Personnalités › Success Story

Parcours et carrière du camerounais Jean Pierre Elemva, décédé le 16 février

c’est comme consultant sportif qu’il s’est révélé au public. Il a succombé face à la maladie!

Son visage ne saurait laisser indifférent beaucoup de camerounais. Férus de sport et particulièrement de football, les téléspectateurs de la Cameroon Radio and Television (CRTV) l’ont regardé plusieurs fois commenter avec verve et habileté une rencontre de football. Chez les ELEMVA, la connaissance et la pratique du football sont quasiment héréditaires. Le père, ELEMVA ASSAKO Jean a été l’un des tous premiers dirigeants de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). Ancien trésorier général et secrétaire général de la Fécafoot, il a très tôt initié ses enfants au football. « Très jeunes, il nous amenait, mes frères et moi, regarder les matches de football. Mes frères aînés et moi-même nous sommes intéressés au Football. Mes aînés ont d’ailleurs embrassé la carrière de football et quatre sont devenus des internationaux » raconte Jean-Pierre. L’un de ces frères aînés est justement Emmanuel Mve ELEMVA, ancien capitaine des lions indomptables. Mais pour le père Jean ELEMVA, il n’a jamais pas question que Jean-Pierre emprunte la voie du foot. « Il était très exigent envers moi et ne voulait pas que je fasse comme mes frères » raconte t-il. C’est en partie la raison pour laquelle il effectue ses études jusqu’au niveau doctoral.

Des études réussies et une carrière exaltante
Né le 20 Juin 1950 à Yaoundé, Daniel Jean-Pierre NDJEMBA ELEMVA emprunte comme tout jeune camerounais le chemin de l’école avec pour ambition de servir dans la haute administration. Il passe avec succès le Certificat d’Etudes Primaires et Elémentaires (CEPE) en 1962. En 1968, c’est au Lycée Général Leclerc qu’il décroche son Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC). Optant pour les série scientifiques, il s’inscrit en Seconde C dans le même établissement où il obtient un probatoire en série D en 1970. C’est au collège Evangélique de Libamba qu’il complète son cursus dans l’enseignement secondaire. Il obtient un baccalauréat série D. En 1972, il débarque en France, à l’IUT de Troyes dans la filière Finances et Comptabilité où il fait un an. Mais, c’est à l’Université de Paris I Panthéon Sorbonne qu’il fait véritablement ses classes de 1973 à 1980. Il y obtient successivement un DEUG, une Licence, une maîtrise en Economie Générale et Gestion des Entreprises. Il s’offre un Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées en Economie de l’Energie. Il est alors admis en doctorat avec une mention assez bien. De retour au Cameroun en 1980, il est recruté à la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) en qualité de responsable des Etudes, du budget et des recrutements. Il y travaille de 1980 à 1985. Marié à la russe NAOUNOVA en 1980, il fait avec cette dernière environ 7 ans de mariage. Samy, Gina et Suzy, fruits de cette union vivent aujourd’hui en France. Le couple DJEMBA-NAOUNOVA ne survit pas à « des problèmes professionnels ». Divorcés, c’est à son ex-femme que sera confiée la garde des enfants. Remis de cette rupture, il rencontre sa compatriote Ngono Nicole en 1987. Il convole en justes noces avec celle-ci 10 ans plus tard. NDJEMBA ELEMVA Martha, seule enfant issue de cette union est aujourd’hui inscrite en classe de Première au Lycée d’Anguissa. Depuis 1987, il exerce comme opérateur économique. Associé gérant des sociétés NEDIS and ENREGY NEDIS PRODUCTION, il a officié comme consultant en gestion dans plusieurs sociétés. Ce fut le cas à la Cameroon Airlines (CAMAIR). Il est aussi connu comme promoteur de plusieurs projets d’exploitation dans le secteur agro-alimentaire. C’est le cas du projet d’exploitation d’un verger de cinq hectares associé à une bananeraie de Zouameyong dans le Sud du Cameroun.

Le Sport, tout un pan de sa vie
Le football, sa passion, l’a accompagné pendant son parcours scolaire et académique. Footballeur amateur au Cameroun de 1966 à 1972, il évolue dans le Tonnerre de Yaoundé et dans le Diamant de Yaoundé. Une épopée sportive qui sera couronnée par ses victoires à la coupe du Cameroun. En effet, il remporte avec le Diamant de Yaoundé, les éditions de 1971 et de 1972 face au Caïman de Douala. En France, de 1973 à 1979, parallèlement à ses études, il joue comme amateur puis professionnel au Stade de Reims, à Troyes Aube Football, Us Malakoff et Racing Club de Paris. De l’aventure française, il garde le titre de champion de France Amateur en 1974 et de 1/8ème de finaliste de la coupe de France en 1975. Son parcours aurait plus être plus retentissement s’il l’avait voulu. Mais, Jean-Pierre n’a jamais voulu « aliéner » sa formation académique. « J’ai été sollicité par les entraîneurs José Arribas de Lilles, par Robert Herbin de St Etienne et par l’As Cannes. Mais, à l’époque, le football n’octroyait pas des sommes folles comme aujourd’hui. En plus, sa pratique est très limitée dans le temps. C’est pourquoi, je ne voyais pas pourquoi, je devais aliéner mes études. Enfin, mon père était très exigeant vis-à-vis de moi. Il ne voulait pas que je fasse comme mes frères qui privilégié le football au détriment des études » explique t-il.
Même si depuis une douzaine d’années, il a cessé de jouer au football, il est resté très actif dans le domaine sportif. « Deux à trois fois par semaine, je joue au golf au golf Club de Yaoundé au Mont Mbankolo » raconte t-il. Evoluant en première série handicap douze, il a l’habitude de s’entraîner dans la cour de sa résidence jouxtant les Brasseries du Cameroun à Yaoundé. Il a aussi fondé la « Dynamique des Amis du Football(DAF)». Une association qui a pour but de défendre les intérêts des footballeurs, de poser un regard critique et promouvoir le football en général. Il est en outre consultant sportif à la CRTV « comme mon ami Jean Michel Larqué à TF1 » mentionne t-il. Un poste qu’il a obtenu après 6 mois d’essai. « Lorsque Ahmadou Vamoulké, que je connais depuis le lycée, a été nommé au poste de Directeur Général de la CRTV, il a eu le réflexe de me consulter pour voir comment améliorer les programmes sportifs dans sa chaîne. Je lui ai proposé d’engager des consultants qui auraient pour rôle de compléter le travail des journalistes en analysant les spectacles sportifs, en situant les enjeux et en aidant ceux qui ne connaissent rien aux règles du football, à trouver un intérêt à ces spectacles. Nous avons signé un contrat open que l’une des parties peut dénoncer quand elle le souhaite » raconte t-il.

Nouvelle aventure, le magazine « dix de daf »
En outre, Jean-Pierre est le Directeur de publication d’un nouveau magazine sportif qui porte le nom « Dix de Daf ». « Dix parce que l’échéance fatidique, c’est Deux mille dix (2010), en Afrique du Sud et que la convition ‘gagner en Afrique est possible’, est une exclusivité de la Dynamique des Amis du Football (DAF) » explique t-il dans l’éditorial qu’il signe dans le N°001 du magazine.
Observateur de la scène sportive camerounaise, il s’étonne du traitement réservé à Roger Milla. « Ce qu’il a fait pour l’image du Cameroun est incommensurable. Je suis étonné qu’on ne lui confie pas une responsabilité précise. Ambassadeur itinérant, c’est bien mais ce qui serait intéressant, c’est de lui confier des missions bien ciblées et de lui en donner les moyens. Son statut actuel donne l’impression qu’il s’implique dans tout sans que son avis ne fasse autorité. Le Cameroun gagnerait à redéfinir fondamentalement les prérogatives du vieux lion dont la notoriété internationale pourrait être mise à profit pour faire du lobbying dans toute la planète ». Une amertume toute déclarée qui rejaillit de sa propre expérience. En effet, en 2006, Jean-Pierre NDJEMBA avait postulé à un appel à candidatures pour le poste de directeur général de la Fécafoot. Un poste qui lui aurait permis de mettre son expertise et ses multiples connexions dans le milieu du football mondial, au service du football camerounais. Mais, ses espoirs vont échouer sur le choix du président de la Fécafoot, Iya Mohamed qui sélectionne Jean Lambert Nang « par reconnaissance des services rendus ». Une expérience que Jean-Pierre évoque encore avec une pointe de déception. « J’avais vraiment l’impression qu’on nous a pris pour des cons car, on aurait pu se passer de ce simulacre de compétition » se remémore t-il.
Il suit aussi avec attention l’actualité souvent agitée entre le Ministère des Sports et de l’Education Physique et la Fécafoot. Les deux responsables des structures sont pour lui, des vieilles connaissances. Il observe donc une certaine neutralité chaque fois qu’il doit s’exprimer sur la crise entre les deux structures. « Les gens attendent d’un consultant, une analyse objective des événements et non des positions de reconnaissance par rapport à tel ou tel intérêt » souligne t-il.

Sportif dans l’âme!
Sportif dans l’âme, il est tout aussi fier de son parcours académique. « Même si mon pays se refuse à utiliser mes capacités et mes compétences, ce background sera au moins ma fierté jusqu’à la fin de mes jours » commente t-il. Ajoutant aussi que « la formation intellectuelle pour moi constitue la plus grande richesse de l’homme et j’ai toujours milité, malgré les milliards qu’on déverse dans le football professionnel, de toujours mettre l’accent sur la formation intellectuelle quand on élève les enfants ».
Daniel Jean-Pierre NDJEMBA ELEMVA est sans aucun doute très bien placé pour le dire. Il est à cet effet un exemple remarquable qui illustre que le mariage sport et études est possible. S’il avait évolué en ces temps où le football brasse autant de milliards de Francs, il aurait peut-être priorisé le foot mais ses qualités de manager, forgées dans les écoles de l’hexagone, s’avèrent aujourd’hui un atout important qui peuvent lui permettre de rebondir en tout temps dans le monde des affaires.

Jean Pierre Elemva
Journalducameroun.com)/n
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