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Personnel médico sanitaire: Suspension temporaire du mot d’ordre de grève

Les infirmiers des hôpitaux camerounais en cessation d’activité depuis lundi ont décidé d’attendre le retour du ministre de la Santé bloqué hors du pays

Suspendre et attendre le ministre
Ce mardi 20 avril 2010, a été décidé la levée du mot d’ordre de grève des personnels médico sanitaire du Cameroun. Après la rencontre avec le secrétaire d’Etat à la Santé qui a retenu la plus part de nos revendications, nous avons décidé de suspendre l’ordre de grève, car on nous dit que le ministre de la Santé n’est pas au Cameroun et que c’est à son retour qu’il va trancher sur la question a déclaré ce Essah Oyono un des représentants des grévistes à sa sortie de réunion avec Alim Hayatou, le secrétaire d’Etat à la santé publique. Selon des informations que le site www.journalducameroun.com a pu réunir, la vraie raison du débrayage du mouvement est l’absence de coordination nationale. Dans les régions de l’Est (Bertoua), du Littoral (Douala), du Grand nord (N’Gaoundéré, Garoua et Maroua) et du Nord-ouest (Bamenda), le mot d’ordre de grève a été peu ou pas du tout suivi. C’est quand même incroyable, on se bat pour la même cause mais les gens se comportent comme si ce n’est pas leur problème affirme un des infirmiers en grève à l’hôpital central de Yaoundé.

Améliorer les conditions des infirmiers
Les griefs exprimés sont entre autres la non-prise en charge totale et gratuite du personnel malade dans les hôpitaux publics, la suppression des quotes-parts et gratifications au personnel malade ou en congés, (.), l’âge de départ à la retraite et le renvoi des personnels en situation précaire à l’hôpital de Bafoussam. Le mouvement concerne tout le personnel des hôpitaux publics, médecins, professeurs, même le personnel du ministère de la Santé publique car tout le monde a le même problème, a précisé Balla Balla le président du syndicat à la sortie de la rencontre avec les autorités. Le gouvernement ne s’est pas prononcé depuis le début de la grève, mais quelques dirigeants ont donné leur avis et font état de leur consternation. Je suis surpris que ces infirmiers grèvent pourtant, ils ont reçu leur salaire il y a deux mois et savent qu’on les paie tous les trois mois affirme le professeur Maurice Nkam, le directeur général du CHU de Yaoundé.

Arrangement partiel à Douala
Anticipant sur la grève, la direction de l’hôpital Laquintinie à Douala, la capitale économique a convoqué une réunion d’urgence. Au terme de celle-ci un ensemble de résolutions a été pris. Les parties sont convenues de l’aboutissement du projet de création d’un centre de médecine du travail pour la sécurité médicale des personnels, avec comme promesse la viabilisation de cet espace. Une commission devrait être mise sur pied pour formaliser les procédures de fonctionnement de ce service. Désormais, un membre du Syndicat des personnels médico sanitaires devrait siéger au sein du comité de calcul des quotes-parts et des primes. Le principe de la gratuité des soins de santé aux personnels a également été arrêté au cours de cette réunion. Des promesses auxquelles peu croient dans un pays où la hiérarchie est toute puissante. C’est chaque fois que des promesses sont faites pour rien. C’est seulement une manière de nous flouer pour que nous reprenions le service. Je suis sûr que rien de tout cela ne sera appliqué. On en a assez! affirme un infirmier de l’hôpital Laquintinie joint au téléphone.

Consultation dans le cabinet d’un medecin
Journalducameroun.com)/n

Un phénomène récurrent
La grève survient un mois après la mise sur pied de l’observatoire des ressources humaines du ministère de la Santé publique. Selon de récentes statistiques et les résultats du dernier recensement au Cameroun, on a un infirmier pour 2500 malades. Ce qui est très en deçà des normes de l’OMS. Le salaire de l’infirmier au Cameroun dépend du secteur. Dans le privé, il oscille entre 30000 et 80000 FCFA. Pour les fonctionnaires le minimum est de 120 000 FCFA. Dans le para public, c’est un peu plus élevé et fonction de la structure. Ce n’est pas la première fois que les personnels médico-sanitaires expriment leur ras-le-bol du fait de leurs mauvaises conditions de vie et de travail. Déjà sous Fritz Ntonè Ntonè, les personnels de l’hôpital Laquintinie avaient manifesté leur envie de faire la grève. De promesses en promesses, les mots d’ordre ont été levés sans qu’aucune amélioration ne soit apportée à la situation des personnels médico sanitaires. Pareillement à l’hôpital central de Douala et d’Ebolowa, où les grèves d’infirmiers sont récurrentes.


tf1.fr)/n


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