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ONU: Bilan de parcours pour les objectifs du millénaire pour le développement

Entre promesses non tenues, crise financière et manque de ressources, les OMD ne seront pas atteints en 2015

Depuis hier, 20 septembre 21010, en marge de l’assemblée générale des Nations unies, les gouvernants du monde vont faire le point sur les objectifs du millénaire pour le développement. C’était sans doute le programme le plus ambitieux mis sur pied par l’ensemble de la communauté internationale. Le 6 septembre 2000, 189 pays acceptaient de s’engager dans un programme d’une durée de 15 ans. Le point principal était de réduire de moitié d’ici à 2015 la proportion de la population vivant sous le seuil de « l’extrême pauvreté » (dont le revenu est inférieur à 1,25 dollars par jour). Mais aussi, réduire la faim dans le monde, assurer l’éducation primaire pour tous, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, réduire la mortalité infantile, améliorer la santé maternelle, combattre le VIH/Sida, le paludisme et d’autres maladies, préserver l’environnement, mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

Des progrès.
Aux deux tiers de leur parcours, les 8 objectifs du Millénaire sont loin d’être atteints. Des progrès sensibles ont néanmoins été atteints en matière de réduction de la faim dans le monde, comme le souligne la FAO dans son rapport publié le 14 septembre dernier. La faim dans le monde a reculé à 925 millions de personnes sous-alimentées pour la première fois depuis quinze ans , indique la FAO, tout en soulignant qu’ « il n’y a vraiment pas lieu de se réjouir ». D’autant que l’étude a été réalisée avant la récente flambée du cours des matières premières agricoles. En Afrique sub-saharienne, 925 millions de personnes souffrent de la faim, soit bien plus que les 800 millions de personnes recensées en 2006. Comme le souligne Oxfam, la crise alimentaire au Sahel, provoquée par des pluies insuffisantes en 2009, touche toujours plus de 10 millions de personnes, et les récentes émeutes de la faim au Mozambique illustrent la fragilité des progrès. Aujourd’hui, aucun mécanisme de régulation n’a été créé pour lutter contre la spéculation sur les prix agricoles ou pour améliorer la transparence des marchés (voir article lié). Des progrès ont certes été réalisés: 1,8 milliard de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 1990 contre 1,4 milliard aujourd’hui. La mortalité infantile a elle aussi baissé, passant de 12,6 millions de décès en 1990 à 9 millions en 2007. Le taux de scolarisation a quant à lui progressé, de 83% en 2000 à 88% en 2007 dans les pays en développement. Mais les efforts restent insuffisants. Le rapport de l’ONU fait aussi état de quelques progrès notamment dans l’accès à l’éducation des filles, dans la lutte contre la mortalité infantile et la pandémie du VIH, le paludisme et l’accès aux trithérapies ayant enregistré de bons progrès.

. Mais pas suffisants
La crise économique est à l’origine d’une raréfaction de l’aide aux pays pauvres qui risque d’entraver la réalisation des Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD), a annoncé le chef de l’ONU Ban Ki-moon. La hausse des prix agricoles, conjuguée à la baisse de revenus en 2009 suite à la crise mondiale et au recul des exportations des pays en développement, achèvent ce sombre tableau. Bilan : la proportion de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar par jour (seuil de pauvreté), est remontée à 31% de la population dans les pays en développement en 2009 alors qu’elle avait diminué entre 1998 et 2008.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un milliard d’êtres humains souffrent de la faim. Une mère chaque minute, un enfant toutes les trois secondes, meurent encore d’une maladie que l’on sait pourtant soigner, constituant un des plus grands échecs de la politique de développement. Et cette situation est encore aggravée par la crise économique dont le coût humain, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, s’élève déjà à un surcroît de mortalité de 200 000 à 400 000 enfants par an. Un rapport de l’ONU publié jeudi met en garde contre de «sérieux déficits» par rapport aux engagements pris en 2005 lors du sommet de Gleneagles. Il manque 20 milliards de dollars par rapport au niveau d’aide annuel promis il y a cinq ans, dont 16 milliards rien que pour l’Afrique. A Washington, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn a souligné que « tout tourne autour de la restauration d’une croissance globale équilibrée ».


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