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Omar El Béchir peut être désormais arrêté à tout moment !

La cour pénale internationale a finalement lancé un mandat d’arrêt international contre le président du Soudan

C’est un véritable coup de théâtre. Un chef d’Etat en fonction devra désormais vivre comme un captif. Parce qu’il peut-être arrêté à tout moment. C’est le sort qui est désormais celui de Omar El-Béchir, président du Soudan. La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt contre lui pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. La CPI n’a pas retenu l’accusation de génocide, a annoncé mercredi la porte-parole de la cour Laurence Blairon. « Aujourdhui, la chambre préliminaire 1 (…) a émis un mandat d’arrêt contre le président du Soudan Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité », a déclaré la porte-parole de la CPI, lors d’une conférence de presse dans les locaux de la CPI à La Haye. Il s’agit du premier mandat d’arrêt contre un chef d’Etat lancé par la CPI, en fonction depuis 2002.

Le président soudanais quand à lui a toujours montré qu’il minimiser l’action judiciaire qui pourrait être déclenchée contre lui. Le mardi 3 mars, il affirmait : « toute décision de la CPI n’aura aucune valeur pour nous…Elle ne vaudra pas l’encre avec laquelle elle aura été écrite », en inaugurant un barrage à Méroé, à environ 500 km au nord de Khartoum. Pourtant, le procureur de la cour, Louis Moreno Ocampo est formel. « Nous avons de lourdes preuves contre Béchir ». « Nous avons plus de 30 différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé » a t-il récemment déclaré.

Toute décision de la CPI n’aura aucune valeur pour nous… Elle ne vaudra pas l’encre avec laquelle elle aura été écrite.
Omar El Béchir, président soudanais

Omar el-Béchir, 65 ans, est accusé pour des crimes commis au Darfour, une région de l’ouest du Soudan déchirée depuis 2003 par une guerre civile qui a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés selon l’ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.
Il s’agit là d’un redoutable précédent pour les chefs d’Etat africains qui s’accrochent généralement à leurs fauteuils pour échapper à de telles inculpations. Si le pays d’Omar El Béchir ne reconnaît pas la compétence de la CPI, il faut dire que l’actuel président soudanais pourra être interpellé dans d’autres pays. Avec ce mandat d’arrêt, plusieurs observateurs s’inquiètent des risques d’explosion de la violence dans le Darfour.


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Depuis sa création en 2002, la CPI est devenue une partie intégrante des relations politiques internationales et des systèmes des droits de la personne. En juillet 2008, 108 États parties avaient ratifié le Statut de Rome et le Procureur de la CPI s’était saisi des cas de quatre pays dont le Soudan.

Nous avons de lourdes preuves contre Béchir. Nous avons plus de 30 différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé.
Louis Moreno Ocampo, procureur de la CPI

Le Soudan est jusqu’à maintenant le seul pays faisant l’objet enquête qui n’a pas demandé l’intervention de la Cour. En mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la Résolution 1593 déférant à la CPI la situation au Darfour. Le Procureur a donc ouvert une enquête en juin 2005 et délivré des mandats d’arrêt contre d’Ahmad Harun (ancien ministre d’État chargé de l’Intérieur) et Ali Kushayb (ancien chef de milice) en avril 2007 pour leurs multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Ces mandats n’ont toujours pas été exécutés, car le gouvernement du Soudan n’est pas un État partie au Statut de Rome et ne reconnaît pas la compétence de la CPI comme nous le relevions plus haut. Depuis la délivrance des mandats, Ahmad Harun a même été nommé coprésident du comité national chargé de l’enquête sur les présumées violations des droits de la personne au Darfour alors qu’un mandat d’arrêt a été lancé contre lui.

Mais il faut dire que d’autres pays sont dans la ligne de mire de la CPI. Bien que les enquêtes n’aient pas encore commencé, le Procureur de la CPI surveille les situations dans plusieurs autres pays : Côte d’Ivoire, Colombie, Afghanistan, Tchad, Géorgie et Kenya.


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