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Permis Illégaux: Les APV pourraient consacrer l’exploitation frauduleuse du bois au Cameroun

C’est ce qui ressort d’un récent rapport de Global Witness, une organisation qui surveille le niveau de préservation des forêts dans le monde

Dans un récent rapport, l’organisation non gouvernementale Global Witness a identifié une tendance méconnue d’abus commis au Cameroun, en République Démocratique du Congo (RDC), au Ghana et au Libéria, où des permis conçus pour promouvoir les petits exploitants et satisfaire les besoins locaux sont alloués par centaines à des compagnies industrielles. Ces « permis de l’ombre » ouvrent la porte à une exploitation forestière à grande échelle particulièrement lucrative et échappant à la surveillance des autorités. Il s’agit d’une tendance très inquiétante – des compagnies forestières entrent en collusion avec des fonctionnaires corrompus pour contourner les lois destinées à les empêcher de décimer les forêts et d’abuser ceux qui y vivent. Cela compromet les efforts internationaux qui visent à réguler le commerce international, notamment les Accords de Partenariat Volontaires et le Règlement Bois de l’Union Européenne déclare ainsi Alexandra Pardal, responsable des campagnes européennes à Global Witness. Selon un commentaire rapporté par le communiqué de l’organisation sur ce sujet. Pour Global Witness, l’abus systématique de petits permis d’exploitation forestière mal régulés par des compagnies, des officiels et des politiciens sape les efforts de l’Union Européenne pour lutter contre la déforestation et le bois illégal. En 2011, 12,4 milliards d’Euros de bois considéré comme présentant un haut risque d’illégalité est entré dans l’UE mais depuis mars 2013, le Règlement Bois de l’UE interdit l’importation de bois illégal. Au cours des deux derniers mois pourtant, Global Witness et Greenpeace disent avoir découvert que des cargaisons de bois suspectes dans deux ports de l’Union Européenne, étaient en provenance de pays couverts par L’exploitation forestière de l’ombre. Si les décideurs européens et africains ne prennent pas des mesures urgentes, les permis de l’ombre risquent de devenir le cheval de Troie par lequel le bois illégal est importé dans l’UE et considéré comme légitime. Les importateurs doivent effectuer des contrôles accrus de leurs chaines d’approvisionnement pour s’assurer de la provenance exacte de leur bois et de la légalité du permis utilisé pour l’obtenir, a ajouté madame Pardal toujours selon le communiqué.

L’UE a développé des Accords de Partenariat Volontaires (APVs) avec les pays exportateurs de bois, qui impliquent des réformes profondes dans la gouvernance du secteur forestier, pour mettre fin au commerce illégal. Mais ni le Règlement Bois de l’UE ni les APVs ne semblent prendre en considération l’utilisation massive des permis de l’ombre. Cela signifie que ces deux instruments pourraient finir par blanchir les produits forestiers qu’ils cherchent à exclure. Au Cameroun, tout au long de 2011, l’ancien Ministre des forêts a signé des dizaines de « petits titres », une catégorie de titres depuis longtemps synonyme d’exploitation illégale, tout en prétendant mieux les réguler. Dans un rapport rendu au mois de février 2013, les responsables du ministère des forêts ont rendu bilan rapportant qu’il était parvenu à récupérer 1 milliards de FCFA au titre d’amendes. Un chiffre interprétés comme un succès par le gouvernement et sévèrement critiqué par la société civile, qui y voit déjà la preuve que le gouvernement ne fait rien au final pour améliorer l’exploitation illégale de forêt dans le pays. Des ONG comme le centre pour l’environnement ont aussi rendu public le fait que le gouvernement n’était pas structurellement prêt pou gérer les clauses des accords de partenariats volontaires protégeant le bois. Les investissements de l’UE pour protéger les forêts tropicales les plus précieuses au monde sont vraiment bienvenus, mais si ces réformes ne traitent pas de tous les types de permis utilisés, elles vont échouer et les forêts vont continuer de disparaitre. Des problèmes spécifiques ont été résolus en RDC et au Libéria, mais ces abus semblent toujours changer légèrement d’apparence pour mieux ressurgir sous un nouveau nom. La transparence, la publicité, et une allocation ouverte et compétitive devraient être la règle pour tous les types de permis forestiers a conclut madame Pardal

Les APV pourraient consacrer l’exploitation frauduleuse du bois au Cameroun
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