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Partis Politiques : L’UPC et les épreuves de dissidences

Depuis la mort de Ruben Um Nyobè, le parti n’a plus retrouvé son unité jusqu’à ce jour

L’héritage politique de l’emblématique secrétaire général de l’Union des Populations du Cameroun (Upc) ,Ruben Um Nyobé, semble malmené depuis plusieurs années au Cameroun.
Plusieurs factions se réclamant de l’UPC ont vu le jour. Toutefois, celles-ci paraîssent animées par le nationalisme et le combat éternel du parti historique : la libération du Kamerun du joug du néocolonialisme. Ces différentes factions sont chacune pilotées par des ténors du premier parti politique camerounais. Augustin Frédéric Kodock, Henri Hogbe Nlend et Samuel Mac Kit détiennent chacun, un morceau de crabe (symbole du parti). L’on parle ainsi de UPC-K, UPC-H et l’UPC ‘fidèle’ de Samuel Mac Kit. Quand à Anicet Ekanè et Charly Gabriel Mbock, ils se sont démarqués en créant respectivement le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem) et le Mouvement National (MN). Qu’est-ce qui les divise autant ? Ghonda Nounga, militant du Manidem, dans le N° 051 du mensuel des Cahiers de Mutations, analyse : Les divergences se situent essentiellement au niveau tactique ». Il s’agit donc d’après le lui, d’une valse qui n’oppose pas des idéologies diverses, mais de clivages personnels qui mettent en scène des pontes personnalités d’un parti qui veulent en prendre le contrôle. Entre ces différents « leaders », le ton n’est pas toujours apaisé. Au contraire.  » Mack-Kit est payé par un parti politique étranger et par conséquent, il n’a rien à dire au sujet de l’avenir de notre pays  » soutenait récemment Augustin Frédéric Kodock Bayiha. Dans le camp adverse, les accusations ne manquent pas.  » Frédéric Kodock est un agent du Rdpc (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, Ndlr) qui se sert du manteau de l’Upc » déclarent les Mac Kit. S’ils reconnaissent que Augustin Frédéric Kodock a protégé le sigle Upc à l’Organisation africaine pour la propriété intellectuelle (Oapi), ils n’hésitent pas à rappeler que Frédéric Kodock avait été exclu de l’Upc en 1959 pour indiscipline et insubordination, et n’a jamais été réadmis conformément aux textes de l’Upc. Ils ajoutent qu’une décision de la Cour suprême rendue en 1997 lui interdisant l’utilisation et la détention des symboles de l’Upc n’a jamais été exécutée. Si le ton et les déclarations sont aussi tranchants, les scissions au sein du parti ne datent pas d’aujourd’hui.
Un parti à l’histoire jalonné de divisions
Après l’assassinat de Ruben Um Nyobè en Septembre 1958, l’UPC a connu un éclatement. Félix Roland Moumié conduisit l’aile dure du parti en continuant la lutte armée et Théodore Mayi Matip, un ancien proche du défunt secrétaire général opta pour un ralliement de l’Union Camerounaise (UC) d’Ahmadou Ahidjo qui deviendra finalement Union Nationale Camerounaise (UNC). Entre 1990 et 1992, une opposition va naître entre Ndeh Ntumazah et Augustin Frédéric Kodock qui sont respectivement Président et Secrétaire général du parti. Alors que le premier décide de boycotter les élections législatives de Mars 1992 en suivant le mot d’ordre de boycott lancé par la coordination des partis d’opposition, le second y participe, remporte 18 sièges au parlement et rentre au gouvernement avec 4 ministres après la présidentielle de 1992. En 1997, Augustin Frédéric Kodock qui est battu aux primaires de l’UPC par Henri Hogbe Nlend va soutenir le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Paul Biya, candidat du RDPC qui remporte l’élection présidentielle convie Henri Hogbe Nlend au gouvernement en le nommant Ministre de la Recherche Scientifique et Technique. Augustin Frédéric Kodock s’accroche à la tête du parti obligeant Henri Hogbe Nlend à créer une autre faction du parti. En 2002, même si une seule UPC participe aux élections législatives, les trois députés élus sont clairement étiquetés. Pierre Sendé fait partie de l’UPC-Kodock alors qu’Emmanuel Soundjock et Charly Gabriel Mbock se reconnaissent de l’UPC-Hogbe Nlend. Pendant qu’Henri Hogbe Nlend et Augustin Frédéric Kodock sont livrés à un jeu de chaise musical dans le gouvernement, l’UPC « fidèle » de Samuel Mac Kit et le Manidem de Anicet Ekanè restent dans l’opposition.
Tout récemment encore, l’Upc a étalé au grand jour, ses divisions. Le 17 juillet dernier, Mack Kit a obtenu l’autorisation d’organiser un congrès de l’Upc. Mais cette autorisation a été annulée le 3 août par un arrêté du sous-préfet de Douala Ier, à la demande d’Augustin Frédéric Kodock, qui se dit le seul mandaté pour organiser des activités au nom de l’Upc. Ledit congrès s’est finalement tenu du 14 au 17 août dernier, mais pas au lieu initialement prévu, à savoir le foyer de la jeunesse protestante d’Akwa. Même pour la campagne électorale des municipales partielles du 26 Octobre, les populations de Douala 5ème étaient partagé entre l’UPC-Kodock pour qui roule Adolphe Papy Ndoumbè et l’UPC de Samuel Mac Kit.
Combien de temps l’Upc va-t-elle encore subir ces schismes internes ? L’avenir répondra sûrement.


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