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Olivia Edwige MBANGWE: Une jeune au service des jeunes

A seulement 25 ans, elle a un rêve, se battre pour le développement. Combat ambitieux, mais pas impossible.

Née le 29 avril 1984 à Douala, Olivia Edwige Mbangwe est la seule fille d’une famille de six enfants, dont cinq garçons. De père Yabassi et de mère Douala, elle arrive en troisième position, et est très vite choyée par ses parents et frères. Elle passe une enfance modeste dont elle garde encore de bons souvenirs, nous n’étions pas riches, mais on ne manquait de rien. J’étais bien encadrée en tant que seule fille, mes frères et moi sommes très soudés. J’ai une famille formidable, déclare Olivia. Comme tout enfant, elle doit se frotter assez vite à « l’idée folle que charlemagne a instauré : l’école ». Elle a un parcours scolaire assez complexe, deux années en avance sur sa scolarité, trois ans de retard, on note tout de même que Mlle Mbangwe débute à l’école maternelle de Bonamoussadi, avant de quitter Douala pour la capitale Yaoundé où elle intègre le collège Montesquieu, puis le centre éducatif de Bastos où elle y passe juste quelques mois avant de s’inscrire au collège privé Vogt. J’étais une bonne élève jusque là, mais arrivé à Vogt, je me suis un peu dispersée, reconnaît-elle avec un petit sourire. Les conséquences de cette dispersion dont elle préfère taire la nature, apparaissent vite. Après deux ans d’échec scolaire, ses parents ne sont pas contents vu les notes des bulletins, et décident alors de l’envoyer en France poursuivre ses études. De la classe de 4é en Terminale, elle est à l’internat avec les soeurs, sans doute les parents espèrent qu’une éducation également religieuse, devra aider leur petite fille, à devenir plus raisonnable et mature.

Au collège Jeanne d’Arc à persan-Beaumont 95, j’ai fréquenté dans des lycées de banlieue, (Lycée Edmond Rostand à St Ouen l’Aumône 95), (Lycée Maurice Utrillo à Stains 93 où j’ai fait la seconde et la première ES, ce fut mes plus belles années au Lycée). Après ma terminale ES (économie), j’ai fait un cursus de lettre à la Sorbonne Nouvelle Paris III. Je me destinais à une carrière de Reporters de Guerre ou d’écrivain Grands Voyageur, mais surprise : elle se rend compte deux ans plus tard, qu’elle n’a pas vraiment d’affinité en lettres, et se tourne alors vers l’enseignement professionnel. Drépanocytaire dès la naissance, les problèmes de santé, lui font perdre quatre mois de cours, mais grâce à son tempérament combatif, elle réussit en juillet 2008, à obtenir un brevet de technicien supérieur en assistance de gestion administrative, commerciale et comptable des petites et moyennes entreprises (BTS AG/PMI en alternance chez FRANCAUSTRALIA Education). Elle est folle de joie à l’annonce des résultats.

Olivia Edwige MBANGWE

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« bonne élève, j’ai eu la chance de pouvoir occuper divers postes en même temps que mes études, donc j’ai beaucoup d’expérience professionnelle », précise Olivia. Une expérience qu’elle n’hésite pas à mettre au service de la jeunesse. Celle dont le plus grand rêve, est de bouger et de faire bouger les choses qu’on soit jeune ou vieux, malade ou non, marginalisé ou pas, veut que les jeunes se mettent ensemble pour construire une meilleure nation, demain. Elle prêche par l’exemple, et avec l’appui de Cédric qui partage la même vision, ils fondent ensemble l’association: Manita Cameroun. Au Cameroun, elle réussi à persuader d’autres jeunes comme elle, filles et garçons, de se regrouper au sein de l’association et d’ uvrer pour leur épanouissement. Créer cette association part alors, d’une volonté de contribuer au développement durable des populations locales en s’exprimant et s’informant différemment. Elle refuse qu’on attribue son combat à la lutte qu’elle mène personnellement compte tenu de son état de santé.

Olivia Edwige Mbangwe se veut très claire sur ce point, « il serait très réducteur de dire que je m’implique au sein de l’association parce que je suis drépanocytaire. Drépanocytaire ou pas, les faits sont la! Les jeunes, malades ou non, manquent d’informations, d’orientation mais aussi d’espace de loisirs ». La co-fondatrice de l’association Manita, est aussi persuadée que la guérison ne passe pas exclusivement par la prise des médicaments prescrit par le médecin, il faut également être fixé sur la nature réelle de la maladie, connaître des endroits où l’on peut bénéficier d’un meilleur suivi, et savoir surtout comment s’intégrer dans la société malgré son handicap. La jeune association légalisée en novembre 2008 à Yaoundé et qui ne cache ses grandes ambitions, veut « permettre aux jeunes de se rassembler et de s’auto motiver pour que tous ensembles, nous réalisons des actions concrètes, des actions qui nous aide et nous servent au quotidien. Manità association, ce sont des faits et des actes par les jeunes et pour améliorer la qualité de vie des populations locales ». A cet effet, le 17 janvier dernier, elle a organisé à Bonamoussadi dans l’arrondissement de Douala Vé, le forum « ça dit koi à Sadi ? ». Forum pour sensibiliser les jeunes de la cité économique, sur les dangers des maladies sexuellement transmissibles, les Ist, la drépanocytose. ceci à travers la culture et les activités sportives. « Ça a été une expérience formidable, tant sur le plan professionnel qu’humain. Nous avons sillonné différentes villes du pays pour préparer ce forum. Nous sommes allés dans les quartiers discutés avec les peintres, les poètes, les troupes de théâtres, les rappeurs, les danseurs. Mais aussi et surtout, nous avons poussé la porte de lieux que les gens se plaisent à ignorer : les orphelinats, les services hématologie des hôpitaux, j’ai côtoyé des déficients auditifs et visuels, les malades du VIH/SIDA en fin de vie et même ces militants de la morts, les Drépanocytaires ». L’évènement a réussi le pari de regrouper environ 2 500 personnes au tour des thèmes comme l’abstinence, la fidélité, l’importance de la vaccination et du dépistage, « il a été surtout question d’amour et d’espoir », précise Olivia. Loin de croiser les bras après ce premier succès, elle veut collecter les fonds et les bénévoles nécessaires, pour proposer aux jeunes, des actions encore plus ludiques, et surtout utiles. Son leitmotiv : Manità Association, c’est du concrets ! Par les jeunes et pour tous !

Olivia Edwige MBANGWE

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D’un naturel simple, humble et souriant, Olivia Edwige Mbangwe adore voyager, s’informer, regarder des documentaires animaliers. Demandez lui ce qu’elle aime, elle vous répond immédiatement : Un ami m’a dit un jour : Olivia, tu aimes l’art, la poésie et les paysages naturelle. Si on rajoute le chocolat, je crois qu’il à tout bon! J’aime aussi donner, de mon temps, mon expérience. J’aime beaucoup parlé mais surtout écouter les autres. À présent grâce à Manità association, je vie ma passion au quotidiens, partager, d’une manière ou d’une autre, le peu que le ciel nous offre. Elle déteste l’hypocrisie et la suffisance, mais elle sait aussi se montrer tolérante et voudrait que les gens brisent enfin les stigmatisations, et arrêtent de marginaliser les handicapés, car on a tous un handicap. A côté de la préparation actuelle du prochain forum, Olivia Edwige Mbangwe ne badine pas avec ses études. Entre deux dossiers, des coups de fils, elle plonge dans ses livres et cahiers pour préparer également un concours d’entrée en Bachelor entrepreunariat, et un diplôme Universitaire (DU) en management culturel, pour améliorer ses rapports avec les artistes.

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