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Pierre Ela, « La mémoire du président Ahidjo ne doit pas être instrumentalisée »

Par Pierre Ela

L’Association «JUSTICE PLUS» et le Centre Africain d’Etudes Stratégiques pour la Promotion de la Paix et du Développement organise à Garoua la Conférence-célébration des 7 et 8 février 2014. Les organisateurs de la conférence de Garoua, Aboubakar Ousmane Mey et Alain Fogue ont choisi un thème fort évocateur: «Au-delà des hauts et malheurs historiques liés à l’exercice du pouvoir, comment la Nation peut-elle être reconnaissable à Ahmadou Ahidjo ?» Il se dégage de ces préparatifs alambiqués trois constantes : instrumentalisation à des fins politiques de la mémoire du Président Ahidjo; errance stratégique d’une opposition définitivement discréditée ; malhonnêteté intellectuelle. «L’axe principal de la régénération de la nation camerounaise passe par la réhabilitation des principales figures de la vie politique nationale disparues», lit-on dans le communiqué des organisateurs. De quelles principales figures de la vie politique nationale s’agit-il ? Où se situe le lien entre les obsèques du seul et unique premier Président de la République du Cameroun et d’autres principales figures disparues? S’agit-il de ces «nationalistes» considérés par certains comme «patriotes» et par d’autres comme de véritables assoiffés du pouvoir qui ont couvert une rébellion armée, soutenu des maquisards ayant terrorisé les populations en les dépossédant de leurs terres, et allant même jusqu’à assassiner des Missionnaires sans défense, brûler des églises, saccager des dispensaires? L’instrumentalisation à des fins politiques de la mémoire du Président Ahidjo apparait dans toute sa dimension tragicomique. La cacophonie est évidente par la qualité même des participants à la future conférence de Garoua : il y a d’un côté des patriotes de bonne volonté soucieux du «bien commun», à l’exemple du cardinal Tumi ou de l’icône Abel Eyinga qui ne figure pas parmi les participants. Il y a de l’autre côté un «Quatuor» d’individus controversés : 1. Alain Fogue ; 2. Adamou Ndam Njoya : 3. Me Bernard Muna ; 4. Me Alice Nkom. Ce dernier groupe se caractérise par un dénominateur commun : leur malhonnêteté intellectuelle visà- vis de la mémoire du Président Ahidjo. La récupération est à la fois grotesque et cynique.

Que ce soit dans les actes quotidiens ou dans leurs programmes politiques – pour ceux qui en disposent -, ce «Quatuor» a toujours nié au sens propre comme au sens figuré la personnalité et la personne de l’ancien chef de l’Etat, de même que les valeurs qu’il a incarnées : l’unité nationale, le progrès, l’harmonie sociale. Les politiciens d’aujourd’hui ont tout détruit. En Côted’Ivoire, l’alternance politique s’est construite autour de la dynamique d’union des «Houphouétistes». Au Cameroun, l’esprit d’Ahidjo a été pourchassé par ceux qui prétendent aujourd’hui le réhabiliter. L’un des organisateurs de la conférence de Garoua est un pseudo spécialiste en stratégie ; il traine derrière lui des casseroles brûlées par le feu dévorant de l’Offre Orange, une hideuse vue de l’esprit calquée sur le modèle d’un lointain pays que tout nous sépare. Après un parcours sinueux, plein d’ombres et de faux calculs politiques, toutes choses consacrant une errance stratégique de mauvais aloi, ce «stratège» s’est trouvé un nouveau mentor, futur candidat au prochain scrutin présidentiel, qu’il faut «vendre» aux populations du Nord sous le fallacieux prétexte d’un «amour-rentré» pour Ahidjo. Qu’elle duperie ! Bien avant l’Offre Orange, un ancien leader de l’opposition tout aussi controversé brille par un égocentrisme politique hors pair : c’est lui qui déserta, en septembre 1992, ses hôtes à la résidence de Samuel Eboua parce que le candidat de l’Union pour le changement coopté était distinct de lui. Ce leader a multiplié son égoïsme dans toutes les campagnes, rendant illusoire toute possibilité d’alternance. Un autre leader politique moins doué se retrouve en piteux état à l’issue de chaque consultation populaire. En contribuant à diviser l’opposition, il a signé sa propre « mort politique ». La dernière personne de ce «Quatuor» est sans contexte la plus controversée, non au plan politique, mais au plan socioculturel. Elle parcourt le monde grâce aux fonds étrangers pour défendre la cause des homosexuels. Elle a vilipendé un haut prélat qui avait organisé une marche à Douala en 2009 contre la légalisation de l’homosexualité. Elle veut récupérer la mémoire du Président Ahidjo dans l’espoir de voir enfin créée la Fondation Ahidjo que la veuve de l’illustre défunt refuse d’envisager dans les circonstances troubles actuelles. Veut-elle aussi gérer les fonds de cette Fondation tant rêvée?


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La conférence de Garoua, on le voit, va accoucher des «pleurs de crocodile ». Des prétendus « amoureux » de l’ancien chef de l’Etat qui, depuis bientôt un quart de siècle, n’ont pas pris la peine d’aller véritablement « pleurer » sur la tombe de l’illustre disparu au cimetière musulman de Grand Yoff à Dakar et réconforter la pauvre veuve éplorée ! Il doit être clair, en définitive, ces deux points essentiels :
1. Son Eminence Christian Cardinal Tumi et le Dr Owona Nguini Mathias Eric ne prendront pas par à la kermesse de Garoua.
2. Le peuple camerounais, souverain et maître de son destin, exige, sans considérations de chapelles politiques ni de confessions religieuses ou tribales, l’organisation, sans conditions préalables d’aucune partie, des obsèques officielle rapides du Président Ahidjo, père de la Nation et créateur de la grande famille des Forces armées et Police. Des honneurs militaires dignes de son rang lui seront donnés dans l’Honneur et la Fidélité. Le processus de réconciliation nationale ainsi amorcé devra se poursuivre sous la médiation des Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Cameroun pour un retour définitif de l’harmonie sociale et de la garantie de notre Sécurité Nationale.
© L’Oeil du Sahel : Pierre ELA,

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