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Pascale Marthine Tayou, très peu connu au Cameroun, et pourtant.

L’artiste développe un talent très apprécié dans les milieux de l’art en occident

Pascale Marthine Tayou est né en 1967 à Yaoundé, Cameroun. Après avoir vécu à Stockholm et Paris, il vit et travaille à présent à Gand (Belgique). Il fait partie de cette génération d’artistes africains qui redéfinissent la culture postcoloniale et qui mélangent les expériences de leurs origines avec celles de l’Europe où ils ont abouti.

La définition du talent de Marthine Tayou comprend dessins, images, installations, vidéos… Fondamentalement, son uvre a quelque chose d’un journal intime ; Il y laisse transparaître des aspects de sa vie nomade, de sa famille et de sa vie au Cameroun. Son uvre pose aussi des questions acerbes sur l’identité culturelle et nationale, en plus de susciter des réflexions plus existentielles, par exemple au sujet du sida ou de la cacophonie qui règne dans les villes. Dans ces uvres profondes qui révèlent la perméabilité des frontières, il nous entraîne même vers des réflexions relatives à l’économie et à la migration, comme elles sont définies par l’historique personnel (et les rencontres avec d’autres).

Pascale Marthine Tayou
www.tv5.org)/n

Parmi ses travaux les plus marquants, Garage Modern qui est une sculpture voiture, composée d’éléments provenant de voitures tombées en désuétude et assemblée par des mécaniciens camerounais. Des vidéos projetées à l’intérieur de la voiture montrent le processus même du montage. Présentée lors de la Skulptur Biennale Münsterland en Allemagne, cette sculpture-voiture est un condensé des réflexions que l’artiste a menées sur l’immigration, l’intégration et le commerce mondial. D’autre part, présentée en Allemagne, elle renvoie à l’histoire commune du Cameroun et de l’Allemagne, sa première colonisatrice.

Mais l’artiste reste attaché à son pays. Le Cameroun est toujours présent dans les uvres de Marthine Tayou, que ce soit sous une forme symbolisée par des objets spéciaux ou par des photos et des images mobiles. Bien qu’il fuie l’étiquette d’Artiste africain, il est bien obligé d’admettre que le Cameroun joue un rôle important dans ses projets. Le Cameroun occupe une place importante dans plusieurs nouvelles uvres que l’artiste a réalisées spécialement pour l’exposition organisée par le Smak en 2004, des uvres dans lesquelles il évoque le thème des échanges culturels et économiques. Dans Import/Export, l’artiste a rassemblé des logos de plusieurs sociétés camerounaises en un collage d’autocollants, de photos, d’étiquettes d’emballages et de néons. Ces symboles d’un commerce à l’occidentale sont présentés à côté d’un marché de rue africain typique dans Fashion Street, une uvre composée d’une série de photos et de posters qui présentent les vendeurs et les acheteurs des commerces de textile et de vêtements locaux.

Dans l’installation / performance liée au lieu Comptoir 693, Tayou a fait venir de Yaoundé une échoppe de rue camerounaise typique avec tout son contenu. Il a entièrement reconstruit ce commerce dans la plus grande salle du Smak, au premier étage. Un nouveau film sur le commerce des marchés au Cameroun est également présenté à côté de cette uvre et pendant l’ouverture de l’exposition, un commerçant camerounais vend des marchandises locales aux visiteurs du musée. Tayou ne se contente pas de faire vivre l’ambiance ouverte des marchés de rue africains dans une exposition d’art européenne, il met aussi en cause les puissances économiques occidentales dont son pays dépend. La Belgique est l’un des principaux partenaires commerciaux européens du Cameroun, qui est aussi importateur de marchandises occidentales. Dans Comptoir 693, Tayou inverse cette relation: C’est l’Afrique qui est exportée et c’est le public belge qui devient le consommateur de produits africains.

Garage Modern
www.pwcinculture.lu)/n

Outre la présentation des nouvelles uvres, Tayou souhaite aussi reconstruire, en les rafraîchissant un peu, des uvres d’une période antérieure. L’installation La Folle de Gand chante encore, Loobhy qu’il a présentée en 1996 dans l’exposition De Rode Poort fait partie de ces recréations. Pour réaliser cette uvre, Tayou a utilisé ses matériaux habituels – coupures de papier, bouteilles en plastique, tissus, boîtes en carton – mais aussi des dessins et des piles de briques rouges. . Pour Pascale Marthine Tayou, une exposition n’est jamais « finie ». Pour lui, chaque projet est une source artistique de nouvelles idées qui sillonnent les certitudes du passé et qui parcourent de nouvelles voies par-delà nos frontières sociales et intellectuelles vers un avenir incertain.

Des critiques disent de lui qu’il est un provocateur. Lui rétorque sans renier en parlant de ses travaux comme d’ uvres collectives, une attitude honorant une somme de moments quotidiens, de rencontres, de hasard. Sa pratique ne révèle pas le statut glorieux de l’ uvre d’art, pour Tayou: l’Art est un simple vecteur de communication.

Pascale Marthine Tayou
www.africansuccess.org)/n
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