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Pius Ottou a beaucoup souffert « du manque d’écoute de la part des responsables politiques de son parti »

Par Vincent-Sosthène Fouda

J’ai appris ce matin (la matinée du 25 mars 2014, Ndlr)le décès de monsieur Pius Ottou, membre suppléant du Comité Central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc). Le Cameroun vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs, un de ceux qui ont longtemps marché sur les lignes de crête ignorées par les leurs. Pius Ottou était un homme politique qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays.

Nous nous sommes retrouvés plusieurs fois à la radio pour des débats, il a beaucoup souffert du manque d’écoute de la part des responsables politiques de son parti. Je sais que dans son parti beaucoup ont eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de leurs habitudes. Avec sa disparition, j’espère que l’opinion publique découvre enfin qu’il travaillait pour son bien.

Pour moi Pius Ottou fut un esprit libre et indépendant, un personnage à part dans le personnel politique qui nous gouverne. En le lisant j’ai découvert en lui une solide formation d’économiste, il représentait l’école française de science économique, depuis Colbert jusqu’à Pascal Lamy. Voilà pourquoi il a mis son savoir pour la modernisation du pays. Nous perdons en lui un vulgarisateur de l’économie, un homme fidèle dans l’engagement, à ses convictions libérales et sociales.

Il avait une hauteur de vues, qui avait la passion du Cameroun et du pauvre. Il a incarné sa vie durant l’exigence intellectuelle et mon plus grand regret c’est le manque de consignation de sa pensée. Je ne saurai conclure sans me poser des questions sur l’avenir politique de notre pays au regard du traitement qui est réservé à nos hommes politique. Aux peuples du Cameroun qui s’interrogent encore je voudrais dire que Pius Ottou par son parcours a su démontrer qu’il n’y a pas d’autre chemin que de dire la vérité aux Camerounais.

Il a dit en des mots simples par exemple que les Camerounais n’auront de l’eau potable dans tous les ménages qu’après le départ du Président Paul Biya. Il l’a démontré et il a convaincu même les plus sceptiques. Alors je salue la droiture, le courage et la fermeté, alliés à une parole forte et libre. Il a ignoré la démagogie voilà pourquoi les siens ne l’ont pas reconnu.

Vincent-Sosthène Fouda
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