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Paul Biya: «Ce n’est pas Boko Haram qui va dépasser le Cameroun»

Avant de s’envoler pour les Etats-Unis où il va prendre part à un sommet, le chef de l’Etat est sorti de sa réserve habituelle à l’aéroport international de Yaoundé

Il lui avait été reproché d’être silencieux, beaucoup trop silencieux même, sur les actes de la secte islamiste Boko Haram à l’Extrême-Nord du Cameroun, dont le récent enlèvement de proches du vice-Premier ministre Amadou Ali. Après des officiers supérieurs relevés de leurs fonctions et des réaménagements intervenus dans le personnel du ministère de la Défense hier, Paul Biya a pris la parole ce samedi pour rassurer les Camerounais. Le chef de l’Etat s’est exprimé à l’aéroport international de Yaoundé Nsimalen en fin de matinée de ce 02 août avant de prendre son vol pour Washignton, où il va prendre part au sommet Etats-Unis – Afrique qui se tient les 05 et 06 août 2014. Paul Biya s’exprimait au micro de la radio publique nationale. L’intégralité de son propos:

«Je m’en vais tout de suite prendre l’avion pour Washington. J’y vais à l’invitation du président Obama qui rassemble tous les chefs d’Etat africains pour qu’on étudie ensemble les moyens de renforcer la coopération entre les USA et l’Afrique. A l’ordre du jour, il y aura certainement le problème de la sécurité en Afrique. Donc, ce voyage est également important pour nous, nous aurons l’occasion de continuer à affirmer nos positions sur cette question majeure de sécurité en Afrique.

Vous avez fait allusion à la situation que connait l’Extrême Nord de notre pays. Il vous souvient, il y a quelques semaines, que nos forces ont marqué des points importants contre le Boko Haram, mais c’est une lutte longue. On a affaire à un ennemi pervers, sans foi ni loi, qui attaque la nuit, qui égorge et ils ont évidemment fait des exactions à Kolofata (.) Ce que je peux dire, c’est que les Camerounais doivent garder confiance. Le chef d’Etat-major, je l’ai envoyé là-bas pour réorganiser notre dispositif, j’ai envoyé des secours, des renforts en hommes et en matériel. Il n’est pas exclu, je ne peux pas en dire plus, nous avons renforcé notre potentiel et je crois que les jours à venir montreront que nos efforts pour organiser une riposte et une défense de notre territoire sont efficaces.

Permettez-moi d’ailleurs de saisir cette occasion pour dire à nos frères, à nos compatriotes de l’Extrême-Nord, qui ont subi les sévices, les peines, les assurer de la compassion et de la solidarité de toute la nation camerounaise. Nous ne les laisserons pas, au contraire, nous allons les protéger et combattre cet ennemi sans relâche. Je présente mes condoléances à ceux qui ont perdu un membre de leur famille. J’ai déjà dit aux autorités administratives d’exprimer ces condoléances. A tous les Camerounais, je demande de continuer à faire confiance au gouvernement. Je salue également nos soldats dont certains sont tombés. Ils ont fait montre de patriotisme et de bravoure. Je les encourage à aller de l’avant. A tous les Camerounais, je dis ceci: Dans la vie d’une nation, il y a des moments difficiles. En ces moments-là, il faut faire preuve de courage, de solidarité et de patriotisme. Pour ce cas précis, je dis que le Cameroun a eu à traverser d’autres épreuves, On a eu à lutter à Bakassi, on a éradiqué les maquis, les mouvements révolutionnaires, on est venu à bout des villes mortes. Ce n’est pas le Boko Haram qui va dépasser le Cameroun. Nous continuons le combat et nous les vaincrons. Mon voyage me permettra également de continuer la lutte au niveau international parce que c’est un mouvement terroriste international. Nous y verrons le président Good Luck, le président Obama bien sûr, ceux du Niger et du Tchad pour asseoir ensemble une stratégie régionale.»


PRC)/n


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