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Patrimoine: Des pleurs pour sauver la culture Baka

Un cinéaste britannique a produit un documentaire dont l’objectif est de montrer que le Cameroun pourrait perdre un élément de ses vestiges

Phil Agland, un cinéaste documentariste britannique a présenté dimanche 03 mars 2013, son dernier film produit sur les pygmées Baka en mettant en relief, la grosse menace de disparition qui pèse sur leurs cultures et valeurs. Le film est intitulé: « Baka, A cry from the rainforest ». Avec ce film, Plil Agland revisite une forêt qu’il a filmée 27 ans plus tôt, présentant des populations aux modes de vies variés et selon ses propres termes d’une « richesse non mesurable ». « Il y a 27 ans, j’étais venu filmer les peuples Baka. Cette aventure m’avait permis de rencontrer et de vivre un univers exceptionnel. Nous avons pu montrer aux yeux du monde, la vision que ces peuples et ces gens, avaient de la forêt et les enseignements qu’on pouvait en attendre. 25 ans après, je suis revenu pour voir où on en était et la seule chose que je peux dire c’est que la disparition des valeurs qui avait tant fasciné le monde est grande. Or nous pensons que cela ne doit pas arriver. Le Cameroun a encore une chance de sauver un mode de vie authentique vieux de plusieurs siècles » a fait savoir le réalisateur sur les raisons de son engagement. Le film fait voyager le spectateur dans un univers insoupçonné, au c ur d’une forêt sur laquelle on a parfois qu’une image prise de haut. En dessous on découvrira que des générations naissent grandissent et disparaissent. Mais chez les Bakas, la perte est énorme. Les enfants de la première production sont devenus des adultes et ont fondé eux aussi leurs familles. Mais le contexte n’est plus le même. Pour survivre ils doivent interagir avec l’environnement qui a vu arriver de nouveaux visages. Les entreprises minières, et surtout celles qui exploitent le bois, détruisant la forêt et ses promesses non encore évaluées.

Dans le film pourtant, des scènes tristes s’accumulent. Un enfant décède par manque d’eau potable, et une autre a du mal à marcher en raison de carences alimentaires ou de toute autre cause. Pourtant les Baka ne font pas confiance aux autres, ceux qu’ils appellent les bantus. Arrive donc la croisée des chemins sur ce qu’il y a lieu de faire. « Nous ne faisons pas le plaidoyer pour que les Baka restent dans leur état initial. Nous pensons qu’il n’est pas indiqué de leur imposer de s’adapter, sans chercher à les comprendre. Ils ont des choses à nous apprendre. Des choses que nous ne voyons pas parce qu’on ne les connait pas. De plus ce peuple fait partie des rares peuples autochtones vivant encore en Afrique, c’est une chance qu’ils soient implantés au Cameroun. Les modes de vies et les habitudes peuvent s’adapter, mais cela ne doit pas être au détriment de la richesse culturelle que ces gens ont emmagasinée depuis des générations et des générations » a plaidé Agland.

Jusqu’ici, les actions publiques à l’endroit des populations pygmées du Cameroun, se font dans des optiques de socialisation ou dans le cadre des commémorations des journées internationales spécifiques. Le film de Phil Agland, lui, projette un miroir de vie et interroge sur les valeurs profondes. Il fait ressortir certes la tragédie d’un peuple qui est en train de disparaitre, dans l’alcool, la pollution industrielle et la réduction de son espace de vie. Mais il présente aussi les perspectives de l’espoir avec la nouvelle génération de pygmées, qui vont à l’école moderne et qui sont un espoir pour leur famille, mais aussi une ouverture pour ceux qui ne vivent pas en forêt, et qui peut être, ont des années d’apprentissage pour égaler les Baka dans la compréhension et la lecture de la forêt, un environnement que de nombreux peuples au Cameroun ont occupé seulement récemment. Une autre projection est prévue ce mercredi 6 mars 2013, avec des officiels du gouvernement.

Le peuple Baka, une richesse pour le Cameroun
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