Politique › Institutionnel

On reparle du retour de la dépouille du premier chef d’Etat camerounais

Germaine Ahidjo, l’ex-première dame, qui vit au Sénégal, estime toujours que les restes de Ahmadou Ahidjo doivent revenir au Cameroun officiellement, avec «honneur»

Germaine Ahidjo n’en démord pas. La veuve du premier chef d’Etat camerounais, Ahmadou Babatoura Ahidjo, veut une cérémonie officielle pour le retour des restes de feu son époux. Interviewée ce lundi matin sur Radio France Internationale, RFI, Germaine Ahidjo, au Sénégal depuis 1984, a déclaré que la dépouille de son époux fait partie du patrimoine national. Le 30 novembre prochain, cela fera le 25ème anniversaire du décès de Ahmadou Ahidjo, enterré depuis lors au cimetière de Yoff à Dakar. «Nous, sa famille, c’est-à-dire moi et ses enfants, nous sommes toujours là auprès de lui pour garder le patrimoine camerounais. J’attends que l’on réhabilite mon mari. J’ai entendu dire au Cameroun que je ne voulais pas rendre le corps de mon mari. Ce n’est pas que je ne voulais pas rendre, j’ai dit que je voudrais qu’on le réhabilite et que je le ramène officiellement avec sa dignité et son honneur. C’est tout ce que je demande, c’est tout ce que j’ai demandé», a-t-elle expliqué.

L’ex-première dame, dont le mari a été président de la République du Cameroun du 5 mai 1960 au 4 novembre 1982 – date de la passation de pouvoir avec Paul Biya, Premier ministre à l’époque – reconnait toutefois que les autorités camerounaises ne sont pas formellement opposées au retour des restes de feu Ahmadou Ahidjo. «Le président Biya ne nous a pas dit formellement qu’il refuse son retour mais il n’a rien fait pour qu’il rentre», déclare-t-elle.

Aujourd’hui âgée de près de 83 ans, Germaine Ahidjo dit exiger la réhabilitation de l’ex-président du fait d’une condamnation à mort par contumace survenue après le putsch manqué de 1984 contre l’actuel président. «Il paraît que, en 1991, on a gracié les Camerounais qui étaient responsables de je ne sais pas quoi, de leur faux procès, tout ça en 91 je crois, par l’Assemblée soit disant. Mais je n’ai pas entendu dire que Biya avait gracié Ahidjo parce que c’est Biya qui a condamné Ahidjo, lui à qui on a donné le pouvoir», a-t-elle indiqué.

«Il n’est pas question que je rentre au Cameroun sans que le corps de mon mari soit devant et moi derrière pour accompagner ces restes, comme lui-même l’a désiré», a-t-elle poursuivi. «Je sais que ça se fera, même d’ici des décennies après Biya peut-être. Quelqu’un qui viendra, qui comprendra, le fera. Fera ce que j’attends. Mais j’en suis persuadée. Je ne serai peut-être plus là pour le voir mais même si je ne suis pas là, lorsque que ça se fera, je suppose que parmi mes enfants qui sont là, qui ont vécu ce que nous avons vécu ici, l’un d’eux le fera ou mes petits-enfants, ou peut-être mes arrières petits-enfants. Mais je sais qu’un jour ça se fera, qu’Ahidjo rentrera dans son pays», assure l’ex-Première dame.

La position de Paul Biya
Interrogé sur ce sujet le 30 octobre 2007 sur la chaine de télévision France 24, l’actuel chef d’Etat avait répondu: «Il y a eu des événements malheureux, sur lesquels je ne reviendrais pas, en 1984, et l’Assemblée nationale, sur ma proposition, a voté une loi d’amnistie. Ceux qui ont vécu ces tristes événements ont retrouvé leurs droits, il y en a même qui sont au gouvernement. Le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président, est, selon moi, un problème d’ordre familial».

Paul Biya avait relevé que les rapports avec la famille du premier président de la République du Cameroun étaient au beau fixe. «Je dois dire que le fils de mon prédécesseur est député. Je n’ai pas de problème avec la famille de mon prédécesseur. Ses filles et ses fils vont et viennent et personne ne les a jamais inquiétés. Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du président, rapatrier Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’eaux. Je n’ai pas d’objection, ni d’observation à faire», avait déclaré Paul Biya.

Le fils ainé de l’ex-chef d’Etat, Mohamadou Badjika Ahidjo, a été député à l’Assemblée nationale du Cameroun sous les couleurs de l’Undp, un parti naguère de l’opposition aujourd’hui proche du pouvoir. En décembre 2011, Mohamadou Badjika Ahidjo a été nommé ambassadeur itinérant par un décret présidentiel et en janvier 2013, porté par un autre décret présidentiel à la tête du Conseil d’administration de la société hôtelière du Littoral (Sohli), propriétaire de l’hôtel Sawa à Douala.

On a même vu l’une des filles du couple Ahidjo, Aminatou Ahidjo, la cadette, battre campagne pour le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), actuel parti au pouvoir, à travers les différentes régions du Cameroun pour les dernières élections législatives et municipales tenues le 30 septembre 2013.

Ahmadou Ahidjo repose au cimetière de Yoff à Dakar depuis son décès survenu en 1989
leseptentrion.net)/n


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