Culture › Livres

Opération épervier: Un livre pour laver le linge sale!

« Lettre d’ailleurs », revient sur l’opération épervier tel que perçue et vécue par Jean-Marie Atangana Mebara, ancien haut cadre du régime, en détention provisoire

Le livre, « Lettre d’ailleurs: Dévoilements préliminaires d’une prise de l’épervier au Cameroun », a été présenté mardi le 27 décembre 2011 au grand public. Son auteur, est Jean Marie Atangana Mebara, ancien haut fonctionnaire, et ancien ministre d’Etat et secrétaire général de la présidence de la république. Le préfacier, est lui aussi très connu, puisse qu’il s’agit du Cardinal Christian Tumi. Les gens vont se poser la question de savoir comment j’ai pu préfacer ce livre, mais je l’ai fait pour l’homme que j’ai connu et qui m’a marqué, affirme le prélat. Au passage des petites confessions. C’est l’auteur, qui a facilité le dossier de la validation des diplômes de l’université catholique d’Afrique Central, c’est encore lui qui facilitera pour le Cardinal, la création de sa radio menacée de fermeture, et enfin c’est pour saluer le courage de l’homme, qui malgré la détention est resté fidèle à lui-même. Pour l’éditeur l’idée a été rapidement admise. Saluant au passage la qualité et la cohérence de l’écriture, le directeur pour le Cameroun des éditions l’Harmattan, éditeur de l’ouvrage justifie leur choix. Sur le fond l’ouvrage est important sur trois plans. Au plan théorétique, l’auteur s’appuie sur des bases théoriques notamment en matière pénal et sur la gestion de l’appareil judiciaire au Cameroun. Au plan praxéologique, l’auteur replonge les textes dans leur réalité et les rend compréhensible pour tous. Enfin il refuse de verser dans le vindicatif, la vengeance et l’humiliation. Il a choisi de faire des propositions. Il en appelle à la clairvoyance de tous et soulève un débat franc sur la vraie nature de l’opération épervier a commenté pour sa part Roger Moundoue.

Au-delà de l’analyse littéraire, sémiotique ou toute autre réflexion académique, le livre malgré la dénégation de l’auteur, se présente comme une plaidoirie subtile. D’ailleurs, le Cardinal Tumi le préfacier a prévenu, il faut s’apprêter à lire ce livre si on veut le comprendre vraiment.

Le livre proprement dit, débute sur une réflexion faite à sa fille Armelle Olive. Jean Marie Atangana Mebara lui donne en substance un message. « Ce qu’une personne doit faire, elle le fait quand même et en assume les conséquences, bonnes ou mauvaises. » Mais derrière ce message à sa fille, on peut y voir, celui adressé à toutes les filles dont un parent proche ou lointain peut se retrouver dans les griffes de l’épervier. Dans sa première lettre (à sa fille), l’auteur présente sa condition de détenu. Une antichambre de la mort qui a déjà emporté plusieurs codétenus proches. Dans le chapitre 2, l’auteur parle de lui-même, évoque son parcours, une manière, certainement, de se dévoiler au lecteur. Le chapitre 3 semble être une réponse à François Mattei, l’auteur d’une hagiographie controversée sur le président Paul Biya et intitulée: « Le code Biya ». Quant à la lettre 4, Jean-Marie Atangana Mebara l’adresse à sa mère. Il se demande comment elle aurait réagi en le voyant incarcéré. La lettre 5 est adressée à l’ancien secrétaire général de la conférence épiscopale du Cameroun. L’auteur ne comprend pas que le clergé ait pratiquement tourné le dos au peuple qui souffre pour se mettre résolument du côté du pouvoir et des plus riches.

Les passages les plus forts du livre sont ceux qui sont adressés à Monsieur Ahmadou Ali, ancien ministre de la justice. Sur une bonne brochette de pages, Jean Marie Atangana Mebara lui donne la réplique, invoquant en même temps des versets du coran et de la bible. Même s’il le charge, l’auteur lui accorde cependant le pardon. Le livre s’achève sur le parcours de celui qui a été pris par l’Epervier. Un chemin qu’on ne peut imaginer, mais qu’il faut vivre soit même; Il faudra être fort, et se débarrasser de tout ce qu’on a souvent pensé jusqu’à cet instant là, conseille t-il. Le livre s’achève par une série de documents de nature à démontrer sa part de vérité.

Première de couverture de « Lettre d’ailleurs: Dévoilements préliminaires d’une prise de l’épervier au Cameroun »
Journalducameroun.com)/n

L’ouvrage est présenté au public, à la veille d’une ultime audience dans le cadre de son procès. Détenu depuis août 2008, ses accusateurs ne sont pas parvenus à prouver sa culpabilité, qui semblait au regard de la rapidité de son incarcération, évidente. Le temps passe, et l’accusation peine à trouver des éléments solides. Jean marie Atangana Mebara, attire l’attention sur ce qu’est le système judicaire au Cameroun, une machine qui selon lui tue à petit feu, sans distinction qu’on soit innocent ou coupable. Mais il refuse qu’on voit dans son initiative un plaidoyer, il écrit pour la postérité, pour que ses leçons servent au-delà de lui.

Pour les observateurs avertis, Mebara vient d’ouvrir l’ère des grands procès du régime mis en place par le président Paul Biya. Ils sont plus de 70 hauts pontes du régime détenus dans le cadre de cette opération. Plusieurs années après l’Etat a du mal à trouver des charges ou une procédure solide pour les condamner définitivement. Le livre parle de dévoilements préliminaires, d’autres sont donc naturellement à attendre.

Fiche technique
L’auteur Jean-Marie Atangana Mebara
Né le 27 mars 1954 à Yaoundé, est incarcéré depuis août 2008 à la prison centrale de Kondengui.

1984 : docteur 3ème cycle en économie de l’éducation
1986 : diplômé de l’Ecole nationale d’administration publique du Québec
1990 – 1993 : censeur titulaire pour le Cameroun à la Beac
1991 – 1993 : administrateur et président du conseil d’administration de la SCB/Crédit Lyonnais
1994 – 1997 : directeur de l’institut supérieur de management public
1997 – 2002 : ministre de l’Enseignement supérieur
2002 – 2006 : SG de la présidence de la République
2006 – 2007 : ministre des Relations extérieures

Jean Marie Atangana Mebara, auteur de « Lettre d’ailleurs: Dévoilements préliminaires d’une prise de l’épervier au Cameroun »
Lurgent.net )/n


L’Info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé