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Partenariat public/privé: Le ministre Motaze de l’économie rassure

C’était au cours d’une concertation avec les patrons en vue de leur plus grande implication dans la réalisation des chantiers économiques

Une concertation de grande importance
Face aux entrepreneurs camerounais ce mercredi 20 octobre 2010, le ministre Louis Paul Motaze, en charge de l’économie, la planification et l’aménagement du territoire (MINEPAT), a présenté les attentes du gouvernement vis-à-vis du secteur privé sur la meilleure façon de relancer la croissance à travers la mise en uvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). Le secteur privé est le moteur de la croissance pour toutes les économies, a fait savoir le ministre Motaze. Le ministre a aussi évoqué la structuration de l’économie, critiqué le fait qu’une grande majorité des investissements soit orientée vers le secteur tertiaire fortement alimenté par les importations. Autres problèmes liés aux investissements du secteur privé, le fait que la majorité de ces entreprises fonctionnent dans l’informel. Une mesure est déjà mise en uvre pour mieux identifier les agents de ce secteur et les ramener dans le formel. Mais une catégorie d’entreprises nous inquiète encore, ce sont celles qui étant identifiées formellement et qui se livrent à l’exécution d’opérations informelles, s’est indigné Monsieur Motaze. C’est pourquoi, le ministère a invité les investisseurs à se tourner vers des secteurs à fortes valeurs ajoutées, comme l’agriculture. Dans son exposé, Dieudonné BONDOMA YOKONO, le directeur général de l’économie et de la programmation des investissements publics au MINEPAT, a présenté un ensemble d’opportunités coordonnées par ce département ministériel. Cinq axes majeurs sont retenus, La diversification de l’économie, le renforcement des capacités des entreprises, l’amélioration de la compétitivité et de l’environnement des affaires, le développement de l’accès aux marchés et la diversification des sources de financement et l’accroissement de l’offre d’emplois décents.

Le MINEPAT fait découvrir ses actions
Les entrepreneurs ont aussi présenté un certain nombre de doléances. Les principales préoccupations tournaient autour des questions de fiscalités, de formation et aussi sur les questions de financement.La réalité actuelle est qu’il reste difficile d’investir dans un contexte où, lorsqu’on se lance, on immobilise déjà 20% du capital a fait remarquer Charles Metouck, le président du syndicat des industries du Cameroun. Sur cette question précise de la fiscalité, plusieurs interventions ont animé les discussions. Selon une responsable des douanes, le problème sur l’application la loi relative au taux préférentiel de 5% de taxe de douane sur les biens d’équipement productif souffre du manque de décret d’application. Réagissant à cette préoccupation, le MINEPAT a fait savoir que des mesures d’accompagnement existaient. Les opérateurs ont pu découvrir que dans des cas limitatifs, le gouvernement pouvait s’accorder avec les opérateurs pour déterminer ceux des biens d’équipements qui pouvaient bénéficier d’une fiscalité spéciale. Nous allons plus loin, lorsque le projet est vraiment pertinent, nous pouvons l’accompagner en lui faisant obtenir des financements à taux d’intérêts très réduits, de l’ordre de 2%, nous pouvons lui fournir le résultat des études menées sur le lieu de réalisation du projet, et mieux ce que les opérateurs ignorent c’est que les zones franches industrielles existent encore et sont insuffisamment exploitées a fait savoir Monsieur Mbeng, conseiller technique au MINEPAT. Revenant sur la question des financements, le ministre Motaze a présenté l’apport du gouvernement en terme d’accompagnement, mais aussi la rencontre a permis à deux partenaires du gouvernement, l’agence française de développement (AFD) et la société financière internationale (SFI), de présenter leurs produits pour les entreprises.

Participants à la rencontre, Douala 20 octobre 2010
Journalducameroun.com)/n

Aucun engagement chiffré de part et d’autre
Au final, il apparait évident que le ministre Motaze a été porteur d’un message:Nous voulons relancer l’économie en focalisant sur le secteur primaire et nous avons besoins du secteur privé. L’Etat est prêt à faire des concessions pour tout investissement allant dans ce sens. Pour le secteur privé, difficile de se lancer dans de nouveaux investissements si le gouvernement ne propose pas des garanties claires et précises. Or si le ministre Motaze s’est montré compréhensif, il n’a pas véritablement pris d’engagements chiffrés sur l’implication de son ministère dans la perspective d’un rôle plus important du secteur privé dans la relance de l’économie camerounaise. Le gouvernement comprend toutes vos exigences, mais cela reste très difficile parce que parfois il faut arbitrer sur des choix d’égale importance ; regardez par exemple le prix des produits de première nécessité. Nous avons la pression de la ménagère qui veut que les prix baissent, d’un autre côté, si on doit baisser cela suppose faire l’impasse sur une certaine quantité de recettes publiques, or les partenaires financiers multilatéraux exigent une bonne tenue des comptes publics, vous comprendrez que ce n’est pas toujours facile de décider, a fait savoir le ministre Motaze. Il a aussi indiqué que le processus était lent mais qu’il se mettait en place. C’est déjà bien qu’on en débatte, cela signifie qu’on s’en préoccupe, a-t-il fait savoir. Cette rencontre avec le secteur privée dans le but de capitaliser le DSCE n’est pas une première. Mais à chaque fois le gouvernement ne semble pas prêt à de véritables concessions. De son côté, le secteur privé ne peut pas investir plus d’argent s’il n’a pas plus de garanties. Cette journée de concertation peut être considérée comme un vrai test pour la confiance des patrons camerounais, dans la perspective de l’emprunt obligataire qui aura lieu très prochainement. Le gouvernement a présenté ses doléances, les patrons aussi, le tout dans une ambiance bonne enfant, mais chacun sait à quoi s’attendre.

Les partenaires du Cameroun ont présenté quelques solutions
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