Dossiers › Focus

Piraterie maritime: Le Cameroun au c ur du combat partagera son expérience

Le pays parvient progressivement à réduire les actes de piraterie dans ses eaux. Ce succès est lié à la combinaison de trois leviers,la force militaire, la diplomatie et la persuasion du développement

Le Cameroun au cours de la rencontre des chefs d’Etats et de Gouvernement ayant en commun le partage ou l’utilisation de la zone maritime appelée Golfe de Guinée aura une occasion réelle de partager son expérience en matière de sécurisation. Avec son voisin le Nigéria le Cameroun fait partie des pays qui dans cette zone souffre le plus des attaques de pirates. Ainsi, en l’espace de trois ans, on apprend que plusieurs fois au cours d’une même année, des bateaux ont été arraisonnées et leurs équipages capturés. « La piraterie maritime dans le golfe de Guinée a connu une augmentation de 25% entre 2006 et 2007, et près de 200 cas recensés dans le delta du Niger pour la seule année 2008 », indiquait alors un rapport du ministère camerounais des Relations extérieures. Face à la menace le gouvernement de Yaoundé n’a pas tremblé et sa réponse a été triple. D’abord, le président de la République a procédé en urgence à la création d’un détachement de l’armée, spécialement dévoué à la protection des côtes maritimes, le BIR (Bataillon d’Intervention Rapide) Delta. Son rôle est d’assurer la sécurité et la protection du territoire contre les actes de piraterie, le rançonnage et le sabotage de tous ordres. Ce corps dont la feuille de route n’est pas connue dispose de moyens conséquents (un bâtiment de guerre, des chaloupes et embarcations, des radars et d’un hélicoptère etc.). Il bénéficie également du soutien de l’armée de l’air qui surveille en permanence les eaux maritimes camerounaises.

Mais il faut dire que lorsque le Cameroun doit faire face pour la première fois aux phénomènes de piraterie, il doit faire face à deux considérations. Son armée à la base n’est préparée qu’à défendre l’intégrité du territoire physique et donc n’est pas aguerrie aux combats en zone maritime. De l’autre côté, les premières réponses à la piraterie sont conformes aux méthodes utilisées par l’armée lors du conflit transfrontalier sur la presqu’ile de Bakassi. Avec le temps et au fil des interventions et des expériences, le pays a compris la nécessité d’introduire d’autres formes de lutte et de prévention contre le développement de la piraterie. Il y a d’abord eu une manifestation du gouvernement camerounais de renforcer sa réponse à ce problème avec la signature d’un décret créant un cadre institutionnel et juridique permettant de mettre en uvre l’intervention en mer. Le texte du premier novembre 2007 défini des cadres de responsabilité à deux niveaux, national et locale. La solution qui est admise doit néanmoins faire face à un certain nombre de défis. « Il faudrait pour que ce décret prenne tout sa vigueur et sa force, que soient renforcés les moyens de certaines administrations, la coordination existante, le partage de certaines méthodes de renseignement et l’interface terre et mer », a expliqué le capitaine de Frégate Ndutumu Samuel Sylvain lors de ses explications à l’occasion du symposium de Yaoundé.

Le Cameroun au c ur du combat contre la piraterie partagera son expérience

gabonreview.com)/n

Il est aussi à relever que le Cameroun a pris le leadership et l’option de la coopération sous régionale. De façon régulière, des exercices de simulation menés avec le soutien des partenaires sont menés aux larges de côtes camerounaises. Du 25 au 28 février 2013 derniers, le pays a accueilli pour la deuxième fois les stages Obangue. « Cette vision qui correspond à de nouveaux types d’engagements des forces armées, conduit sous l’autorité d’un commandement intégré, implique inéluctablement l’interconnexion des systèmes de communications, l’harmonisation des procédures opérationnelles, et l’interopérabilité des équipements de nos armées au niveau stratégique, opératif et tactique », a souligné pour la circonstance, le Ministre camerounais de la Défense, Edgard Alain Mebe Ngo’o. Le dernier levier de la stratégie camerounaise enfin est celui du développement. L’expérience du Nigéria voisin semble édifiante à ce propos et les responsables camerounais ont compris la leçon et avec eux plusieurs de ses experts. « La piraterie est la rencontre de la misère de la population, la présence des richesses réelles ou supposées qui suscitent la convoitise, un passage stratégique et des croyances idéologiques », a expliqué Jean-Jacques Nelle Moukouri un spécialiste camerounais des sciences de sécurité. Depuis que les autorités ont véritablement entrepris de développer la presqu’île de Bakassi récemment rétrocédée au Cameroun, la mise en place progressive d’infrastructures semble générer un surplus d’activités avec à son actif la réduction des comportements malfaisants dans l’espace maritime partagé avec le Nigeria notamment.

À LA UNE
Retour en haut