Société › Faits divers

Opération épervier: Rudolph Mbangue condamné

Le tribunal de première instance de Douala s’est prononcé pour 15 ans d’emprisonnement ferme

Rudolph Mbangue a été reconnu coupable lundi d’avoir détourné plus de 205 millions de FCFA, destinés à la lutte contre le sida, durant son mandat de coordonnateur du groupe technique régional chargé de lutter contre le sida à Douala. Par son avocat, on apprend que le condamné n’a jamais reconnu les faits et envisageait de porter l’affaire auprès de la cour d’appel du Littoral. L’ancien responsable et ses coaccusés devront en outre rembourser la somme détournée, solidairement avec les trois autres personnes, soit plus de 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Il s’agit de Catherine Linwa, ex chef d’unité de la réponse locale et M. Tchouamen, ex comptable qui ont pris 15 ans d’emprisonnement ferme, et Tobie Essama, ex responsable financier, qui lui aura pris 12 ans d’emprisonnement ferme.

M. Mangue avait été limogé de son poste en décembre 2005, puis incarcéré en mai 2006. Depuis, il est en détention et, d’après son avocat, son procès a duré deux ans. Les autorités lui reprochent d’avoir créé « 209 associations fictives » pour détourner des fonds dédiés à la lutte contre le sida, selon le quotidien d’Etat Cameroon Tribune. De même, on les accuse du décaissement frauduleux de cinq millions de FCFA, la signature de chèques sans numéro de même que le paiement de factures sans pièces justificatives. Pour la présidente de la collégialité, le comportement des quatre accusés dans leur tâche relève d’une action concertée pour distraire les fonds publics à d’autres fins.

Il s’agit des premières condamnations pour détournement de fonds de la lutte contre le sida depuis le lancement de l’opération anti-corruption « Epervier ». Cette opération, lancée par le gouvernement en 2004 sous la pression des bailleurs de fonds, a déjà abouti à l’arrestation et à la condamnation de plusieurs personnalités. Certaines attendent toujours d’être jugées, plus d’un an après leur mise en détention préventive. C’est le cas d’Urbain Olanguena Awono, ex-ministre de la Santé, inculpé et écroué en avril 2008 pour « détournement de fonds publics » destinés à la lutte contre le sida et la tuberculose. Ce dernier est toujours en attente de son jugement.


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