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Paludisme : comprendre le moustique pour mieux le neutraliser

Des oeufs de moustique recueillis dans le laboratoire de recherche de l'Oceac à Yaoundé.©Droits réservés

C’est la démarche du  laboratoire de recherche sur le paludisme de l’OCEAC. Des chercheurs de cette institution travaillent avec minutie pour trouver un moyen d’éliminer cette maladie.

Etam bafia, un quartier de l’arrondissement de Yaoundé 4ème, qui traîne mauvaise réputation. Promiscuité, querelles, bagarres, insalubrité et, surtout, moustiques font partie du quotidien des populations. Marie, une mère de quatre enfants, assure que « de toutes les tares du quartier, le combat contre les moustiques reste le plus rude ».

A plusieurs mètres de là, on réfléchit à comment aider Marie et les milliers de personnes subissant le dictat des bestioles qui, en plus de piquer et d’être bruyantes, transmettent le paludisme. A quelques pas de la morgue de l’hôpital central de Yaoundé, dans le laboratoire de recherche sur le paludisme de l’OCEAC, on élève des moustiques. Hommes et femmes sont tous concentrés sur des microscopes, « thermocycleurs » et autres appareils du même genre. Dans des cages ou dans des frigos, ces petits êtres sont conservés, scrutés, étudiés. Les chercheurs de ce laboratoire étudient le développement et le comportement des bestioles afin de trouver des moyens efficaces de les neutraliser.

Capture des moustiques

Tout commence par la capture des moustiques. Ils sont minuscules mais aussi malins. Il faut user des méthodes rigoureuses pour y parvenir. Les chercheurs du laboratoire de recherche sur le paludisme de l’OCEAC ont adopté deux méthodes. La première c’est le piège lumineux. Il s’agit « d’un tube en verre avec un grillage fixé sur un petit plateau, une petite ampoule lumineuse et un ventilateur qui neutralise les moustiques. Cet instrument est fixé sur la moustiquaire non loin, de l’individu endormi. Les moustiques étant attirés par l’odeur des personnes et de la lumière, se rapprochent de l’appareil et sont aspirés dans le tube. Ces êtres sont capturés vivants », développe l’une des stagiaires du centre.

La deuxième méthode consiste « à faire asseoir des personnes à l’intérieur et à l’extérieur de leur maison, dans l’obscurité avec une touche de poche en main. Une fois que ces personnes ressentent le contact du moustique sur leur peau, ils s’en assurent à l’aide de leur torche. Ils se servent d’un tube en verre ou en plastique pour le capturer en l’enfermant dans le tube à l’aide du coton ou d’un bouchon adapté. Chaque moustique a son tube », poursuit la jeune stagiaire. Le centre travaille en étroite collaboration avec les habitants de certains quartiers de la cité capitale.

Développement des moustiques

Une fois attrapés, les moustiques sont transportés au laboratoire de recherche. L’étude peut à présent commencer. Les moustiques vont subir le processus d’amplification de l’ADN. Ce procédé permet « D’identifier les différentes espèces », explique le Dr Antonio Christophe. Selon ce chercheur, deux espèces prédominent dans leurs chasses aux moustiques, l’anophèle (mâle et femelle) et le culex. Quel que soit l’espèce, la vie des moustiques comprend une phase immature aquatique et une phase adulte aérienne.

Les femelles moustiques sont mises en contact avec les mâles pour qu’elles se reproduisent. Ces minuscules êtres se développent en quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte. Il faut environ 10 à 12 jours pour que l’œuf se transforme en adulte, si la température est chaude et s’il est bien nourri. Les nymphes se nourrissent de poisson, tandis que les adultes se nourrissent d’eau sucrée lorsqu’ils sont en captivité dans ce centre de recherche.

Bon à savoir, les moustiques ne sont pas seulement responsables du paludisme. Ils causent d’autres parasitoses tels que la dengue, les filaires…



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