Culture › Musique

Piraterie des uvres musicales : Facteur majeur de la baisse de la production artistique

Le constat est clair la piraterie est en train de tuer la production des uvres artistiques au Cameroun. Plusieurs producteurs ne savent plus à quel Saint se vouer. Beaucoup parmi eux ont fermé boutique ou alors produisent des artistes de façon sporadique . On se rappelle que dans les années 1980 -1990, la maison de production « Ebobolofio » faisait le bonheur des artistes du bikutsi (rythme local). Cette écurie est inexistante aujourd’hui . La maison de production « nkul nnam » qui a longtemps produit les albums de plusieurs artistes comme K-tino a à peine un siège à yaoundé. La maison de production « angoula angoula » est presque en faillite. Les artistes de cette maison ont dû signer ailleurs . C’est le cas des artistes Tole Bac, Lady Ponce ou Ama Pierrot. La jeune maison de production « appodisk International » mise sur pied en 2004 par Appolonie Eyebé est aussi tombée en faillite. Ses artistes comme Eboa Show, Vincent Paradis ,Veronik Fakture, ont dû aller se chercher ailleurs. Jps production de Jean Pierre Sa’a va déménager de Paris pour s’installer à Douala au Cameroun. D’autres producteurs comme le célèbre Mc Pop music ou Mendy Show ont simplement abandonné le secteur pour se consacrer à d’autres activités. Tous estiment que la piraterie a fait chuter leurs chiffres d’affaires. Aussi, ne peuvent-ils plus investir à perte. La plupart des artistes ont aujourd’hui des difficultés pour trouver un producteur. Abanda Aviateur, Roger Bekono, doyens du Bikutsi, ou encore Jp Kaïti ont des maquettes qui n’attendent que des producteurs . Certains artistes sont donc obligés soit de s’auto produire, soit d’exercer une autre activité pour pouvoir survivre.
La piraterie est donc en grande partie à l’origine de la baisse de la production artistique au Cameroun. L’on était habitué à des sorties massives d’albums en fin d’année, mais tel n’est plus le cas aujourd’hui car, on compte à peine pour la fin de l’année2008, seules quelques parutions artistiques.

Des CDs piratés vendus au c ur de la capitale
Journalducameroun.com)/n

Certains grands noms de la musique camerounaise ont presque rendu le tablier. Les Nkotti François, Misse Ngoh, Grâce Decca, Dina Bell, SAM Fan thomas sont de moins en moins présents dans le showbiz Camerounais .Tous ces créateurs ont pourtant essayé de mettre sur pied des mesures visant sinon à éradiquer, du moins à freiner la progression du phénomène . L’artiste SAM Mbendé alors à la tête de la Cameroon music corporation (CMC), avait entrepris des descentes sur le terrain en saisissant et en brûlant des CDS piratés . Son action a été à plusieurs reprises « éteinte » par quelques individus qui serraient en phase avec des pirates. SAM Mbendé s’était même plaint au cours d’une conférence de presse organisée à Yaoundé, du fait des pressions reçues à chaque fois que l’on mettait la main sur les pirates ou des cartons de CDS de contrefaçon.

La nouvelle société camerounaise de l’art musical( SOCAM) qui a pour présidente du conseil d’administration, la chanteuse Odile Ngaska ne s’est pas encore prononcée sur l’action à mener pour combattre la piraterie au Cameroun . Le mutisme du ministère de la culture qui a pourtant en son sein une cellule chargée de la lutte contre la piraterie est étonnant .Cette inertie et ce laxisme des pouvoirs publics laissent le champ libre aux pirates qui s’enrichissent au fil du temps du labeur des artistes dont la plupart croupissent dans une misère lamentable.

Ekambi Brillant, chanteur camerounais
http://www.dooh.org)/n
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