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Plan d’investissement agricole: le Cameroun cherche 1500 milliards de F

Une collecte de fonds y relative est prévue les 14 et 15 septembre prochains. En prélude à l’évènement, le SG du Minader a donné des explications lors d’un point de presse tenue lundi à Yaoundé

Le Cameroun organise une collecte de fonds pour financer le Plan national d’investissement agricole (PNIA). Ce sera les 14 et 15 septembre 2015 à Yaoundé, sous le patronage du président de la République, en présence du Premier ministre, chef du gouvernement.

En prélude à ce Business Meeting, Jean Claude Eko’o Akouafane, secrétaire général (SG) du ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) a rencontré les médias lundi, 31 août 2015, dans la capitale camerounaise, pour plus de détails sur cet important rendez-vous. Il s’exprimait en qualité de président de l’équipe pays multisectorielle de mise en uvre du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA).

Sur le terme agriculture
D’entrée de jeu, Jean Claude Eko’o Akouafane a tenu à préciser qu’à chaque fois que le terme agriculture sera prononcé dans ce cadre, il faudrait l’entendre au sens le plus large. «L’agriculture ici cible toutes les activités de production: végétale, animale, halieutique et forestière». C’est donc le périmètre géré par le Minader, le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia), le ministère de la Forêt et de la Faune (Minfof) et le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded).

A propos du PDDAA et du PNIA
Afin d’inverser la tendance au déclin de l’agriculture sur le continent, les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté en 2003, en marge du sommet de Maputo, le PDDAA. Les Etats-membres de l’Union africaine s’étaient engagés à atteindre progressivement un seuil d’allocation de 10% du budget national au développement du secteur agricole, en vue de réaliser un taux de croissance agricole d’au moins 6% par an.

Au niveau du Cameroun, la mise en uvre du PDDAA est effective depuis 2011, sous la présidence de Jean Claude Eko’o Akouafane. Il en découle donc la formulation du Plan national d’investissement agricole (PNIA), qui est le cadre d’opérationnalisation du PDDAA au Cameroun. Lequel plan a pour objectif de faire du secteur rural un important moteur de l’économie nationale qui crée des emplois décents et des richesses pour satisfaire la demande intérieure et extérieure, en assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations, dans un contexte de développement durable.

Le PNIA devrait coûter 3 551 milliards de F pour la période 2014-2020. Avec une répartition assez équilibrée entre le développement des filières, la modernisation des facteurs de production, la gouvernance et le développement institutionnel. Près de 573 milliards de F viendront de l’extérieur tandis que les financements intérieurs sont estimés à 1 459,8 milliards de F. D’où le gap de 1 508,95 milliards de F, objet de la conférence de mobilisation des ressources prévues à la mi-septembre prochain.

A qui s’adresse le Business Meeting?
D’après Jean Claude Eko’o Akouafane, il s’agit d’abord de l’Etat du Cameroun, qui se doit de prendre des engagements fermes et montrer l’exemple. Il est suivi des bailleurs de fonds et partenaires au développement. Mais aussi de la société civile et des acteurs du secteur privé. «C’est une démarche incluse, où tout le monde, même de simples citoyens peuvent contribuer. Il ne s’agit cependant pas de collecter les fonds sur place, mais plutôt de prendre des engagements de financement», précise-t-il.

Les garanties du succès du plan
Il ne s’agit pas d’une initiative nationale, mais africaine, décidée par les chefs d’Etat. «Le Cameroun a pris des engagements qui seront évalués tous les deux ans. Donc, en 2016, si nous n’avons rien fait, notre chef de l’Etat sera mis en difficulté», argue M. Eko’o Akouafane. Il indique que les idées sont là, ne restent plus que les moyens financiers, dont 50% de l’enveloppe ira au développement des infrastructures de désenclavement des bassins de production. Il faudra également faire face aux effets du changement climatique et bien d’autres. C’est une dette de plus, certes, mais «le seul secteur qui permet facilement un retour sur investissement c’est bien l’agriculture», conclut le SG.


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