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Quand on cĂ©lĂ©brait l’indĂ©pendance et la rĂ©unification du Cameroun

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Nous Ă©tions enfants et nous pouvons dire aujourd’hui que le siĂšcle passĂ© est parti sans dire
 Nous Ă©tions, de cette gĂ©nĂ©ration, des enfants, et c’est avec joie que nous fĂȘtions le 1er janvier 1960, jour de l’IndĂ©pendance. Nous fĂȘtions et cĂ©lĂ©brions aussi le 1er octobre 1961, car c’était le jour de la RĂ©unification.

Je vous parle d’une pĂ©riode historique que la jeunesse d’aujourd’hui n’a pas connue. Ces deux jours Ă©taient fĂȘtĂ©s, cĂ©lĂ©brĂ©s et fĂ©riĂ©s. Pour les enfants que nous Ă©tions, nous entendions parler de guerre d’indĂ©pendance, de maquisards, de rebelles, d’U.P.C. ;nous avons souvenir de quelques vins rouges français qui se buvaient alors, comme Kiravi. On disait : Kameroun insatisfait refuse autonomie  veut indĂ©pendance.

L’autre vin rouge, C.D.B., qui Ă  l’origine signifiait « Caves de Bordeaux », on le dĂ©clinait en : Cons de Bulus, Cons de BamilĂ©kĂ©s, Cons de Bassas.

Nous chantions l’IndĂ©pendance et, pour la premiĂšre fois, notre hymne. Il est vrai que les paroles du temps commençaient par : « O Cameroun, berceau de nos ancĂȘtres, autrefois tu vĂ©cus dans la barbarie. Comme un soleil, tu commences Ă  paraĂźtre, peu Ă  peu tu sors de ta sauvagerie. » Il y avait aussi tant d’autres chants pour cĂ©lĂ©brer cette IndĂ©pendance. Puis vint la rĂ©unification. Nous passions de la RĂ©publique du Cameroun Ă  la RĂ©publique FĂ©dĂ©rale du Cameroun. Tout le monde Ă©tait content. Nous clamions, dans diffĂ©rentes chansons : « Levons-nous et chantons ! L’heure a sonnĂ©. Frappons sur nos tambours, battons nos tams-tams, tenons-nous par la main, l’heure a sonné  RĂ©unification souhaitĂ©e, te voilĂ  enfin rĂ©alisĂ©e. FrĂšres, unissons-nous par les cƓurs, bĂątissons ce pays sans rancƓur. »


Et on continuait par : « Cameroun du Levant, et celui du Couchant, mais ne disons plus Cameroun sous tutelle. FrĂšres d’Outre-Mungo, entonnez vos chants ! RĂ©unification, ĂŽ bonne nouvelle ! »

A l’école primaire dĂ©jĂ , nous chantions cet hymne en anglais, mĂȘme si notre phonĂ©tique anglaise laissait complĂštement Ă  dĂ©sirer. On s’en foutait. Nous Ă©tions fiers de chanter l’hymne en anglais. Quand je pense qu’à cette occasion nous chantions aussi « Sonnez fanfares triomphales, tonnez canons, battez tambours et vous, cloches des cathĂ©drales, Ă©branlez-vous comme au grand jour car la patrie toute entiĂšre est debout avec ses enfants pour saluer la banniĂšre de l’union de ses enfants ! » Cette banniĂšre, cet Ă©tendard de la dĂ©livrance Ă©taient les deux Ă©toiles jaunes qu’on ajoutait au rouge de notre drapeau. Puis la chanson se terminait par « Vive la RĂ©unification ! ».

Alors, quand on voit Monsieur Bakary Tsiroma, donner des explications vaseuses Ă  la crise qui sĂ©vit dans son pays en ce moment, on se doit de lui rappeler cette information : la grande cause du dĂ©sordre ambiant d’aujourd’hui vient du 20 mai 1972. En ce temps-lĂ , le prĂ©sident Ahidjo avait donnĂ© le premier coup de sabre Ă  la Constitution camerounaise en lĂ©galisant le parti unique, son parti, l’U.N.C., mettant ainsi hors-la-loi tous les autres partis. Ainsi mourait la dĂ©mocratie et le multipartisme qui existaient dĂ©jĂ  au Cameroun. Le 1er janvier et le 1er octobre furent supprimĂ©s des fĂȘtes officielles. Depuis ce jour, le Kamerun
 pardon, le Cameroun, est l’un des rares pays qui ne cĂ©lĂšbre pas le jour de son indĂ©pendance et qui a banni l’histoire de la RĂ©unification ; ce qui, Monsieur Tsiroma, est la premiĂšre des explications historiques de l’incapacitĂ© de votre gouvernement.

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