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Philippines : Duterte veut étendre la loi martiale dans le sud

Le président philippin Rodrigo Duterte a demandé vendredi aux députés de prolonger la loi martiale dans le sud des Philippines jusqu’à fin 2019, afin de réprimer la violence qui persiste dans cette région menacée par une rébellion séparatiste musulmane, ont annoncé des responsables.

La demande du président pourrait être approuvée la semaine prochaine, malgré les craintes de ses détracteurs que cette mesure donnerait trop de pouvoir au président et menacerait les droits de l’homme.

Une nouvelle extension, la troisième, est nécessaire pour « protéger la nation et la population » dans la région de Mindanao (sud), selon le porte-parole de la présidence Salvador Panelo.

« Un arrêt pourrait nuire aux progrès auxquels nous assistons à Mindanao et pourrait même renforcer la rébellion et l’étendre dans d’autres régions du pays », a déclaré M. Panelo dans un communiqué.

Le président Duterte avait initialement placé la région de Mindanao (sud) sous un régime militaire après une attaque par des hommes armés portant le drapeau noir du groupe État islamique contre la ville de Marawi, à majorité musulmane, en mai 2017. La bataille pour reprendre la ville avait duré cinq mois et fait 1.200 morts.

La loi martiale permet à l’armée de prendre des mesures comme le couvre-feu, d’organiser des postes de contrôle sur les routes et le contrôle des armes à feu.

Le sujet est sensible aux Philippines où la loi martiale a été utilisée par le dictateur Ferdinand Marcos pour rester au pouvoir pendant deux décennies (1965-86).

Les chefs de l’armée et de la police ont tous deux recommandé à Duterte le maintien de la loi martiale dans la région après le 31 décembre, afin d’endiguer les violences perpétrées par des groupes islamistes et communistes, ont indiqué des responsables.

La loi martiale a aussi des partisans parmi les dirigeants locaux de la région du sud, peuplée de 20 millions de personnes, qui font face depuis longtemps à une insurrection islamiste.

Mais selon le groupe de défense des droits de l’homme Karapatan, quelque 1.450 personnes ont été arrêtées illégalement et près de 150 inculpées de chefs d’inculpation à caractère politique depuis mai 2017.

De nombreux Philippins soutiennent pourtant la politique de fermeté du président Duterte, espérant qu’elle pourra venir à bout de problèmes comme le trafic de drogue ou la rébellion communiste qui handicape l’archipel depuis un demi-siècle.

La Constitution autorise le président à imposer la loi martiale pendant une période allant jusqu’à 60 jours pour lutter contre « une invasion ou une rébellion ». Mais le président Duterte a pu l’autoriser jusqu’à fin 2017, puis la renouveler jusqu’à fin 2018, une décision confirmée par la Cour suprême.

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