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Pénurie de Gaz domestique au Cameroun, déclaration du Race

« Les Consommateurs sont pris en Otage ! »

Comme chaque année à cette période, le gaz de pétrole liquéfié (GPL), dont la variante la plus connue au Cameroun est le butane ou gaz à usage domestique, se raréfie subitement ; dans le même temps, les prix appliqués aux consommateurs connaissent une inflation exponentielle. Comme chaque année, la même rengaine est servie aux usagers. A cours d’arguments techniques pour justifier cette situation pénible, les acteurs institutionnels de la filière que sont le MINCOMMERCE, la SNH, la SONARA, la SCDP et la CSPH, rejettent toute la responsabilité sur les fournisseurs.

Il n’est pas rare, en pleine période des fêtes de fin d’année, de trouver chez certains détaillants à Douala ou à Yaoundé, la bombonne de gaz de 12,5 Kgrs à 10.000 Fcfa, alors que le prix officiel est de 6.000 Fcfa.

Cette spéculation récurrente et les graves perturbations observées en ce moment dans l’approvisionnement en gaz domestique sont loin d’être du seul fait de la SCTM, MOBIL, CAMGAZ, TOTAL, TEXACO, AFRIGAZ ou GLOCALGAZ, qui sont les sept (07) principaux opérateurs, tous privés exerçant dans la production et la distribution de ce produit, fortement ancré dans les habitudes de consommation dans notre pays, surtout en milieu urbain.

En réalité, cette situation lourde de conséquences pour les ménages, toutes catégories sociales confondues, mais également pour certains professionnels, est la résultante d’une mauvaise gouvernance du secteur de l’énergie en général et de la filière GPL en particulier. Rien d’autre ne peut expliquer le fait que, malgré notre statut de pays producteur de pétrole depuis plus de 30 ans, doté d’une raffinerie et d’une entité de stockage modernes (SONARA et SCDP), et les 12 milliards de subvention publique annuelle, seuls 46% de Camerounais vivant dans les villes et seulement 3% des ruraux, aient accès à ce produit de première nécessité ; Pourtant la demande nationale est estimée à seulement 1000 tonnes métriques par jour. Pourquoi l’interchangeabilité des différentes marques de bombonnes, réclamée à cor et à cri par les consommateurs, n’est-elle toujours pas une réalité ?

Le déficit chronique du gaz domestique au Cameroun découle directement d’une mauvaise orientation de la politique énergétique nationale, d’un mécanisme de régulation obsolète et inefficace et enfin d’une carence managériale endémique des parties prenantes institutionnelles de la filière. Les consommateurs refusent de continuer à être des victimes résignés de ce système vicié, otages d’une part, de pratiques indélicates de marketers peu scrupuleux, uniquement préoccupés par leurs marges, et d’autre part, du laxisme et de l’incompétence de quelques fonctionnaires concussionnaires en service dans les différentes administrations ayant en charge cette filière.

Nous ne le dirons jamais assez, la lutte contre la vie chère au Cameroun passe également par une gestion rationnelle et écologique des énormes ressources énergétiques de notre pays.
En ce qui les concerne, à travers le RACE et d’autres organisations, les consommateurs de gaz à usage domestique entendent désormais se mobiliser pour mettre fin à ce calvaire en s’organisant pour mieux défendre leurs intérêts et faire valoir leurs droits légitimes à disposer de cette ressource naturelle.

L’accès à l’énergie est un droit essentiel et inaliénable !

Gaz domestique
leffortcamerounais.typepad.com)/n
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