d’appui technique et financier.

Encore un plan douteux. Pour le projet de loi de finance 2010, seulement 3% du budget sont alloués au développement agricole. La création d’une super banque agricole annoncée au mois de juillet par le ministre Nkuete de l’agriculture reste attendue.

Conseil de cabinet à la primature
Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut